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Elles n'ont pas la même production mais partagent la même passion

L'une est en production laitière, l'autre en porcs. Elles sont toutes les deux mariées, avec des enfants, et ont aussi en commun d'être des femmes engagées. Portraits croisés de Cécile Planchais et Sylvie Roudaut. Entre différences… et surtout points communs, comment arrivent-elles à concilier des vies professionnelle et familiale bien remplies ?

Cécile Planchais et Sylvie Roudaut.

Cécile Planchais s'est installée en 1992, à l'âge de 23 ans. D'abord en Gaec avec ses parents, et son époux Denis, en reprenant une exploitation voisine. Aujourd'hui, ils sont tous les deux sur la ferme, avec depuis peu un salarié à mi-temps. "On a 80 vaches laitières en mixte Prim'holstein et Normande, sur 80 ha, avec du blé, du maïs, de l'herbe et un peu de luzerne", explique Cécile Planchais pour planter le décor de son exploitation. Sylvie Roudaut, elle, avait la production porcine, chevillée au corps, depuis toujours. Elle oriente ses études en fonction, avec un BTA avec option porc et poursuit avec un BTS Acse, et une spécialisation fiscalité gestion en alternance. C'est d'ailleurs sur les bancs de l'école qu'elle rencontre Jean-Marc, qui deviendra son mari. Elle s'installera en 1994, d'abord en individuel, à côté des parents avant de reprendre l'exploitation familiale. Avec son époux, ils sont aujourd'hui tous les deux sur l'exploitation avec trois salariés, comme naisseur-engraisseur, avec 450 places en truies et 100 ha de cultures, essentiellement maïs, blé, orge.

On fait surtout comme on peut.

S'engager, c'est aussi ouvrir son horizon

Si leur parcours est donc différent, à y regarder de plus près, les deux femmes partagent beaucoup de points communs. Toutes les deux se sont installées relativement jeunes, toutes les deux ont des enfants (cinq pour Cécile, quatre pour Sylvie) et surtout toutes les deux ont la même volonté de s'ouvrir vers l'extérieur, de s'enrichir à travers leur engagement. Pour Cécile, ça a commencé très tôt, et d'abord dans le conseil municipal de sa commune. "C'est important que des agriculteurs soient présents dans les municipalités", souligne celle qui a en charge, jusqu'aux prochaines élections, la délégation des installations classées, l'enfance et la jeunesse. Un engagement qui s'est aussi matérialisé par la création avec une collègue d'un groupe féminin, avant de basculer dans un groupe lait. Élue à la chambre d'agriculture (membre du bureau départemental), elle fait partie des commissions, égalité-parité, environnement, entr'agri et agri médiation. "D'abord parce que l'on m'a sollicitée", confie Cécile qui a accepté "car c'est une expérience très enrichissante, ça permet d'aller voir au-delà de son exploitation et d'être présente dans les lieux d'échanges". Sylvie, quant à elle, a d'abord connu l'engagement à travers l'investissement de son père dans la vie municipale. Elle fait le choix du bénévolat dans l'association de parents d'élèves. L'engrenage des responsabilités se mettra en place un peu plus tard. D'abord comme déléguée MSA. "Puis il y a cinq ans, on m'a sollicitée pour devenir administratrice à la MSA. Et en 2017, en lisant un lettre d'information de la FDSEA, j'ai vu qu'on cherchait des conseillers prud'homaux et je me suis présentée. C'était aussi l'occasion de rencontrer des gens d'autres horizons et de s'ouvrir l'esprit", détaille Sylvie. Et de confier : "En 2018, Loïc Guines m'a sollicitée. J'ai adhéré au discours et de fil en aiguille, j'ai décidé de me présenter sur la liste qu'il conduisait". À la chambre d'agriculture, Sylvie fait aujourd'hui partie de la commission formation, du groupe technique porc, du comité égalité-parité. Elle est aussi membre du bureau départemental et régional, et pour l'APCA participe à la conférence sur la santé. Elle est par ailleurs engagée dans le réseau MFR depuis cinq ans.

 

Rigueur et organisation

Alors comment font elles pour concilier vie professionnelle et vie familiale ? Et c'est là un autre point commun : la rigueur et l'organisation. Même si, comme le confesse Cécile, "on fait surtout comme on peut", elle avoue "depuis que je suis élue, je suis plus à cheval sur les horaires pour ne pas me faire débordée". Et comme son mari a aussi des engagements par ailleurs, ils ont mis en place un agenda commun "pour s'assurer qu'il n'y pas de choses qui se superposent".
Même son de cloche chez Sylvie, pour qui "il faut être hyper organisée, être rigoureuse et anticiper les besoins de main d'œuvre éventuels. Et l'avantage, c'est qu'avec notre production tout est planifié donc ensuite on s'organise en fonction de qui est là".
Si les deux femmes concèdent que leur engagement leur demande beau-
coup de temps, elles ne regrettent aucunement leurs choix. À une seule condition : "que cela ne vienne pas perturber de façon négative la vie familiale et les performances de l'exploitation".

 

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