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Enseignement :premier salon des mobilités à Gourin

Partir étudier à l'étranger n'est pas réservé qu'aux seuls étudiants. Lycéens et apprentis de l'enseignement agricole peuvent en bénéficier. Une pédagogie de l'ouverture et du partage d'expériences que développe depuis plus de vingt ans le lycée Saint-Yves de Gourin (56). Vincent, Quentin, Julie, Marion et Émilie y ont goûté et ils en redemandent ! Pour promouvoir la mobilité à l'international, un premier salon breton lui est dédié en partenariat* le 1er décembre à Gourin

Comme Vincent, Quentin, Julie,  Marion et Emilie, ils sont 50 élèves du lycée Saint-Yves de Gourin à partir tous les ans en stage à l'étranger dans le cadre d'une mobilité internationale défendue par  René Briand, leur prof d'histoire géo et responsable de projet (ici à droite).
Comme Vincent, Quentin, Julie, Marion et Emilie, ils sont 50 élèves du lycée Saint-Yves de Gourin à partir tous les ans en stage à l'étranger dans le cadre d'une mobilité internationale défendue par René Briand, leur prof d'histoire géo et responsable de projet (ici à droite).
© Terra

"Partir à l'étranger, ça fait partie de la culture du lycée. La vie scolaire est rythmée par ça", constate René Briand, professeur d'histoire géo au lycée Saint-Yves qui accueille 180 élèves et 50 apprentis, de la 4e à la terminale, à Gourin. Une petite commune du centre Bretagne qui a connu une diaspora historique vers les USA au XXe siècle. "Cela crée un terreau et une réceptivité pour ces projets auxquels se rallient aussi les maîtres d'apprentissage", salue-t-il. Depuis plus de vingt ans responsable des projets internationaux à Saint-Yves, René Briand est devenu, pour le compte de l'agence européenne bordelaise, développeur (bénévole) de la mobilité dans le cadre du programme européen Erasmus. Une de ces personnes ressources précieuses pour guider collègues ou établissements scolaires dans ces échanges européens.

Obligatoire en terminale

"Élèves et apprentis peuvent en bénéficier aussi", insiste René Briand. Ainsi depuis vingt ans, "on fonctionne en réciprocité avec les Belges, depuis dix ans avec la Suède. On les reçoit, ils accueillent nos élèves. On développe cela aussi avec la Roumanie, les Pays-Bas", poursuit-il, heureux des relations pérennes inscrites dans les programmes de formations des élèves (de 15 jours à trois semaines) avec aménagements pour les apprentis (une semaine à 10 jours). Ils dépendent d'un programme annexe développé par la Région Bretagne pour promouvoir leur mobilité sur le temps de formation ou de stage. Tous les terminales en bénéficient obligatoirement, ceux en première, sur la base du volontariat. Une approche pédagogique que défend l'enseignant pour les bénéfices que les élèves en retirent. "On impose cette mobilité, mais en contrepartie, à nous de trouver les financements pour permettre à tous de partir, le complément à apporter reste très supportable".

50 jeunes à l'étranger tous les ans

Les bourses obtenues varient ainsi de 800 euros à 400 suivant le pays et la durée du séjour. Sur les vingt apprentis concernés en 2016, quatorze ont découvert la Suède, six les Pays-Bas. Quant aux terminales, quatorze ont réussi leur immersion en Belgique avec quatre autres élèves de première et cinq en Roumanie. Près de cinquante scolaires par an vivent l'expérience avec stage à l'étranger. Une ouverture à l'Europe qui permet "de mûrir, de mieux comprendre le monde qui les entoure, de dépasser leurs appréhensions, de vivre une expérience irremplaçable et de bien souvent revenir en ayant grandi et acquis une meilleure confiance en soi. C'est un plus dans leur projet et sur leur CV". Autant d'éléments dont témoigneront tous ces lycéens et apprentis lors du premier forum de la mobilité, se faisant les ambassadeurs de l'expérience formatrice. 250 élèves et 25 établissements sont attendus à Gourin le 1er décembre prochain.

* Une initiative du réseau de l'enseignement agricole privé, Cneap, de l'Europe par le biais du programme Erasmus et de la Région Bretagne, de l'association de solidarité internationale Fert et du Lycée St Yves de Gourin.

Pratique : salon des mobilités le jeudi 1er décembre à la salle de Tronjoly, domaine de Tronjoly à Gourin de 9h45 à 16 h. Au programme : présentation et interventions des grands témoins élèves, jeux participatifs, pique-nique, échanges sous forme de speed-dating par stand pays, synthèse par les acteurs du salon.

