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Retraite agricole
Encore de nombreux combats à mener !

Décidément, le compte n'y est pas ! Si la FNSEA attendait beaucoup de la réforme des retraites, le résultat est loin de la satisfaire. Le point avec Clément Faurax, directeur des affaires sociales.

"Nous restons très insatisfaits du niveau des pensions agricoles". Le 28 avril dernier, Clément Faurax a participé à l'assemblée générale de la section des Anciens exploitants de la FDSEA. Et a commencé par faire le point sur la revalorisation des petites retraites. "Certes, cela représente 150 millions d'euros par an. Mais on part de très loin : la retraite agricole n'atteint toujours pas la moitié de la retraite d'un salarié".

Si la réforme des retraites était nécessaire, le résultat obtenu est loin de satisfaire la FNSEA. "La réforme n'a été pensée que pour retrouver un équilibre financier, alors que nous avions demandé une remise à plat de l'ensemble du système : les régimes spécifiques n'ont plus lieu d'être". En ligne de mire : le calcul de la retraite, qui se fait sur la carrière complète pour les agriculteurs, les 25 meilleures années pour les salariés, les 6 derniers mois pour les fonctionnaires. "Est-ce que ça se justifie encore ?"

De petites choses

"Certes, on a obtenu de petites choses", concède le directeur des affaires sociales de la FNSEA. Ainsi, en cas d'octroi du minimum vieillesse, les terres et bâtiments agricoles sont désormais exclus du recours sur succession, ce qui devrait inciter plus d'anciens agriculteurs et agricultrices à en faire la demande. Et les conjoints et aides familiaux ont maintenant la possibilité de cotiser à la RCO, la retraite complémentaire obligatoire, jusque-là réservée aux seuls chefs d'exploitation. "C'est une mesure qui portera ses fruits dans 40 ans ! Il faut que, comme les chefs d'exploitation, ils obtiennent, eux aussi, des points gratuits".

Autre petite victoire : la revalorisation des plus faibles retraites est désormais accessible à condition de totaliser au moins 17,5 ans dans le régime agricole et non pas 17,5 ans comme chef d'exploitation. "Les conjointes qui, bien souvent, n'ont été chef d'exploitation que durant leurs dernières années d'activité, pourront désormais y prétendre". Et les non salariés agricoles pourront obtenir un départ anticipé en retraite à l'âge de 60 ans, en cas de maladie professionnelle ou d'accident du travail.

A quand les 75% du Smic ?

"Mais il nous reste de nombreux combats à mener", s'exclame Clément Faurax. Ainsi, au moment de la mise en place de la RCO, le gouvernement s'était engagé à ce qu'aucune retraite agricole ne soit inférieure à 75% du Smic, en cas de carrière complète. "Mais, depuis, le Smic a augmenté plus vite que les retraites. Et, aujourd'hui, on est plus près des 70% que des 75%". La FNSEA s'interroge aussi sur le montant de la RCO. "Deux tiers des cotisants ne percevront que 1 200 euros par an, ce qui est peu. Faut-il opter pour une protection individuelle supplémentaire ? Augmenter le taux de cotisation de la RCO ?" Pour le moment, le débat reste ouvert.

Comment financer la dépendance

Après la réforme des retraites, le Gouvernement planche désormais sur la dépendance. Avec l'augmentation de l'espérance de vie, le nombre de personnes âgées ne cesse de croître : 1,3 million de plus de 85 ans aujourd'hui, 2 millions en 2015. "Et, en 2050, le nombre de personnes de plus de 75 ans aura doublé dans la population française : 15,6% contre 8,8% aujourd'hui".

Pour le moment, la France consacre 22 milliards d'euros, tous les ans, à la prise en charge de la dépendance. "En 2020, ce sera 32 milliards", indique Clément Faurax.

Mais comment faire face à une telle augmentation des dépenses, quand les finances publiques sont au plus bas ? Sans compter que, pour l'assuré, tout n'est pas pris en charge, loin de là ! "Les retraites agricoles sont, en moyenne, de 680 euros/mois. Comment faire face à un reste à charge estimé à 1 000 euros/an pour un maintien à domicile ? Ou à des frais d'hébergement, qui se situent entre 1 800 et 2 200 euros/mois en milieu rural ?" Assurances privées ? Mise en place d'un nouveau risque au niveau de la sécurité sociale, avec appel de cotisations, alors que seule 25% de la population sera finalement concernée ? "Cet été, le Gouvernement devrait présenter un projet de loi. Ce sera l'occasion d'en débattre".

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