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Élus à la ferme, pour changer la perception du métier

Du Pays d’Auray, ils étaient une cinquantaine, maires, conseillers municipaux, conseillers communautaires… à s’être déplacés au Gaec du Golhud, à Camors, vendredi après midi. Ce, à l’invitation du Groupe Agricole du Territoire d’Auray (GAT), pour voir et comprendre l’agriculture.

 

"Nous voulions vous montrer comment on travaille. Les évolutions, toujours en lien avec le respect de l’environnement, et notre vocation à nourrir sainement la population", cadre Philippe Le Dressay, président du comité territorial de la chambre d’agriculture. Opération réalité, vendredi dernier au Gaec du Golhud qui, à Camors sur 200 ha, produit 1, 310 million de litres de lait avec 150 vaches. "Nous sommes quatre associés, nous faisons vivre nos quatre familles. Ramené par UTH, c’est 50 ha et 300 000 litres de lait", cadre Frank Guéhennec, l’un d’entre-eux, pour que chacun "s’implique dans ses choix de vie, associatifs, municipaux et familiaux".

Place sur le territoire

"Notre ferme nourrit en lait 4 400 personnes, l’équivalent de la commune de Camors", se réjouit Ludovic Thomazo, l’un des quatre de l’exploitation avec Grégory, 27 ans et les frères Guéhennec, Frank et Yvonnic. Chaque membre aura détaillé son rôle, ses responsabilités, les implications de chacune des fonctions et les contraintes afférentes. "On a intérêt à avoir un bon ordinateur, on passe du temps sur notre tracteur mais aussi beaucoup au bureau", n’a pas caché Yvonnic, responsable des cultures au Gaec. Et les associés de pointer l’évolution du parcellaire au travers d’une carte de 1952 et d’une photo aérienne d’aujourd’hui, "Quand on voit l’urbanisation de Pluvigner qui jouxte nos terres... Les PLU permettent de limiter le grignotage, vous avez des leviers", insistent-t-ils auprès des élus, aussi sur la préservation du parcellaire pour garantir au maximum l’alimentation de leur troupeau et la manière dont ils la gèrent. "Avec 150 vaches, on continue le pâturage parce que ça fonctionne grâce à notre parcellaire, groupé, elles ensilent toutes seules, c’est de la pollution en moins tout en maîtrisant les effluents", pointent-ils, délivrant leurs messages.

Changer l’image

Côté haies, "nous en avons pas mal, fruit d’un programme de replantation que nous avons mené en 2000 avec la commune de Camors. Grâce à l’entretien, nous les valorisons en bois plaquette qui sert à chauffer la piscine d’Auray", utiles à la communauté. Et devant les petits veaux par case : "aujourd’hui, on parle de bien-être animal, certes mais on ne parle pas du bien-être des éleveurs. Il va falloir faire quelque chose, cela va peut-être devenir notre bataille", pointe Ludovic Thomazo invoquant le récent suicide d’un agriculteur de Grandchamp, père de trois enfants.

"Il y a des enjeux différents suivant les territoires", relève Philippe le Dressay, pointant les agricultures pratiquées sur ce pays, qu’elles soient insulaire ou littorale, périurbaine ou en pleine campagne. "Le territoire change, les compétences également. On attend que vous accompagniez également l’agriculture qui est une composante économique du Pays", ont-ils rappelé. "Nous relançons les GAT. Appuyez-vous sur les agriculteurs de votre territoire pour prendre les décisions qui concernent l’agriculture".

Claire Le Clève

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