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Environnement ? Les agriculteurs engagés depuis longtemps !

Les agriculteurs en ont assez d'être sans cesse stigmatisés dès qu'il s'agit d'environnement. C'est la raison qui a poussé la chambre d'agriculture à rappeler que, nitrates ou phytosanitaires, les pratiques ont changé. Avec des résultats à la clé !

De gauche à droite : Sophie Jézéquel, élue à la chambre d'agriculture, en charge de la communication, Frédéric Rannou, éleveur à Pleyben, André Sergent, président de la chambre d'agriculture, et Hervé Sévenou, élu en charge de l'environnement.
De gauche à droite : Sophie Jézéquel, élue à la chambre d'agriculture, en charge de la communication, Frédéric Rannou, éleveur à Pleyben, André Sergent, président de la chambre d'agriculture, et Hervé Sévenou, élu en charge de l'environnement.
© Chantal Pape

"L'environnement ? Aujourd'hui, il fait partie de mon cadre de travail". Producteur de lait à Pleyben, Frédéric Rannou s'est installé il y a trois ans sur la ferme familiale, où il travaille avec son frère et, pour quelques mois encore, avec sa mère avant qu'elle ne rejoigne son père en retraite. A la tête d'un troupeau de 85 laitières, il s'est équipé d'un robot, pour se libérer de l'astreinte de la traite. Et il a choisi, autant que faire se peut, de transformer les contraintes environnementales qui s'imposent à lui en atouts pour son exploitation.

 

De contraintes en atouts

 

"Les couverts végétaux ? Certes, ils sont obligatoires ! Mais j'y trouve aussi un intérêt pour l'alimentation des vaches ou des génisses au printemps, et parfois même dès l'automne". Au moment de son installation, l'exploitation s'est agrandie et le nombre de laitières a progressé. Si les capacités de stockage étaient là, "car nous avions prévu cet agrandissement", les fosses ont été couvertes et les assolements modifiés pour une meilleure gestion des effluents d'élevage. "Nous avons implanté du colza, pour pouvoir vider une partie des fosses à l'automne, et des orges de printemps, pour reprendre les épandages dès le 1er février". Si c'est clairement le cadre réglementaire qui a fait évoluer leurs pratiques, les jeunes éleveurs en tirent aussi bénéfice. "Au moment du semis ou de la récolte, le travail est plus étalé, il y a moins de coups de bourre". Et mieux valoriser les effluents leur permet aussi de réduire d'autant leurs achats d'engrais minéraux.

 

Des efforts constants

 

"On n'est pas entendus, pas compris". Si les élus de la chambre d'agriculture ont décidé d'organiser un point presse sur cette exploitation, c'est, avant tout, pour mettre en avant les efforts réalisés depuis des années par tous les agriculteurs en faveur de l'environnement. Equilibre de la fertilisation grâce à des outils de plus en plus pointus, augmentation des capacités de stockage des effluents d'élevage, réduction des achats d'engrais azotés, couverture hivernale des sols, implantation de bandes enherbées le long des cours d'eau, entretien des zones humides... : les exemples ne manquent pas.

Et les résultats sont au rendez-vous ! "En 15 ans, on a assisté à une baisse de plus de 30% des concentrations moyennes en nitrates dans les rivières bretonnes, pour atteindre les 35 mg", rappelle André Sergent, le président de la chambre d'agriculture. Et de nouvelles technologies font leur apparition, qui aideront demain les agriculteurs à ajuster encore plus leurs pratiques. "Nous utilisons déjà les photos aériennes pour ajuster la fertilisation, indique Frédéric Rannou. Et une barre de guidage et un système GPS nous évitent les doublons".

 

Nitrates et phytos

 

Et ce qui est vrai pour les nitrates l'est aussi pour les phytosanitaires. "Aujourd'hui, les agriculteurs sont formés, insiste Sophie Jézéquel, en évoquant le Certiphyto, désormais obligatoire. Les pulvérisateurs sont contrôlés et les comportements ont changé". "Traiter dans des conditions optimales de vent ou d'hygrométrie permet de réduire les doses", indique Frédéric Rannou. "Et aucun dépassement n'a été constaté dans les eaux superficielles en 2013", rappelle Hervé Sévenou, élu à la chambre d'agriculture, en charge de l'environnement.

Alors, quand il entend parler de contraintes supplémentaires, il voit rouge ! "Le projet de Sdage fixe des objectifs inatteignables !" C'est d'ailleurs la raison pour laquelle la chambre d'agriculture a décidé de se prononcer contre. "Qu'on laisse d'abord le temps au milieu de réagir, avant de fixer de nouvelles contraintes, demande André Sergent. A être trop ambitieux, c'est l'activité économique qui en pâtira".

 

 

 

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