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États généraux : la phase concrète commence

Lancés le 20 juillet, les États généraux de l’alimentation (EGA) entrent dans une phase concrète avec le début des ateliers. Pour le ministre de l’agriculture, ces ateliers devront nécessairement renforcer la viabilité économique des exploitations agricoles et assurer un avenir aux différents modèles de production.

Stéphane Travers lors de l'inauguration du salon aux champs la semaine dernière à Lisieux.
Stéphane Travers lors de l'inauguration du salon aux champs la semaine dernière à Lisieux.
© Actuagri

L’objectif central, c’est une agriculture économiquement viable, productrice d’une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous, de refaire de la France un modèle d’avenir, et que chacun puisse avoir pleinement confiance en ceux qui travaillent la terre et qui encore aujourd’hui travaillent dur et gagnent trop peu", en présentant plus en détail le contenu des sept ateliers du premier chantier des États généraux de l'alimentation, le 28 août, le ministre de l’agriculture Stéphane Travert a insisté sur la priorité : le revenu des agriculteurs. Un chantier qui doit aboutir à des propositions pour sécuriser les agriculteurs et leur permettre, dans un deuxième temps, de réaliser les investissements nécessaires pour répondre davantage aux attentes des consommateurs en matière de qualité et de durabilité des pratiques.

Premières annonces le 11 octobre

Chaque atelier réunira 60 participants sous la responsabilité de deux co-présidents. Le ministre a précisé des questions concrètes spécifiques pour chaque atelier : quelles sont les attentes des consommateurs, sur quelle base orientent-ils leur acte d’achat ? Quels sont les freins au développement des circuits courts ? Comment mieux valoriser les déchets de l’agroalimentaire ? Comment accompagner les entreprises françaises à l’export, développer leurs parts de marché ? Comment rééquilibrer les rapports de force entre les différents acteurs de la chaîne alimentaire ?

A l’issue de cette première séquence, le président de la République Emmanuel Macron s’exprimera, autour du 11 octobre, pour annoncer les premières décisions. Ces dernières devront notamment se traduire de façon concrète avant le début des négociations commerciales entre les industriels et la grande distribution, en octobre, ce qui présage d’un timing serré.

Une consultation en ligne

Les débats seront également alimentés par la consultation publique en ligne. Trois questions ont attiré davantage de contributions : comment rémunérer plus équitablement les agriculteurs, comment accompagner la transformation agricole, et comment soutenir des modes de consommation plus responsables. Le deuxième chantier, une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous, se déroulera quant à lui de début octobre à mi-novembre.

"Nous comptons beaucoup sur ces États généraux", a de son coté réaffirmé Christiane Lambert, présidente de la FNSEA. L’organisation est en effet déterminée à faire avancer les choses.  Elle relève que même les distributeurs reconnaissent que la guerre des prix qu’ils se livrent conduit à une destruction de valeur pour l’ensemble de la filière. Il y a "un partenariat gagnant-gagnant à développer". La contractualisation doit notamment être encouragée pour rassurer les producteurs et donner davantage de visibilité.

"Les agriculteurs français ne font pas n’importe quoi, et cette irréprochabilité a de la valeur", rappelle par ailleurs Christiane Lambert. Les Etats généraux seront donc un moment crucial pour faire reconnaitre cette valeur à son juste prix.

 

"Manger local, c'est manger français"

François Valy, éleveur de porcs et responsable du groupe manger français à la FRSEA Bretagne participe au groupe de travail "développement des initiatives locales et créer des synergies". Il nous a fait part de ses impressions après la première réunion de travail, la semaine dernière. Pour lui, "tout le monde parle de qualité et de bio, mais il faudrait surtout que l'on évite d'opposer les systèmes. Il ne faut pas se tromper de combat, si le bio parvenait à 80 % de parts de marché, il aurait les mêmes problèmes que le conventionnel aujourd'hui !".

"Sur les questions de qualité, on entend les mêmes stéréotypes. Or les produits qui sortent de nos exploitations respectent des cahier des charges précis. Nous maîtrisons cette partie mais pas ce qui se passe après. Il faut arrêter la course aux prix bas et ses conséquences".

Dans ce groupe, on parlera aussi "local". "Pour nous, manger local c'est déjà manger français. Nous voulons essayer de porter cette idée. Le retour à "Martine à la ferme", ce n'est pas faisable".

 

 

Débat en Bretagne le 19 septembre

Les États généraux de l'alimentation prévoient également des débats en régions. En Bretagne, les échanges seront organisés par la chambre d'agriculture de Bretagne, en concertation avec l'Etat et la Region, le 19 Septembre à Pontivy.


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