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Jean-Alain Divanach - Président de la FDSEA 29
En 2020, le manque de nourriture risque de tuer bien plus que le coronavirus

Le directeur du programme alimentaire des Nations Unies vient de tirer la sonnette d’alarme face à la "pandémie de la faim" qui se répand brutalement dans le monde du fait du confinement. La crise sanitaire mondiale pousse la France à repenser l’alimentation comme un enjeu hautement stratégique, et à prendre enfin conscience des conséquences dangereuses de la sous-traiter. Lors de son déplacement en Finistère, le Président de la République a exprimé la volonté de sécuriser la production française et d’en reprendre le contrôle. Les remerciements de la Nation à l’égard des agriculteurs qui remplissent les assiettes des Français sont évidemment une bonne chose, mais ils se heurtent rapidement au principe de réalité, à commencer par la juste rémunération de notre métier. Sans revenus suffisants, sans capacité d’investissement, sans renouvellement des générations, sans compétitivité sociale, fiscale et environnementale, les agriculteurs ne pourront pas être demain au rendez-vous.
La crise du Covid a encore accru la prépondérance de la grande distribution dans l’alimentation des Français. Dans l’élevage notamment (porc, viandes bovines, lait), des acteurs de l’aval profitent de la crise pour mettre en œuvre des pratiques abusives. Les maillons de l’aval restent à l’affût de nos faiblesses, et sont toujours prêts à utiliser le maillon production comme variable d’ajustement. La crise du Covid pourrait avoir l’effet pervers de fragiliser encore davantage nos exploitations familiales et d’accentuer notre dépendance aux importations.
Covid ou pas, il n’y aura pas de sécurité alimentaire en France sans un vrai retour de valeur aux agriculteurs. Ne relâchons pas nos efforts pour renforcer notre poids et notre place dans les filières et démontrer collectivement notre capacité sans faille à répondre aux besoins alimentaires de nos concitoyens. La chaîne alimentaire, ce sont avant tout des productions organisées au sein de filière longues et structurées qui garantissent en toutes circonstances l’approvisionnement alimentaire des Français. Alors qu’il y a quelques semaines les élus politiques nous rabâchaient local, circuits-courts et montée en gamme, le salut est aujourd’hui dans les filières longues. Quand il y a des coups de boutoir, celles-ci sont capables de prouesses au regard de leur capacité de résistance et d’adaptation. Les circuits-courts ont toute leur place, en complémentarité.
La France et l’Europe devront rendre ses lettres de noblesse à l’acte de production par toutes les agricultures qui œuvrent au quotidien à la sécurité alimentaire. La capacité à rémunérer les agriculteurs passera par la reconnaissance de la réelle valeur des produits agricoles. Il est de la responsabilité des décideurs politiques d’assumer auprès de tous les Français une augmentation de la part de l’alimentation dans le budget des ménages, gage de la pérennité de l’agriculture française.

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