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Entre attentes des consommateurs et revalorisation du revenu

Comment concilier attentes des consommateurs et la revalorisation des revenus des agriculteurs ? C'est autour de cette question que la FRSEA Bretagne a souhaité réfléchir lors de son assemblée générale du 29 juin à Rennes. Avec notamment les exemples de D'aucy et de C'est qui le patron ?

 

"Pour commencer, chez nous il y a ce que l'on appelle la D'aucyculture. A savoir que l'on ne met en production, que ce que l'on peut vendre", lance Serge Le Bartz, agriculteur dans le Morbihan et président de la coopérative du groupe agroalimentaire D'aucy. Pour prendre le pouls des consommateurs, la coopérative organise des comités d'orientation et possède dans ses rangs des équipes spécialisées "à l'écoute des consommateurs et de la société". La première chose pour être en phase avec ses marchés, c'est de savoir que les attentes de ses clients évoluent. Comme le souligne Juliette Rebours, de JA Bretagne, étude à l'appui, "aujourd'hui 80 % de la population vit dans les métropoles, le nombre de personnes seules augmente et de manière générale, le budget alimentation est en baisse". Des données qu'il convient de corréler avec un effet générationnel. Les attentes sont donc multiples et il est parfois difficile d'y répondre. Et ces attentes peuvent aussi s'opposer dans certains domaines. Santé, transparence, baisse de la consommation des protéines animales ou encore digital sont les moteurs actuels du changement. Prenons la thématique de la transparence, à travers la relation avec les GMS. Pour Serge Le Bartz, les temps changent : "quand je rencontre les responsables de GMS, ils sont plus dans une optique de contractualisation sur des volumes, car ils commencent à s'inquiéter d'une possible raréfaction des produits". Même son de cloche avec Philippe Leseure, directeur filières de la laiterie de Saint Denis de l'Hôtel qui met en bouteille le lait C'est qui le patron ? "Je vais régulièrement dans les boxes avec les GMS. On ne parle de prix que pendant cinq minutes et ensuite on discute cahier des charges, innovations... le lien industriel GMS nécessite une grande transparence".

 

Gagner en qualité a un coût

Mais innover et gagner en qualité a forcément un coût. Alors le consommateur est-il prêt à payer un peu plus cher ? "Pas tous !, répond Serge Le Bartz, mais la tendance est plutôt oui, pour un produit de qualité". Dans la démarche C'est qui le patron ?, c'est le consommateur lui même qui par sa réflexion est à l'origine du prix. "On a fait une enquête en 2016 sur Internet et, là, surprise, on a eu plus 8 000 réponses !", souligne Philippe Leseure. Et de poursuivre : "les consommateurs se sont appropriés le produit et ce sont eux qui en sont les ambassadeurs". Il existe donc une forme de responsabilité collective de montrer que le produit à un prix. D'ou la nécessaire attention portée sur les promotions. "Il ne faudrait pas se mettre à faire du pâturage low cost ou du équitable low cost", prévient encore Philippe Leseure. Pour le groupe D'aucy, Serge Le Bartz estime qu'il faut commencer par valoriser ce qui a été fait, savoir se remettre en question et vulgariser de nouvelles méthodes de production.

 

États généraux de l'alimentation

Tous ces sujets trouvent à juste titre un écho dans le projet de loi suite aux États généraux de l'alimentation. Les agriculteurs se sont mobilisés, avec des attentes fortes. Les débats de ces dernières semaines en laissent beaucoup dubitatifs. "Nous avons enfin eu l'opportunité de nous faire entendre et de construire des outils pour améliorer l'équilibre des relations commerciales et le retour de valeur aux agriculteurs. La loi et les ordonnances doivent stabiliser ces outils. Pourtant, on nous dit aujourd'hui qu'un accord en commission mixte paritaire du parlement le 10 juillet serait peu probable. L'applicabilité de la loi et des ordonnances pour les prochaines négociations commerciales est ainsi mise en péril, alors que c'était un engagement du Président de la République. Nous avons demandé aux députés et sénateurs de trouver un accord le 10 juillet. Un report pour de nouveaux débats après l'été serait inaudible !", prévient Thierry Coué, président de la FRSEA Bretagne. La montée en gamme, expression récurrente depuis les Etats généraux de l'alimentation pourrait même commencer à susciter des grincements de dents. "Tout ce qui sort de chez nous, c'est de la qualité", exprime un éleveur. "La montée en gamme n'est que la réalité du quotidien des agriculteurs", conclut Thierry Coué.


 

Une charte sur les produits phytos

Le 22 juin dernier, Nicolas Hulot, ministre d'Etat, ministre de la transition écologique et solidaire et Stéphane Travert, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, ont rappelé le cadre du plan d'action global pour la réduction de l'utilisation des produits phytosanitaires.

En Bretagne, une charte régionale a été signée vendredi 29 juin sur "l'engagement et les bonnes pratiques de l'usage des produits phytosanitaires pour la protection des lieux accueillant des personnes vulnérables".

Ces lieux sont définis par le code rural qui identifie les cours de récréation, les espaces habituellement fréquentés par les enfants dans l'enceinte des crèches, les haltes garderies ou les centres de loisirs, des aires de jeux destinées aux enfants dans les parcs, jardins et espaces verts ouverts au public, les centres hospitaliers, les hôpitaux...

La charte encourage la mise en place, sous l'égide des maires, de réunions de concertation locales entre les responsables d'établissements et les agriculteurs. Ces temps d'échange permettront d'expliquer les pratiques agricoles, les modes de fonctionnement des établissements et de définir des solutions adaptées au contexte local pour préserver les lieux sensibles des risques d'exposition

C'est qui le patron ?

La marque des consommateurs c'est qui le patron ? se présente comme une marque "utile et qui donne du sens à sa consommation. Une marque qui propose uniquement des produits bons, sains et responsables". Elle propose donc des produits validés en amont par les consommateurs en fonction de leurs attentes et de leurs choix réels. Comme dans l'exemple du lait, ces derniers sélectionnent les critères essentiels qui composent les conditions de fabrication du produit, en connaissance de leur impact sur le prix de vente final.
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