Aller au contenu principal

Emmanuel Macron propose un nouveau donnant donnant

Au-delà de mesures concrètes qui seront probablement prises par ordonnance dès janvier prochain, Emmanuel Macron propose un nouveau donnant donnant aux agriculteurs et aux filières, il l'a dit lors d'une allocution de près d'une heure la semaine dernière à Rungis. Ainsi, L’Etat s’engagera, mais conditionnera son accompagnement à une (r)évolution importante dans l’organisation des filières, et à une montée en gamme qualitative des productions. Le discours présidentiel a reçu -et c’est rare- un accueil positif de pratiquement toutes les parties prenantes, chacun y retrouvant au moins une de ses propositions. Décryptage des principales annonces.

Si les premières décisions issues des Etats généraux de l'alimentation portaient sur les nouvelles modalités de fixation du prix, c'est bien à la définition d'une nouvelle agriculture française qu'a invité le Président de la République. Plus qu'une énumération de mesures techniques il a, invité tous les partenaires de l'agriculture à refonder le pacte agricole sur de nouvelles bases. Pour Emmanuel Macron, la "montée en gamme autour des labels, des signes de qualité, de la bio" sont la base du contrat que le pays doit passer avec son agriculture. il s'agit de "transformer l'offre pour être à la hauteur des goûts de nos concitoyens et des défis de l'international".

L'engagement du Président de la République est bien d'accompagner la transistion, la transformation. Il s'engage de son côté, mais demande en contrepartie des actes forts et sans faille des entreprises, des filières et de tous les acteurs en générale. C'est ce donnant donnant qu'Emmanuel Macron a décliné à Rungis.

Oui à condition que ...

C'est oui pour aider les filières à se transformer, à monter en gamme mais, en contrepartie, chacune de ces filières devra mener une introspection à la fois vaste et rapide, s'interroger sur ses pratiques, sa production et proposer elle même des adaptations. Il ne faut plus maintenir des filières si elles n'ont plus de débouchés ou si elles ne correspondent plus à un marché non subventionné.

C'est oui pour que l'État mette sur la table 5 milliards d'euros d'aides mais en contrepartie d'accompagnement de choix filières par filière, avec des investissements dont les objectifs et les montants auront été validés et priorisés.

C'est oui pour remettre à plat la méthode de fixation des prix agricoles, en inversant la logique de fixation du prix mais à condition que les filières s'aident elles mêmes en incitant tous les producteurs à adhérer à une OP, à condition que les coopératives soient plus transparentes et deviennent une sorte de référence en terme de pratiques tarifaires.

C'est oui pour accompagner les agriculteurs dans leurs pratiques mais en contrepartie d'un engagement fort celle d'aller vers la transition écologique et environnementale, et d'entendre ce que disent certaines asociations sur le bien être animal.

Plus d'organisation, plus de qualité, plus de prix, l'ambition affichée est de permettre aux agricutleurs de ne plus dépendre des aides. Dans l'absolu pourquoi pas, mais à l'instar de la bio, le gouvernement souhaite-t-il n'aider demain que les évolutions et ensuite laisser faire le marché ? Il y avait des prises de position très fortes dans le discours d'Emmanuel Macron, mais aussi des affirmations qui demanderont demain d'être reprécisées, affinées et approfondies.

Mercredi soir, la plupart des organisations soulignaient un ton nouveau, une orientation nouvelle mais aussi des orientations qui devront encore être confortées dans la seconde partie des Etats généraux de l'alimentation qui vient de débuter. Les grandes décisions qui seront prises prendront la forme d'ordonnances au cours du premier semestre 2018.

 

Presque tout positif

Seul l'UFC Que choisir note une réponse inefficace, voire néfaste. Christiane Lambert FNSEA retrouve dans les propos d'Emmanuel Macron "beaucoup de solutions que nous avons portées", Bernard Lannes (Coordination rurale) "signe tel quel le projet présenté", Laurent Pinatel (Confédération paysanne) évoque "un discours à la hauteur", la FNAB (bio)parle d'un "discours encourageant", les chambres d'agriculture saluent "l'ambition du discours". Jacques Creyssel, pour la FCD (commerce et distribution)souligne "des bonnes nouvelles correspondant à l'accord que nous avions avec les agriculteurs et la transformation", et Michel Edouard Leclerc s'est dit soulagné de voir que le seuil de revente à perte ne concernerait "que" les produits alimentaires. L'Ania (industrie alimentaires) a souligné "un nouvel état d'esprit" , tandis que la FNE a entendu des "annonces qui vont dans le bon sens".


Des mots très forts

Certaines oreilles ont du siffler, notamment en Bretagne, pendant le discours d'Emmanuel Macron. "On n'a pas fait les réformes qu’on devait faire", "On a fait des choix absurdes". Il faut "arrêter des productions qui ne correspondent plus à nos goûts , nos besoins", "nous ne pouvons rester immobiles à regarder les cours du marché de Plérin en espérant que les chinois continuent d’acheter nos produits" et, pour la volaille, "espérer exporter nos poulets que nous ne pouvons pas ou ne voulons pas faire consommer à notre propre population". Emmanuel Macron prend l’engagement d’aider les filières mais ne veut pas faire de "chèque en blanc", "ni protéger des modèles productifs qui ne sont plus soutenables". Il demande aux filières de s’organiser, de présenter un plan de travail quitte à fermer des ateliers ou arrêter des productions, pour ne pas se "réveiller dans deux ou trois mois avec les mêmes problèmes chez le ministre de l’agriculture, avec des demandes d’aides, des restructurations ou des aides d’urgence". Une analyse jugée "caricaturale" par Christiane Lambert, présidente de la FNSEA.

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

"La délégation de travail accompagne les mutations agricoles"
Élodie Gapihan travaille au Crédit Agricole d'Ille-et-Vilaine. Elle est la seule chargée d'affaires en France, à suivre…
ETA Guillon-Barbot : l'innovation pour modèle économique
Depuis 1977, l'ETA Guillon-Barbot à Vitré (35) fait de l'innovation sa marque de fabrique avec une philosophie qui se veut simple…
"L'épandage sans tonne, c'est l'avenir !"
L'ETA Guégan à Saint Onen La Chapelle (35) a inauguré cette année son "épandeur sans tonne avec rampe à patins". Une première…
A Moëlan, le projet de reconquête des friches contesté par le SDPPR
A Moëlan sur Mer, la municipalité a commencé à rendre à l'agriculture une partie des 500 ha de friches que compte la commune, via…
L’observatoire du coût de revient : "faire œuvre utile"
Apporter sa pierre à l’édifice pour la prise en compte du coût de revient des adhérents dans la construction du prix du lait, c’…
OP et AOP seront au cœur de la PAC de 2023
Les organisations de producteurs, Op et les associations entre elles AOP, seront au cœur de la future PAC. Elles pourront…
Publicité