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Élevage de porc : ne pas braquer les consommateurs

Lors de la journée recherche et développement de "Tech Porc", organisée par l'Ifip et les chambres d'agriculture régionale de Bretagne et des Pays de la Loire, le 22 novembre à Quessoy (22), un enjeu actuel, la relation entre l'élevage et la société, a été étudié. Ni rupture, ni statu quo, il faut donner des signes "acceptables" aux consommateurs.

Alors que les élevages de porcs se concentrent géographiquement et structurellement en Europe pour tirer des économies d'échelle, à l'inverse "la société conteste un modèle d'élevage jugé trop intensif et indutriel", explique Christine Roguet, spécialiste de la question porcine à l'Ifip. D'après une étude, la moitié de la population sondée (2 000 personnes) serait de type "optimisateur", à savoir qu'elle n'est pas opposée à l'élevage intensif mais demande des changements de pratiques (environnement et bien-être), une plus grande diversité des modes de production et plus de démarches qualité. "On a glissé de la protection animale au bien-être et maintenant à l'éthique", rapporte Christine Roguet, qui confirme, parmi les tendances, "la baisse de la consommation de viande qui va s'inscrire dans la durée".

À l'Étude : les truies libres en maternité

Dans ce sens, le concept de truies libres en maternité (libérées quelques jours après la mise bas) fait son chemin. Étudiée par les chambres d'agriculture de Bretagne et des Pays de la Loire en station expérimentale, la pratique s'avère complexe et non tranchée. D'un côté, si le bien-être de la truie et les aspects éthiques sont pris en compte, la mortalité des porcelets par écrasement et le coût de la surface supplémentaire font pencher la balance dans l'autre sens. "Cela peut être une alternative réaliste mais il manque en France un cahier des charges pour une meilleure valorisation du prix", conclut Yannick Ramonet de la chambre d'agriculture de Bretagne. Des labels allemand et hollandais existent respectivement avec les initiatives "Aktion Tierwohl" et "Beter Leven". Du côté de la Commission européenne, légiférer, semble-t-il, n'est pas un souhait à moyen terme : elle confierait aux filières le soin de trouver des solutions.

Du côté des élus agricoles, on estime qu'il vaut mieux prendre les devants, sans rupture avec les consommateurs. "Il ne faut pas se braquer face aux pressions de la société mais trouver collectivement des solutions", exprime Paul Auffray, président du pôle porc de la chambre d'agriculture régionale et de la fédération nationale porcine, qui voit en la segmentation du marché une façon de protéger l'essentiel de la filière.

Enfin, pour Yvon Salaün de l'Ifip, il faut donner des signes perceptibles aux consommateurs, "quelque chose d'acceptable pour les éleveurs".

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