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EGA : la demande de "montée en gamme" fait débat

Mardi 28 novembre, les élus costarmoricains de la chambre d'agriculture se sont retrouvés à Plérin pour débattre des premières annonces du président de la république à l'issue du chantier 1 des états généraux de l'alimentation (EGA). La "montée en gamme" demandée est un des points fortement débattu. Une crainte pour les uns, une solution pour les autres. Quoiqu'il en soit, l'obligation de réussite a mis tout le monde d'accord.

Danielle Even, présidente de la chambre d'agriculture 22, Paul Auffray, secrétaire général et Olivier Allain, coordinateur des EGA.
Danielle Even, présidente de la chambre d'agriculture 22, Paul Auffray, secrétaire général et Olivier Allain, coordinateur des EGA.
© terra

Globalement la chambre d'agriculture de Bretagne est plutôt satisfaite des premières mesures annoncées par Emmanuelle Macron. "Les 1ères conclusions de cet atelier sont encourageantes en proposant d'inverser le raisonnement et de ne plus construire le prix à partir de l'aval (et de ses marges) mais en partant de l'amont et de ses coûts de production", énonce Danielle Even, présidente de la chambre d'agriculture dans son discours d'introduction. Certaines propositions portées par le Bretagne ont été reprises dans les annonces du 11 octobre : le relèvement du seuil de revente à perte, l'encadrement des promotions, la mise en place d'un nouveau type de contrat de filière intégrant des indicateurs de coûts de production... Reste que la demande aux filières d'une montée en gamme autour des labels, des signes de qualités et de la bio... fait grincer des dents. Olivier Allain, coordinateur des EGA, a défendu le plan Macron : "les difficultés ne peuvent plus se résoudre à coup d'aides, la solution passe par des prix plus élevés aux agriculteurs. Ce qu'il faut voir, c'est le package global", a-t-il insisté.

Dans le camp des sceptiques
Parmi les septiques, "la montée en gamme" c'est la crainte de perdre en compétitivité sur le marché international, d'une valorisation captée une fois de plus par l'aval ou d'un rendez-vous loupé avec le consommateur dont le pouvoir d'achat augmente peu. "La valorisation réalisée à chaque fois ne revient pas à l'agriculteur. Comment faire pour capter cette valeur ajoutée ?", questionne Jean-Jacques René. "Attention qu'avec un nouvel effort, on ne reste pas sur le prix de vente précédent", alerte Gildas Alleno. D'autres estiment que les efforts ont déjà été fournis. Quoi faire de plus, sinon dévaloriser le standard. Et comment les salariés avec de petits salaires peuvent-ils accéder à cette montée en gamme ? "Si la grande distribution ne veut pas rogner sur ses marges, il faudra importer des produits", estime Didier Lucas, président de la FDSEA.

Dans le camp des "pour"
Jean-Marc Thomas, porte-parole de la Confédération paysanne, estime au contraire que l'opportunité doit être saisie, citant en exemple le secteur laitier où 60 % du lait est consommé sur le marché intérieur. "Allons-y bossons le coût de production. Là c'est possible de rémunérer le producteur avec un prix négocié à 400 EUR/1000 l. Après, on sera obligé d'avoir une étanchéité avec le marché export".
De son côté, le coordinateur des EGA, Olivier Allain, rappelle qu'il faut considérer les mesures dans leur ensemble avec l'encadrement des promotions, le relèvement du seuil de revente à perte, la contractualisation avec la définition d'un "vrai coût" de production, main d'oeuvre comprise. "Il y a une vraie réflexion à mener sur le coût de production, assez élevé sûrement. Le consommateur doit payer le vrai prix des produits", avertit-il, avant de conclure, "il faut tenter quelquechose".
Plus mesuré, Paul Auffray en tant que président de la fédération nationale porcine et acteur dans le plan de filière dont la copie sera remise le 10 décembre par l'interprofession (Inaporc) parle non pas de "montée en gamme" - mais de filière en capacité de répondre à l'ensemble des marchés, du local à l'export.
"Je reste méfiant mais plutôt confiant. De toute façon, il n'y a pas grand chose à perdre sur ces sujets, la situation des filières est tellement préoccupante. On n'a pas le droit de décevoir", conclut le secrétaire général de la chambre.

Ils ont dit

Danielle Even, présidente de la chambre 22. "Ce chantier 1 nous interpelle à juste titre sur notre capacité à nous organiser et espérons que cette fois soit la bonne et que nous saurons faire fi de nos différence en les considérant comme des complémentarités".
Olivier Allain, coordinateur des EGA. "Malgré une Europe qui dérégule, on va essayer de trouver en France des prix déçents. Commençons à monter en gamme, c'est aussi bon pour l'export. Les pays arabes veulent aussi du poulet non OGM".
"Les négociations avec la distribution démarrent mal. Certains ne respectent pas la charte d'engagement quelque soit le produit".
Paul Auffray, président FNP, élu chambre 22. "[Le plan Macron], je le vois comme un accélérateur de beaucoup de filières embourbées. Pour nous en porc, il y a la réintégration des professionnels de la salaison après 2 ans de chaise vide (au sein d'Inaporc)"
"Le plan de la filière porcine est sûrement le plus abouti sur les volets de la compétitivité (investissement, fiscalité...) et de la montée en gamme avec le contrat d'avenir sociétal à condition que les industriels et distributeurs s'engagent à minima".

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