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En groupe, ils intègrent les 30 000 pour faire "mieux avec moins"

"Ce sont des efforts que tout seul, on n’arriverait pas à faire". C’est avec leur réseau Idéa et en groupe que 16 exploitations, sur la région du Faouet (56), ont répondu à l’appel à projet des 30 000. Objectif ? Baisser leur Indice de Fréquence de Traitement tout en gardant leur rentabilité, comme 23 autres groupes en Bretagne.

Des membres du groupe des 30 000 réunis au Faouët pour un échange sur la gestion des adventices.
Des membres du groupe des 30 000 réunis au Faouët pour un échange sur la gestion des adventices.
© Terra

Faire mieux avec moins", c’est l’ambition du groupe "cultures" d’Idéa, réseau de développement de la région du Faouët. "L’approche multi-performances en 2015 nous a bien boostés. Accompagnés, on a mis tous nos chiffres sur la table, l’analyse de nos sols par rapport à l’amendement, tous nos coûts, y compris de méca, nos marges…", se souvient Laurent Fouillé, responsable du groupe qu’une dizaine d’exploitations du pays du roi Morvan, compose. Surprises... "Certains jetaient de l’argent par la fenêtre. Mettre trop et trop souvent, ça chiffre", résume-t-il en évoquant des économies allant jusqu’à 6 000 euros à l’année en matière d’amendement, "Idem sur des stratégies d’entretien, chauler n’est pas toujours une obligation", rappelle Christelle Samson, conseillère agronomique des chambres  d’agriculture de Bretagne qui les accompagne. Première des vertus, "se réapproprier les chiffres", affirment les membres du groupe. "Avec nos comparatifs, on a fini par avoir des indicateurs". Conclusion ? "Le résultat ou la marge n’étaient pas corrélés à un investissement important en intrant", pointe Mathieu Cardiet qui a pris la tête du nouveau groupe 30 000 d’Idéa.

Des idées qui font des petits

Arrivé en avril 17, l’appel à projet des 30 000 devait être bouclé mi-juin. Tout s’est accéléré, "on avait peu de jours pour trouver des gens prêts à franchir le pas". Ainsi, déjà sensibilisés, les membres du groupe cultures et ceux engagées dans des MAEC, soit 130 des 558 exploitations du territoire, ont constitué le vivier potentiel de ceux prêts à relever le nouveau défi du Déphy 2, "faire mieux avec moins". La formule faisait sens pour beaucoup avec "le besoin d’être accompagné individuellement ou collectivement pour aller plus loin", ne cachent pas les membres du groupe de 30 000. 16 exploitations (dont 7 du groupe cultures) et 31 agriculteurs ont donc dit banco pour cette agroécologie à bas niveau d’utilisation de produits phytosanitaires. "Entre les attentes et ce qu’on faisait, ça se rejoignait avec des moyens d’animation mis en plus, 40 jours", apprécie Laurent Fouillé, éleveur de porcs. "Il y a eu de l’émulation, c’est une thématique qui intéresse", enchaîne Mathieu Cardiet.

De 3 000 à 30 000, nouveau Dephy

Elles étaient près de 3 000 exploitations en France à s’être lancées dès 2010 dans le plan écophyto 1, avec à la clé une baisse significative d’emploi de produits phytos. Démonstration était donc faite qu’il est possible de concilier réduction de l’utilisation de ces substances très actives, voire nocives, et performances économiques. 170 exploitations s’y étaient engagées en Bretagne. Dans cette veine, le plan Ecophyto 2, invite à passer la vitesse supérieure et transposer les résultats obtenus à 30 000 exploitations à l’échelle nationale. L'objectif est d'atteindre les 1 000 à 1 500 exploitations en Bretagne pour passer de l’expérimental à une application concrète et à grande échelle. Aujourd’hui 300 exploitations se sont engagées dans le premier appel à projet, un autre devrait suivre rapidement. Car depuis 2010, les quantités de substances actives vendues croissent de nouveau. Après avoir chuté de 2 736 t à 2 074 t en Bretagne entre 2008 et 2010, elles ont augmenté pour atteindre 2 677 t en 2014(1). Idem en France, à l’inverse de ce qui est escompté.

(1) ABC Agriculture et agroalimentaire de Bretagne en clair, les chiffres, édition 2017, chambres d’agriculture de Bretagne.

 

A chacun ses raisons

16 exploitations avec 31 agriculteurs ont rejoint les 30 000. Ils représentent plus de 2 600 ha de SAU sur les 44 000 de ce territoire qui regroupe 20 communes du pays du Roi Morvan. Ils expriment ici les raispons de leur engagement :

Jean-Louis, en lait-porc et cultures / "Ce sont des efforts que tout seul, on n’arriverait pas à faire. L’échange et le partage en groupe, c’est le moyen de parvenir à réduire cet IFT".

Romain, en lait porc et cultures / "Pour revoir mon approche de pratiques et obtenir de meilleurs rendements".

Mathieu, en lait et cultures / "Faire mieux avec moins et s’inscrire dans une démarche sociétale".

Éirc, en vache allaitante et grandes cultures / "Gagner en rentabilité et efficacité".

Éric en vache allaitante / "Répondre aux attentes de la société, pour mon portefeuille et ma santé aussi".

Laurent en porcs et cultures / "Personne n’acceptera de perdre du rendement, on veut juste trouver le bon équilibre".

Sébastien / "Réduire l’IFT tout en gardant la rentabilité".

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