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Etre présents dans les lieux de décision

Moins d'agriculteurs sur un territoire occupé à plus de 65 % par l'agriculture oblige à rebattre les cartes de la représentation. Car si l'objectif de prise en compte des enjeux agricoles demeure, les instances locales de gouvernance ont changé. Mieux s'organiser pour faire face à ce nouveau paysage des lieux de décision... Un exercice incontournable auquel se sont livrés les élus de la chambre d'agriculture, réunis mardi matin en session à Vannes. Un chantier s'ouvre.

 

Quand on est moins nombreux et moins disponibles, où être présents pour être plus efficaces ? La question résume à elle seule les difficultés auxquelles se confronte, dans les instances territoriales d'aujourd'hui, l'agriculture pour faire valoir son activité économique. En dépend « le développement économique tant pour les installations ou ses filières, l'aménagement du territoire avec une gestion économe du foncier en terres agricoles face à l'urbanisation, l'environnement, le dialogue et la concertation entre de multiples acteurs, l'agriculture littorale et péri urbaine », a résumé Benoît Carteau du service économie et environnement de la Chambre d'agriculture.

Y répondre tient parfois de la quadrature du cercle.

 

Choisir pour être efficace

Et pourtant, être dans ces lieux de décision, que les réformes des politiques publiques et celle des collectivités territoriales ont redessiné, est incontournable. « Ces lieux se sont multipliés, la gouvernance multi-acteurs y amenuise le poids de la profession agricole. Ils peuvent orienter les types d'agriculture dans les territoires ou réglementer les pratiques agricoles », met en Garde Yves Le Gourriérec. D'où la nécessité d'y être présents, « pour défendre les intérêts de l'agriculture, en étant et force de proposition et partenaires privilégiés des collectivités ». Mais tout en étant stratégiques, « car il y a des échelons plus intéressants que d'autres », dit en substance , Aurélie Rio. Alors, quant à devoir choisir, autant siéger dans les SAGE et les EPCI , Établissements Publics de Coopérations Intercommunales. Sous ce sigle, se regroupent les communautés d'agglomérations, de communes, les syndicats mixtes ou départementaux et intercommunaux. De 26, ces EPCI sont désormais une quinzaine dans le département du Morbihan.

 

CRDA, un réseau pour s'impliquer

Dans les 6 CRDA *que compte le Morbihan, des exemples d'organisation, se sont faits jour pour répondre à ces enjeux. Sur celui du Faouët, avec la communauté de communes du Roi Morvan, le dossier installation a été particulièrement travaillé, « il débouche sur une aide, un suivi su 3 ans financé pour les jeunes agriculteurs et la diffusion du guide des producteurs à toute la population » décrit Louis Kersulec. A Ploërmel, « notre investissement sur le dossier du développement du territoire nous a permis d'y être reconnus et d'en être les partenaires privilégiés », résume Jean Paul Touzard, président de ce CRDA . A Questembert, le travail sur le Scot Arc Sud Bretagne « a permis de faire un diagnostic précis du territoire grâce à groupe dédié et de réaffirmer que l'agriculture n'est pas une réserve foncière », prend acte Alain Guihard. Expérience positive encore entre le CRDA de Vannes et le SCOT du Pays d'Auray aboutissant  « sur la reconnaissance de l'agriculture en tant qu'acteur économique incontournable. L'habitude de travailler ensemble a débouché sur d'autres projets » analyse Evelyne Kervadec.

 

Elus parfois absents

Sur la région de Pontivy, le CRDA s'est investi avec le SAGE Blavet. « C' est un vrai parlement de l'eau », lui reconnaît GaËtan Le Seyec, cependant déçu,  « les décisions qui y sont prises ont des conséquences économiques importantes. Or nous avons assisté à l'absence chronique des élus politiques. Conséquence ? « Ce sont les membres des associations et les administratifs qui font le SCOT », s'insurge t-il en tirant la sonnette d'alarme. « On va accoucher d'une petite souris et repartir avec une consommation accru de foncier sur notre territoire », déplore t-il. Même constat pour Gwénael Corbel, siégeant à la Cle, commission locale de l'eau Blavet, « Une grande messe où les élus sont quasi absents des décisions » . Aussi invite t-il les agriculteurs à s'y impliquer.

 

Des groupes

L'idée de la mise en place de groupes « Agricultures et territoires » s'articulant avec les groupes de développement pourrait donc être une réponse à cette enjeu de représentativité de la profession agricole dans ces nouvelles instances de gouvernance. A la fois interlocuteurs professionnels pour négocier et accompagner des projets, ils en initieraient d'autres et permettraient également de coordonner l'activité des réseaux agricoles du territoire et de les impliquer dans la conduites d'actions. Tout un chantier qui s'ouvre pour la prochaine mandature .

Claire le Clève

 

*CRDA : Le Morbihan compte 6 comités régionaux de développement agricole pour lesquels le bureau de la Chambre d'agriculture désigne un représentant. Dans chacun de ces comités et pour les faire vivre se retrouvent le GVA, la FDSEA, les JA, les CUMA, Bienvenue à la Ferme et tous les groupes représentatifs organisés localement.

 

 

Entendu

 

Gouvernance : « Il va falloir redéfinir les gouvernances et garder celle sur l'agriculture. Elle ne doit pas être faite pas les associations, c'est un enjeu majeur » pour Jean Michel Choquet.

 

Fusée à 8 étages ; « Entre la commune et l'Europe, c'est une fusée à 8 étages. Dans ces communautés de territoire, c'est à nous d'y aller et de discuter avec les élus. Malgré la loi SRU qui devait densifier l'urbanisation au travers des PLU et SCOT On consomme encore trop de terres agricoles », Alain Guihard

 

Ouverture « Ces différents groupes sont ouvert à toutes les structures organisées », Yves Le Gourriérec

 

Economie : « Dans les territoires, il est important que notre agriculture reprenne sa place dans l'économie. On doit y faire reconnaître toutes les agricultures, car quelles qu'elles soient, elles ont leur place. Ce n'est pas aux élus d'imposer un type d'agriculture », Evelyne Kervadec.

 

Chambres consulaires « Agriculteurs, artisans et industriels, on a 70 % de responsables dans la gestion des territoires, travaillons avec les autres chambres consulaires... Je crois à une interactivité et a une représentation large des acteurs de l'agriculture » Gilles Thomazo

 

 

 

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