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En Bretagne, les exploitations devraient grandir plus qu'ailleurs

Les deuxièmes rencontres annuelles de la Chaire "entreprises et économie agricole", créées par Agrocampus Ouest et le Crédit agricole en Bretagne se sont déroulées le 3 décembre. Au menu, l'avancée des travaux d'une thèse sur la dynamique des structures agricoles bretonnes à l'horizon 2025.

"Au regard de l'importance des filières agricoles et agroalimentaires sur le grand Ouest, et du fait que ces dernières sont des activités stratégiques pour le Crédit agricole, il devient aujourd'hui de la responsabilité des caisses régionales du Crédit agricole en Bretagne d'investir et d'agir pour éclairer les acteurs du territoire et des filières", a souligné en préambule Jean-Pierre Vauzanges, directeur général du Crédit agricole d'Ille-et-Vilaine. La thèse de Legrand Saint-Cyr, intitulée "Déterminants et impacts de la dynamique des structures agricoles", initiée en octobre 2013 et menée sur trois ans, est le premier travail de recherche inscrit au programme de la Chaire. Son objectif ? Réfléchir à ce que pourrait être le modèle agricole breton à l'horizon 2025.

Pour ce faire la thèse s'appuie sur des modèles mathématiques et son originalité est que contrairement aux habituels modèles qui font l'hypothèse que tous les agriculteurs se comportent comme des agriculteurs "moyens", ici on a pris en compte l'hétérogénéité en identifiant deux types d'agriculteurs : les "stayers" qui ne changent pas de catégorie de taille, et les "movers" qui sont susceptibles de changer de catégorie de taille au moins une fois au cours de leur carrière. "Les résultats montrent tout d'abord qu'environ 40 % des exploitations bretonnes sont identifiées comme stayers, c'est-à-dire comme des exploitations dont les éventuels changements de taille d'une année sur l'autre ne sont pas suffisants pour les faire changer de catégorie, même à long terme", analyse Legrand Saint-Cyr. Cette proportion est cependant plus faible en Bretagne que dans le reste de la France, où elle est estimée aux environs de 50 à 60 %, "ce qui révèle une dynamique de changement structurel plus importante en Bretagne". Quant à l'analyse des "movers", elle confirme tout d'abord que le changement structurel est un processus de long terme. Elle montre également que les plus petites exploitations ont plus tendance à s'agrandir qu'à diminuer de taille, alors que les plus grandes exploitations apparaissent plus stables.

A l'horizon 2025

Ces résultats ont été utilisés pour réaliser des projections jusqu'en 2025. "Les simulations montrent que si les tendances observées se poursuivent, la proportion des grandes exploitations devrait continuer à augmenter au détriment des plus petites, aussi bien en Bretagne que dans le reste de la France", ajoute Legrand Saint-Cyr. Ce mouvement devrait toutefois être plus marqué en Bretagne que dans le reste de la France. Ainsi, à terme, non seulement les structures de plus de 150 000 euros de PBS (production brute standard) devraient représenter plus de 60 % des exploitations en Bretagne contre seulement 40 % dans le reste de la France. Mais les plus petites, celles de moins de 50 000 euros de PBS, devraient représenter seulement 5 % de la population en Bretagne, contre plus de 15 % dans le reste de la France.

"Les projections réalisées jusqu’à présent consistent à prolonger les tendances passées "toutes choses égales par ailleurs". La prochaine étape du travail va dès lors consister à tenir compte des facteurs susceptibles d’expliquer ces tendances. Il s’agira d’identifier les déterminants principaux et d’en estimer les impacts respectifs. Différents scénarios prospectifs pourront alors être construits et simulés à leur tour", a conclu le doctorant.



Deux élèves récompensés

À l'occasion des deuxièmes rencontres de la chaire Entreprises et économie agricole, deux élèves ont été récompensés pour leurs travaux de fin d'études.

1er prix : Xavier Cornilleau, diplômé d'ingénieur en horticulture 2015, spécialisation fruits, légumes, alimentation et marché. Mémoire de fin d’études d’ingénieur réalisé au sein du Laboratoire d'études et de recherche en économie (Lereco) de l’Inra de Nantes-Angers : "De quelle(s) façon(s) le circuit de commercialisation peut-il influencer l’organisation interne du travail au sein de l’exploitation fruitière ? L’exemple de la filière pomme en France."

2e prix : Clara Kauffmann - diplômée Ingénieur agronome 2015, spécialisation en sciences et productions végétales, ingénierie des agrosystèmes. Mémoire de fin d’études d’ingénieur réalisé au sein de la chambre d’agriculture de l’Ain sous l’encadrement de Gilles Cauvin, chargé de territoire, sur "l'étude des freins et leviers à la création d'une micro-filière de luzerne Dombes-Val-de-Saône."

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