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Epandre le lisier à la buse ? Moins coûteux mais moins efficace

L'assemblée générale de la fédération départementale des Cuma, le 1e février dernier à Guissény, a permis de faire le point sur l'épandage de lisier. Buse à palette, pendillard ou enfouisseur... la future loi Prepa risque de changer la donne !

Demain, il ne sera plus possible d'épandre le lisier à la buse... Si le bruit court dans les campagnes, rien n'est encore sûr ! "La loi Prepa n'a pas été votée", précise Hervé Masserot, conseiller machinisme à la FDCuma de Mayenne. Cette loi un peu fourre-tout, qui concerne aussi les transports, l'industrie..., est en chantier depuis une dizaine d'années pour répondre à des enjeux de préservation de l'air. "Sur les 50 mesures qu'elle contient, 17 intéressent l'agriculture. Et se fixent pour objectif de limiter les pertes en azote ammoniacal dans l'air".

Concernant l'épandage des effluents d'élevage, un plan d'action devrait interdire ou limiter l'utilisation des matériels les plus émissifs. "Lors d'un épandage par buse à palette, il y a une perte de 40% de l'azote ammoniacal au bout de 6 heures, à une température extérieure de 12°, de 80% à 20°". Avec le pendillard, les pertes sont réduites de moitié, 20% à 12°, 40% à 20°, et sont quasi nulles avec un enfouisseur. "Mais pour le moment, impossible de savoir ce que la loi retiendra".

 

Raisonner à l'unité d'azote

Au moment de renouveler son parc, la Cuma de Pleyber Christ a néanmoins acheté une tonne à lisier de 18 m3, avec buse. "On pourra toujours l'équiper d'un pendillard ou d'un enfouisseur, si besoin, indique Gilles Rivoal. Notre objectif était simple : proposer le même tarif à nos adhérents, 0,65 €/m3, hors tracteur et chauffeur, même avec une tonne neuve". Un pari que la Cuma devrait réussir à tenir. "Notre volume d'activité est en hausse, le nombre de nos adhérents aussi. Et l'autre tonne est déjà amortie".

A l'inverse, à la Cuma de Rédéné, l'achat d'une tonne, pour 116 000 €, dont 26 000 € pour les rampes, va nettement augmenter le tarif de la prestation, qui va passer de 0,55 à 0,95 €, voire même 1,35 € avec pendillard. "Sur les 18 000 m3 épandus par an, un producteur de porcs en représente déjà 7 000 m3, indique Stéphane Le Boulbard, son président. Il en avait besoin pour épandre du lisier sur ses céréales".

"Plutôt que de raisonner le prix au m3 de lisier épandu, il faudrait le ramener à l'unité d'azote efficace pour les plantes, affirme Ronan Le Bourhis, le président de la FDCuma. Notre Cuma est équipée d'un pendillard depuis 15 ans déjà. Et on voit la différence !"

Malaxer régulièrement

Si la tonne à lisier de la Cuma de Rédéné a coûté si cher, c'est aussi parce qu'elle est équipée d'un surpresseur. "Mais avoir 3 bars à la sortie limite nettement les soucis de bourrage", indique Marc Guillemot, le chauffeur mis à disposition de la Cuma, et qui, avec l'expérience, arrive à estimer visuellement les lisiers qu'il vaut mieux réserver à un épandage à la buse et ceux qui pourront passer dans le pendillard.

"Pour limiter ces bourrages, il faut malaxer régulièrement les lisiers", conseille Hervé Masserot. Un malaxeur à acheter aussi via la Cuma. "Ils vieillissent plutôt bien". Des additifs peuvent aussi être ajoutés à la fosse. "Ils auront tendance à "digérer" la paille".

Le Salon aux champs en Bretagne

L'assemblée générale, le 1e février dernier, a aussi été l'occasion pour la FDCuma de revenir sur les nombreuses actions engagées l'an passé : formation des salariés, portes ouvertes Innov'action avec la chambre d'agriculture, présentation du réseau à 220 lycéens en études agricoles... "Les journées Cuma ont été consacrées au désherbage mécanique à Plouguin et Dinéault, aux lignes électriques à Locunolé, au conditionnement des endives à Plounéour Trez, au déchaumage à Plounéour Ménez et Plouzané, énumère Alain Laurec, le directeur de la FDCuma. Et des démonstrations de semis direct ont été organisées à Plouguerneau, Briec et Ploudaniel".

Cette année, la formation à destination des salariés sera consacrée aux semoirs. "Une journée très appréciée ! Elle permet de mettre en réseau des salariés qui, bien souvent, sont seuls à travailler dans leur Cuma".

Et l'un des temps forts de l'année sera certainement le Salon aux champs, organisé à Broons (22) les 18 et 19 septembre prochains. "Avec deux fils rouges, indique Roger Violant, le trésorier de la FDCuma. Les jeunes, ce qui nous a conduit à décaler le salon à la mi-septembre pour permettre aux écoles d'agriculture d'y participer. Et les nouvelles technologies".

 

 

 

 

Les Cuma en quelques chiffres

 

180 Cuma

dont 105 avec hangar

30% avec tracteur

20% avec salarié

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