Témoignages :


Marion : "Le stage, c'est une ouverture"

Elle en est encore toute étonnée, Marion Saintléger, originaire de Lignol, et élève de première Sapat, de ces différences qu'elle a pu découvrir durant quinze jours lors de son séjour dans une école belge et wallonne. "C'était intéressant. Je me suis sentie plus à l'aise que dans un stage en France. Cela m'a permis de préciser le public avec lequel j'aimerai travailler plus tard, plutôt handicapés ou avec des personnes âgées, dans un métier social. Le stage à l'étranger, c'est une ouverture".

 

Vincent : "Ici, il y avait une possibilité de départ à l'Ètranger"

"C'est un autre système de travail et de cultures". Vincent Tanguy, en terminale agro-équipement, originaire d'Hennebont, a effectué en Suède son stage de dix jours en septembre dernier. Ce premier départ à l'étranger a conditionné le choix du jeune apprenti de 19 ans pour le lycée Saint-Yves. Il en a tiré beaucoup de bénéfices. "Tout est si différent. Les battages n'étaient pas finis, ils ont récolté humide car les Suédois font sécher dans leur propre séchoir grâce à leurs chaudières à bois. Ils sont plus autonomes", analyse-t-il comparant l’expérience vécue chez son maître d'apprentissage à Plouhinec (56). Et si la barrière de la langue était bien présente, "la technique est un langage commun. J'aimerai après mon bac approfondir tout ça. Acquérir de l'expérience pour reprendre ou créer une ETA".

 

Émilie : "Pour moi, l'anglais, c'est indispensable"

Originaire de Glomel, Émilie Le Quere, 17 ans, élève de première Sapat, a effectué son stage dans une ferme
pédagogique wallone : "Je me suis tout de suite intégrée, c'est une première expérience avec des personnes en situation de handicap pour qui les sens sont primordiaux. Cet univers me plaît beaucoup, l'humanitaire également. J'ai pensé étudier à l'étranger, je suis déjà partie seule en Irlande, parce que pour moi l'anglais est indispensable".

 

Julie : "Je ne pensais pas apprendre aussi vite une langue"

Élève en première Sapat (services à la personne et au territoire), Julie Rieffel, de Carhaix est partie à 18 ans sur la base du volontariat. Un voyage qui l'a changée. "Je voulais partir mais en zone francophone belge". Or c'est en zone flamande qu'elle fera un stage de 15 jours dans une crèche, "avec des petits enfants, un public que je ne connais pas". À la déception première s'ajoute la peur, celle "de ne rien comprendre. J'étais énervée. En fait, c'est ma meilleure expérience. On a vraiment appris. En immersion, nous étions totalement à l'écoute". Et Julie se rassurera vite, "les bébés ne comprennent pas le langage. J'ai pris sur moi et je n'ai eu aucun problème. À force d'entendre parler flamand, je me suis mise à le parler ". Elle découvre sa disposition : "Je ne pensais pas apprendre aussi vite, la langue n'était pas un problème. Du coup, j'ai envie de repartir... Je suis très reconnaissante à nos enseignants de nous avoir fait connaître ça, de nous avoir fait sortir de notre zone de confort. Je découvre de nouveaux horizons. J'aimerai ensuite partir comme jeune fille au pair aux USA puis entamer une licence d'anglais à Brest".

 

Quentin : "En Europe, on devrait avoir les mêmes normes"

"C'est dans des circonstances comme celles là qu'on voit que l'anglais à l'école, il faut suivre". Regrets ? Quentin Quénécan, avec ses 18 ans en poche et les 7 jours passés dans une exploitation de 500 vaches laitières au Pays-Bas raconte : "J'ai cru que j'allais être l'esclave, en fait ils ont voulu tout me faire découvrir". Banco pour ce jeune apprenti initié à d'autres pratiques : "La traite sans vrai nettoyage des trayons : ils filtrent le lait avant le tank, interdit en France, il ont une tolérance en leucocytes du double de celle acceptée ici. L'alimentation est à base d'herbe fauchée, j'ai fait celle d'une parcelle de 42 ha en 6 heures 40 ! Le parage des pieds, les vaches ne sortent pas, ils sont pénalisés pour cela...". Quentin originaire de Saint Thégonnec (22), apprenti dans une exploitation laitière de 100 vaches à Pleyber-Christ, en terminale agro-équipement, a beaucoup appris et analyse. "En quatre ans, ce pays a augmenté sa production laitière de 27 %, ils nous ont noyés de lait, gagnent 250 euros des 1 000 l disent que c'est insuffisant mais n'entendent pas nos plaintes pour les 270 touchés ici. On est en Europe, on devrait avoir les mêmes normes et on aurait dû les empêcher de sur-produire" . Bilan de l'expérience ? "C'était super intéressant, on me demande de repartir, je repars", résume-t-il, enthousiaste.



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