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Even, la Crêpe de Ploudaniel vient étoffer la gamme

Après l'ultra-frais et juste avant la fromagerie de l'Iroise, c'est en 1976 que la coopérative Even lance la fabrication de crêpes. Passée depuis sous le giron de Laïta, la crêperie emploie 40 salariés et fabrique 70 millions d'unités par an. Pour étoffer sa gamme, elle vient de lancer "la Ploudaniel". Petite sœur mœlleuse de la crêpe Even, elle affiche fièrement son attachement à son territoire.

Si, de l'extérieur, rien ne la distingue des autres ateliers du groupe Even sur l'immense parking de Ploudaniel, c'est à la délicieuse odeur qui flotte alentour que l'on reconnaît le bâtiment de la crêperie. Située un peu à l'écart, elle a déménagé là en 2000, quand le succès aidant, il lui a fallu plus de place pour loger ses trois lignes de fabrication.

 

Une crêpe à tremper

La crêperie a été lancée en 1976. "Et pendant vingt ans, nous avons produit une seule crêpe", rappelle Loïc Juillard, responsable activité. Adaptée au goût local, la crêpe traditionnelle Even fait un carton dans la grande distribution bretonne au point, quarante ans plus tard, d'être toujours la crêpe la plus vendue dans l'Ouest. Avec sa saveur typique biscuitée, "cette crêpe, sublimée par du beurre salée, est à tremper dans le bol du matin", conseille Anne-Laure Visseiche, chargée de communication du groupe Even. La recette du succès ? Des ingrédients simples : du lait, des œufs, de la farine, du sel. Et du beurre, qui lui donnera cette texture inimitable, quand d'autres utilisent de l'huile, moins onéreuse. Une liste courte d'ingrédients, pas de colorant ni de conservateur : autant de critères aujourd'hui attendus par le consommateur.

 

À la fraise de Plougastel

La gamme se diversifie au milieu des années 90 : pour fêter ses vingt ans, la crêperie lance la gamme "tradition bretonne" rebaptisée depuis "saveur bretonne". Produite sous la marque Paysan breton, cette crêpe plus mœlleuse, nature à ses débuts, se décline désormais en vanille, cassonade et caramel beurre salé. "Ce sont des machines différentes qui sont utilisées pour ces deux gammes", détaille Loïc Juillard. La crêpe Even n'est cuite que d'un côté quand la crêpe Paysan breton est cuite recto verso. La construction d'un bâtiment neuf, au début des années 2000, permet à la crêperie d'imaginer de nouveaux produits. Et quelques années plus tard, apparaît une gamme de crêpes fourrées. "Cette fois, il ne s'agit plus de crêpes rondes ! La pâte est cuite en continu puis roulée sur elle-même après avoir été garnie".

Emballée individuellement à même la chaîne de fabrication, les crêpes sont ensuite regroupées en sachets de six. Et les recettes se font gourmandes, avec de la fraise de Plougastel, du caramel beurre salé ou des pépites de chocolat. "Nous sommes toujours à la recherche de nouvelles saveurs", affirme Loïc Juillard, qui s'appuie sur le service R et D du groupe Even mais aussi sur des panels de consommateurs, régulièrement interrogés sur leurs habitudes de consommation et leurs souhaits.

 

Plus épaisse et plus mœlleuse

Souhaitant à nouveau élargir sa gamme, la crêperie vient de lancer "la Ploudaniel". Commercialisée sous la marque Even, c'est une crêpe plus petite, plus épaisse et plus moelleuse que sa grande sœur traditionnelle. Si ses ingrédients restent classiques, lait, œufs, farine, sucre, beurre et sel, la recette est différente. Et, dans le langage des crêpiers, il s'agit d'une crêpe "cloquée" quand la traditionnelle est "pailletée". Produite elle-aussi sans colorant ni conservateur, elle est destinée à être consommée telle quelle en toutes occasions, y compris en dehors de la maison.

Lancée il y a un mois seulement, cette nouveauté se déploie peu à peu dans les différentes enseignes de la grande distribution. "On va pouvoir tirer un premier bilan à la rentrée, estime Loïc Juillard. Mais pour le moment, on a de très bons retours des consommateurs".

 

Comme à la maison

Même si, avec ses 40 salariés, elle est aujourd'hui industrielle, la crêperie Even recherche un rendu "comme à la maison". "Nous avons mécanisé de nombreuses tâches pour faciliter le travail des équipes", explique Loïc Juillard. Mais hors de question d'aller vers une totale automatisation ! "Le contrôle visuel est aussi gage de qualité. Et nous avons multiplié les observations, lors de la préparation de la pâte, de la cuisson, du pliage, de l'ensachage...".

C'est ainsi que les crêpes mal pliées ou mal empilées sont automatiquement écartées sur "une voie de garage" et retravaillées à la main. "Et nous attachons la plus grande importance au choix des ingrédients, que nous voulons les plus locaux possible". Aucun souci pour le lait, en provenance directe des adhérents Even, ou du beurre, fabriqué par Laïta à Landerneau. Et la farine est elle aussi bretonne. "Par contre, la vanille et le chocolat viennent d'un peu plus loin...".


Fabriquées en continu

"Une fois lancées, les machines ne s'arrêtent jamais". L'usine dispose de trois lignes, pour les crêpes traditionnelles Even, les crêpes Saveur bretonne Paysan breton et les crêpes fourrées. Mises en route le lundi matin, à 4h30 ou 5h en fonction des postes, elles tournent ensuite en 3x8. "En janvier-février, sur une dizaine de semaines, l'usine fonctionne sept jours sur sept, pour faire face au pic de consommation de la Chandeleur", indique Loïc Juillard. Le reste de l'année, le plan de fabrication, établi à la semaine, va prévoir quatre ou cinq jours de travail, "avec quelques à-coups au moment de festivals, évènements ou promotions qui vont booster la consommation".

Des crêpes pour procurer de l'emploi

En 1976, Even vient tout juste de fortement moderniser ses ateliers d'ultra-frais. Les tâches étant automatisées pour réduire la pénibilité du travail, la main-d'œuvre nécessaire se trouve réduite d'autant. Mais que faire de ce personnel, désormais disponible ? Hors de question pour la coopérative laitière de licencier ces gens, parfois en poste depuis des années. C'est alors que naît l'idée d'un atelier crêpes. "Nous disposions du lait de nos adhérents, du beurre fabriqué ici. Et nous sommes dans le nord Finistère, à la forte culture crêpes, avance Anne-Laure Visseiche, chargée de communication du groupe Even, pour expliquer ce choix. On a trouvé un espace, au sein de l'usine, pour installer ce nouvel atelier". La production ne cessant de s'étoffer, la crêperie déménage en 2000 vers un bâtiment tout neuf, qui lui est entièrement dédié, toujours sur le site de Traon Bihan, à Ploudaniel, où travaillent près de 700 salariés.

 

 

La crêperie en quelques chiffres


- 40 salariés dont 32 dans l'atelier et 8 sur des fonctions support,

- 300 000 crêpes fabriquées en moyenne par jour ouvré soit 70 millions de crêpes par an dont 32 millions de Saveurs bretonnes,

- 20 millions de crêpes Even et 18 millions de crêpes fourrées.

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