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Ensilage, les dernières chaleurs ont dopé la maturité des maïs !

Le maïs est précoce cette année avec une moyenne de 10 à 15 jours d’avance. Les premiers ensilages ont démarré et s’accélèrent en zone précoce avec des taux de matière sèche s’étant envolés de 7 points en une semaine, chaleur oblige. Pour éviter de se faire surprendre, faire le tour de ses parcelles, analyser et planifier ses chantiers est plus que de mise.

35 ° C, lundi 28 août, 14 h10, Lanfloy. La ronde des remorques d’ensilage débute et lève la poussière dans la cour de l’exploitation laitière de Lionel Cario, sur le secteur de Theix-Noyalo (56), à proximité de Vannes. Il est temps, grand temps. "Je n’ai plus de stock d’ensilage, à peine un mètre de large. L’herbe est grillée. Je distribue la ration d’hiver depuis juin" détaille-t-il au pied de la nouvelle plateforme capable de contenir près de 54 hectares de maïs qui seront ensilés sur deux jours. Ils constituent une bonne partie du maïs fourrage de ses 100 laitières. Une situation que beaucoup connaissent sur cette frange littorale où certaines parcelles ont déjà été ensilées dès la mi-août, en chantier de soudure, pour faire face au manque de stock mais aussi pour une récolte au bon stade de la plante. "Nous avons ensilé le 23 août un maïs à 33 à 34 % de MS semé le 14 avril, avec un rendement de 14 à 15 tonnes de MS/ha. C’est pas mal pour le secteur", témoigne, satisfait, un éleveur d’Erdeven (56).

Un maïs à maturité en zone précoce

Partout, en zone littorale sud Bretagne, au sud et au pourtour de la région rennaise, c’est le même constat. Un maïs rendu à maturité, 32 à 33 % de matière sèche (cf tableau de suivi des matières sèches ci-joint issu du réseau de suivi des chambres d’agriculture), voire plus, comme le craint l’éleveur de Theix, "pas loin de 40 % sur certaines de parcelles très séchantes, les bobines pendent. Je suis habitué, je suis le premier à réclamer une réunion pour planifier les chantiers d’ensilage", pointe Lionel Cario, placé en tête de liste de la Cuma la Berricoise pour ensiler ou battre les céréales dans cette zone côtière du Morbihan. "Avec la canicule de ces derniers jours, c’est allé très vite. Tout le monde appelle en même temps. Les chantiers démarrent cette semaine. On va ensiler près de 1 000 hectares en moins de trois semaines", constate Anthony Rouillé, président de cette Cuma qui, pour y faire face, en plus de sa propre ensileuse, travaille en inter-Cuma avec la nouvelle machine acquise à ces fins par l’union départementale des Cuma du Morbihan.

Où tout devrait déjà être ensilé

"Toute la zone précoce devrait déjà être ensilée, c’est difficile d’être réactif comme il le faudrait ", convient Michel Moquet, ingénieur régional Arvalis. Car la chaleur de ces deniers jours crée quelques surprises. "En 8 jours en moyenne, le taux de matière sèche a grimpé de plus 6,7 % sur 13 résultats, c’est très rapide", note Philippe Lannuzel, conseiller agronome à la chambre d’agriculture du Morbihan. Et si l’évolution des maïs s’est accélérée, "nous avions déjà 10 à 11 jours d’avance par rapport à l’historique des 20 dernières années, tous secteurs confondus. 100 degrés-jour en base 6 d’avance, ça reste considérable", renchérit Michel Moquet qui note que l’avance gagnée, "l’a été en début de cycle, avant la floraison".

32-33 %, le bon stade, au bon moment pour un bon aliment

Avec de l’eau arrivée au bon moment, puis des températures d’août inférieures à la normale, de petites pluies régulières, "les maïs sont sortis assez beaux avec des épis bien remplis et le rapport grains sur tige est plutôt bon, contrairement à l’an passé où l’on avait du déficit en grains", observe depuis l’Ille-et-Vilaine, Lionel Quéré, conseiller agronome de la chambre d’agriculture. Reste que pour ne pas perdre le bénéfice d’une qualité qui semble au rendez-vous, "la ligne de conduite reste la même, ensiler à 32-33 % de matière sèche, ne pas attendre plus car on risque d’avoir des difficultés à tasser le silo et puis, à ce pourcentage, la valeur énergétique est apportée pour moitié par la tige et les feuilles. Au delà, la valeur alimentaire est dégradée", insiste Michel Moquet. "Allez voir vos parcelles, l’état des maïs. Voir apparaître dans le grain les trois stades de l’amidon ; laiteux en pointe, pâteux et vitreux, donne le signal", renchérissent Philippe Lannuzel et Lionel Quéré. Et tous de conseiller en cas de doute : "faites analyser, il n’y a rien de tel pour se faire une réelle idée".

 

32 rencontres MS avec BCEL Ouest

32 à 33 % de matière sèche reste la référence à retenir pour optimiser l'ingestion du maïs ensilage et sécuriser sa conservation. Pour se rapprocher de cet optimum, BCEL Ouest propose 32 rencontres où les éleveurs pourront réaliser des analyses de matière sèche sur leur maïs plante entière en apportant trois pieds de maïs représentatifs de la parcelle. L'analyse permettra de constater le degré d'avancement du maïs et d échanger avec un conseiller pour caler au mieux une date de récolte en fonction des données climatiques du secteur.

Pour retrouver les dates et lieux de ces rencontres : www.bcel-ouest.fr


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