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Ensileuses en Cuma, la récolte leur va si bien

13 ensileuses composent désormais le parc des machines de récolte des Cuma du Morbihan, dont deux pour l’union départementale. En jouant sur le décalage de maturité nord/sud du département, le matériel, mutualisé est optimisé sur maïs ou herbe. A la clé, une qualité de chantiers et des coûts maîtrisés, voire régulés.

Des écarts de maturité qui permettent la mutualisation et le travail en Intercuma pour l’ensilage de maïs et d’herbe que promeuvent les représentants de la fédération départementale
© Claire Le Clève

 

 

 

 

Coët Rivalain, Séglien. Durant 5 mois, ce modèle dernier cri, flambant neuf, est resté à l’abri après la saison. Sous le hangar de la Cuma intégrale de Saint-Jean-Breizh, forte de ses 10 adhérents pour 700 ha travaillés, Patrick Malardé, chauffeur, jette un dernier coup d’œil de connaisseur sur l’ensileuse de l’union départementale des Cuma. C’est l’une des deux que l’union possède désormais, après en avoir goûté la mutualisation avec la Vendée, en 2011, puis convaincue de l’intérêt, se lançant ensuite dans le premier achat en 2017, complété par un deuxième l’an passé.

Mutualiser grâce aux écarts de maturité

"On la partage avec le Sud. Là, elle va retourner à Noyal Muzillac. Elle nous a permis de faire nos 400 ha d’ensilage", souligne Cédric Le Floch, président de la coopérative d’utilisation de matériels de Saint-Jean-Breizh, également président de la FD Cuma, éleveur laitier en bio. "Une surface un peu juste pour envisager l’achat à la Cuma de ce type de matériel. Grâce à l’Union Départementale qui la met à notre disposition, en mutualisant, on arrive à des coûts de chantiers, tout compris avec chauffeur entre 110 et 145 euros", apprécie-t-il. "On maîtrise les coûts", assure-t-il. "On les régule même, là où il n’y a pas de groupes, les prix sont plus élevés", observe Alain Louis, président de l’UD Cuma dont la vocation "est de servir de tremplin, car en dessous de 500 ha, ce n’est pas jouable. Mais en mutualisant l’utilisation des machines, on arrive à mettre plus de volumes, et progressivement on rend l’activité possible". Comme à la Cuma Elven qui, après avoir utilisé la machine de l’UD Cuma a constitué un volume d’ensilages suffisant. Et l’an passé, fait l’acquisition de son matériel en propre.

En Intercuma aussi

A la Cuma du Sillon à Guer, "on travaille en Intercuma à six Cuma reparties entre le Morbihan et l’Ille et Vilaine. Au début nous n’avions pas assez de surfaces. Après l’achat de deux machines, nous sommes à trois maintenant, pour 1 500 ha", pointe Sylvain Rolland, cumiste, éleveur laitier à Guer. Même travail fructueux en Intercuma entre celle du Scorff, àçInguiniel, et Landévant. "C’est plus précoce chez eux. On a renouvelé notre machine en 2019 avec un nouvel éclateur gaufré et on a fait la totalité des surfaces avec ça". Soit 650 ha, apprécie Loïc Hubert, trésorier de la Cuma du Scorff. "La santé des animaux s’est nettement améliorée et on a supprimé le problème des étourneaux. Le grain est pulvérisé, alors ça ne les intéresse plus". Outre le maïs, "les équipements d’herbes acquis nous ont aussi permis d’augmenter les surfaces", reconnaissent bon nombre de cumistes présents. "Une heure de récolte d’herbe est au même tarif qu’un hectare de récolte de maïs. Soit 30 à 40 euros l’ha d’herbe récoltée. Depuis qu’on travaille ainsi, les adhérents andainent leur herbe qu’ils privilégient en inter-cultures. On a fait 700 ha en 2019", détaille Loïc Hubert. "C’est moins de plastique que l’enrubannage, c’est meilleur pour la planète et c’est moins coûteux", insistent-ils sur ce cycle vertueux,

Qualité de chantiers, du sur mesure

"Il n’y a pas que le côté tarif qui est intéressant - estime Thierry Le Corre, administrateur- il y a aussi la qualité du chantier ! La technologie est là. C’est toi qui gères suivant tes besoins. Et le message est plus facile à faire passer au chauffeur de la cuma qu’à celui de l’entreprise", renchérit-il sur des chantiers "sur-mesure" pour le rendu qualité. Une qualité aujourd’hui primordiale en matière de production laitière. "Nous avons organisé cet hiver deux sessions de formation pour les chauffeurs avec interventions des techniciens du contrôle laitier et des fabricants de nos machines pour intégrer ces aspects de qualité", pointe Dominique Guého, animateur de la FD Cuma. Des machines équipées pour la plupart d’éclateurs gaufrés spiralés qui assurent, suivant la demande, un grain éclaté et une longueur de brins variant de 6 à 25 mm, pour optimiser la digestibilité du fourrage. Alors si besoin, et avant d’investir 350 000 à 400 000 euros, "il y a un réseau, des solutions, 13 machines, dont 8 neuves, capables de répondre. Il y a du prix, de la qualité et des chauffeurs formés", plaident ces cumistes pour leurs groupes.

Claire Le Clève

 

La technologie d’éclatage des grains évolue pour une meilleure qualité de chantier et de ration.

 

 

 

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