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Protection biologique intégrée
En fraises aussi !

Pratiquant depuis longtemps la protection biologique intégrée en production de tomates, André Hascoët, serriste à Cléder, a voulu la transposer à la fraise. Pas si simple !

De gauche à droite : Yann Mobian, en charge de la culture de tomates et de la PBI chez André Hascoet, serriste à Cléder.
De gauche à droite : Yann Mobian, en charge de la culture de tomates et de la PBI chez André Hascoet, serriste à Cléder.
© Chantal Pape

"Ici, l'objectif est de traiter le moins possible". Installé depuis 1990 en production de tomates sous serre, André Hascoet y pratique depuis longtemps la PBI, la protection biologique intégrée, qui mise sur les insectes auxiliaires plutôt que sur les phytos pour détruire les ravageurs des cultures. Au point, certaines années, de pouvoir se passer complètement de traitements chimiques.

"Moins je traite, mieux je me porte". Et ses arguments en faveur de la PBI sont nombreux : temps d'application des phytos, prix... "Et, quand les auxiliaires bossent, les salariés aussi peuvent travailler dans la serre. Ce qui n'est pas le cas pendant les traitements chimiques".

Dans la serre froide

Des arguments qui l'ont incité à vouloir étendre la PBI à la culture de la fraise. "Mais ça ne marche que dans la serre froide". Explications. "En serre chaude, les gariguettes, plantées fin novembre, début décembre, vont rester en place jusque fin juin-début juillet seulement. Ce qui ne donne pas le temps aux auxiliaires de se développer". Car la fraise, qui a besoin de froid pour fructifier, va supporter des nuits à 8-9°. Et il faudra attendre la fin du mois de mai pour que la température soit suffisante pour permettre aux auxiliaires de coloniser la serre. "La PBI ne fonctionnerait que pendant un mois".

Par contre, en serre froide, le raisonnement est différent. La plantation est plus tardive, échelonnée sur les mois de janvier et février. Et, à la gariguette va succéder une Mara des bois, présente jusqu'à fin novembre. Thrips, pucerons et acariens vont donc y être traités via la PBI. "Il faut suivre la culture de près, conseille Yann Mobian, qui seconde André Hascoët. Ca dérape vite".

Un nouvel équlibre

Fournisseur de PBI sur la serre, Koppert va assurer un suivi toutes les semaines. "Ensemble, nous décidons des interventions à réaliser. Et, comme le technicien suit d'autres serres, il va aussi nous alerter, en cas de développement de puceron, par exemple".

Mais la PBI coûte cher. "2 €/m², estime André Hascoët. Sans compter le temps d'application, car une bonne répartition dans la serre est facteur de succès". Et doit impérativement réussir. "Si on commence les traitements chimiques, tous les auxiliaires vont disparaître". Ce qui induit un comportement différent. "On va tolérer les parasites, apprendre à vivre avec, quitte à jeter des fruits pendant une semaine ou deux, le temps qu'un nouvel équilibre se fasse entre le parasite et son prédateur". Et, même si les années ne se ressemblent pas, l'expérience s'acquiert au fil du temps.

De nouvelles solutions

"Tous les ans, nous testons aussi de nouvelles solutions, indique Yann Mobian. Ainsi, on trouve désormais des mélanges de plusieurs insectes contre le puceron". Pour la première fois, il a aussi réalisé des apports d'auxiliaires dès la pépinière, pour la Mara des bois. "On espère gagner une semaine sur son implantation. La semaine qui, souvent, nous fait défaut quand le thrips se développe". Mais, pour le moment, la PBI est loin d'apporter des solutions à tous les problèmes. "On cherche toujours quelque chose contre le tarsonème".

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