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États généraux bretons : c'est fait

En plus des 14 groupes qui se réunissent sur un plan national, chaque région est invitée à apporter sa contribution aux États généraux de l'alimentation. Pour la Bretagne, ce rendez-vous s'est tenu mardi dernier à Pontivy. 150 personnes d'horizons très divers ont contribué à cette journée de travail studieuse. Le prix et la valeur des produits étaient au centre des débats. 

C'est au lycée du Gros chêne à Pontivy qu'ont été rassemblés les participants de la partie bretonne des États généraux de l'alimentation.
C'est au lycée du Gros chêne à Pontivy qu'ont été rassemblés les participants de la partie bretonne des États généraux de l'alimentation.
© Chambre d'agriculture

Pas de petites phrases assassines, pas de grands débats philosophiques. L'ambiance est studieuse et participative dans l'amphi du lycée du Gros chêne à Pontivy. Les chambres d'agriculture y ont invité tous ceux qui s'intéressent de près ou de loin à l'agriculture bretonne. La grande distribution, la transformation, les consommateurs, les industriels, les producteurs, les organismes de service, personne ne manque à l'appel.

Chiffres à l'appui, le Cerfrance présente le tableau d'une agriculture bretonne sévèrement remodelée par des années de crise. Le constat est sans appel et partagé. En quelques années, "5 milliards d'euros de revenu agricole se sont évaporés" introduit Olivier Allain, coordonateur national des États généraux de l'alimentation."On peut en appeler à l'Europe mais si l'on attend que l'Europe redevienne interventionniste, on risque d'attendre l'ongtemps". Le cadre de la réflexion est donc extrêmement large et ne doit pas se cantonner à la définition de quelques questions réglementaires.

Organiser les filières

De l'organisation des producteurs à l'organisation des filières, la question de leur fonctionnement est largement posée. Kevin Thomazo, un jeune agriculteur pointe du doigt "des hommes qui ne se parlent plus, qui ne se comprennent plus". D'une façon plus générale, le sujet de la "moralisation des relations commerciales" est mis sur la table : "Il faut se respecter pour que chacun gagne sa vie". Guy Emeriau, le représentant de Super U répond, pragmatique, "face à l'hyper concentration de la distribution, le monde agricole est totalement atomisé".

La structuration des filières est un vieux sujet mais il reste totalement d'actualité. "Aujourd'hui, la filière bio est aussi confrontée  à cet enjeu" souligne Goulven Oillic d'IBB (Initiative bio Bretagne). Il craint de voir d'autres acteurs investir dans la filière et en retirer la valeur ajoutée. Il milite également pour imaginer de nouveaux systèmes de distribution, à l'exemple des Drive ou d'Internet, pour raccourcir les circuits et conserver la valeur chez les producteurs.  Les jeunes agriculteurs demandent eux que l'Observatoire des prix et des marges soit renforcé et rendu plus utile pour les producteurs dans les négociations.

Créer de la valeur ajoutée

Didier Lucas (FDSEA 22) propose de remettre à plat la segmentation des marques et des signes de qualité pour revenir à seulement trois signes distinctifs, bio, label ou conventionnel :"le consommateur est perdu dans les marques et signes de qualité". Marcel Denieul, chambre d'agriculture 35, estime que "l'on n'a pas été assez loin dans la mise en avant et la valorisation des efforts des producteurs, ni même dans la valeur du produit au travers de cahiers des charges précis". Christian Le Nan, président de l'AOP lait grand ouest souhaite que "les producteurs reprennent en mains l'image du produit collectivement". Il propose de "créer un fonds de mutualisation pour mener des actions communes sur la valeur , l'identification des produits". Georges Galardon, président du groupe coopératif Triskalia souligne l'importance pour la production "d'accompagner le produit jusque dans les rayons" et "d'avoir son histoire à raconter".

Revoir la LME

Echanges à fleurets mouchetés sur la LME (Loi de modernisation économique), les producteurs tout comme les transformateurs soulignent les abus, ou l'application à la marge de la réglementation. La distribution se tournant vers les élus politiques indique qu'elle respecte les textes. Sous-entendu, si vous souhaitez aller plus loin, c'est maintenant à vous parlementaires de prendre vos responsabilités !

A la fin de la journée, Jean-Marc Finot, représentant de Carrefour, soulignait le fait positif d'être mis autour de la table et de se parler pour tenter de trouver collectivement des solutions.

Une synthèse des propositions sera réalisée la semaine prochaine et transmise à l'échelon national des États généraux. La prochaine date importante sera le 11 octobre, avec la prise de parole d'Emmanuel Macron, l'occasion de vérifier si ces travaux auront été pris en compte.

 


Retrouver de la valeur

La question de la valeur des produits a été au centre des débats avec la proposition de plusieurs leviers :

- redéfinir le seuil de revente à perte,

- définir de nouveaux seuils de prix rémunérant les efforts de qualité,

- sortir de la seule logique prix produit, avec une rémunération pour ses "valeurs" qualité, sanitaire, terroir, cahier des charges particuliers,

- encadrer les promotions,

- revoir les contrats et la contractualisation, redonner du pouvoir de négociation aux producteurs, organisation en OP ou AOP, organisation de la première mise en marché,

- apporter de la transparence dans les transactions, et dans la répartition des marges.

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