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Évolution voit plus loin

Entamée en 2013 par la création d'une union de coopératives d'insémination (Genoé-Urceo-Amélis), la marche en avant d'Évolution se poursuit à grande vitesse. Ses dirigeants ont annoncé mercredi dernier la signature d'un partenariat avec le géant américain de la génétique bovine mondiale Urus.

Évolution, qui commercialise 6 millions de doses et se situe à la 7e place mondiale de la génétique bovine s'associe donc à Urus(1), le premier acteur du secteur qui est aussi et surtout le leader en génétique Prim'Holstein. Ce partenariat prouve s'il était besoin la volonté de la coopérative dont le nouveau siège est implanté à Noyal-sur-Vilaine de ne pas se laisser distancer dans la course mondiale au leadership génétique. L'ambition de ce partenariat Évolution-Urus ? Préserver l'accès à une génétique laitière de haut niveau là où elle ne serait pas accessible dans les schémas de développement classiques. Mercredi dernier, lors d'un point presse au siège du groupe qui regroupe désormais toutes les équipes de l'entreprise, Yann Lecointre, directeur général d'Évolution accompagné de Jean-Yves Dréau, directeur adjoint amont, ont situé cette opération décisive dans le contexte de la stratégie du groupe depuis sa constitution effective en 2016. Le même exercice d'explication devait être entrepris le lendemain devant les représentants des adhérents Évolution réunis en assemblée générale à Châteaugiron.

La génétique, un marché mature

Ces adhérents étaient au nombre de 30 000 en 2015, en 2018 ils n'étaient plus que 27 000. Effet mécanique de la courbe démographique agricole,"on perd trois adhérents par jour", a simplement calculé Yann Lecointre. Et si le nombre de vaches ne diminue pas aussi vite que celui des éleveurs, les responsables d'Évolution s'inquiètent aussi d'un possible manque de génisses et donc d'un ralentissement dans le renouvellement des troupeaux. Autant de constats qui font dire à Yann Lecointre que le marché de l'insémination artificielle est aujourd'hui "un marché mature et durablement à la baisse". Un marché largement ancré dans le grand Ouest sur lequel Évolution ne veut concéder aucune place à ses concurrents. "Il faut un schéma de sélection par race sur le marché français", affirme Yann Lecointre en louant à sa manière les vertus de la coopération entre les acteurs de la génétique : "S'il n'y a pas de coopération, il y aura des cadavres". Et pour le directeur général d'Évolution, les choses sont claires : "Là où nous sommes, on ne baissera pas la garde". La coopérative fait tout pour cela. Son offre unique "Horizon" proposée aux adhérents depuis 2017 en est le fer de lance. Elle a été conçue comme "un service génétique très performant et qui fait ses preuves quel que soit le système", insiste Jean-Yves Dréau, chiffres à l'appui qui démontrent que cette offre globale (intégrant la mise en place, la génétique, le suivi de gestation) est moins coûteuse que celle de ses concurrents les mieux placés, soit 8,79 euros des 1 000 litres, pour un troupeau de 100 femelles et 750 000 litres de lait, contre 9,17 euros pour le concurrent le mieux placé, 9,84 euros pour le second, et 10,38 euros pour le troisième... Et ce malgré les hausse de prix de prestations (+2 %) décidés par Évolution pour 2019, "pour rattraper les retards des années précédentes". Mais, c'est promis, il n'y aura pas de nouvelle hausse pour 2020, assure Yann Lecointre, concédant que le groupe a dû puiser dans ses fonds propres, heureusement bien pourvus, pour compenser les pertes de résultats en 2018 (-6 millions d'euros), et en 2017 (-8 millions d'euros).

Acteur global, majeur et structurant

C'est qu'il a fallu financer l'immense effort de restructuration de l'existant, opérer la fusion sociale des entreprises réunies en une seule, regrouper les équipes disséminées dans le grand Ouest en un seul lieu en l'accompagnant d'un plan social pour ceux et celles qui ne voulaient ou ne pouvaient pas suivre, le tout "sans un seul jour de grève". Désormais, il faut encore achever la reconfiguration des systèmes informatiques du groupe, qui générent 24 000 factures mensuelles aux éleveurs, pour 12 000 actes par jour. C'est en cours. Autant de chantiers menés "pour être un acteur global de la génétique et des services, un majeur et structurant", cible Yann Lecointre. "Nous devons être un partenaire significatif du progrès de l'éleveur", assure le directeur général du groupe en présentant l'autre grand chantier mené pour "construire le futur", celui de la constitution de Innoval(2) avec BCEL Ouest et GDS Bretagne et l'entrée de cet ensemble dans le capital (à 20 %) du développeur d'un outil en devenir Icownect(3). Le tout pour rassembler en une offre globale autant de services aujourd'hui encore sollicités de manière disséminée par les éleveurs. 20 % des adhérents Évolution auraient à ce jour pris ce service Icownect.

Les partenaires d'Évolution, qui fait quoi


Urus (1) : issu de la fusion en 2018 de la coopérative américaine CRI et du néerlandais Koepon, avec 32 millions de doses vendues, dont les deux tiers en génétique Holstein. L'accord de partenariat signé avec Évolution permet à Évolution de bénéficier des avancées de la génétique Prim'Holstein amériaine dont Urus est le leader et à Urus de bénéficier de la génétique Normande dont Évolution est un acteur international majeur.

Innoval (2) : filiale commune à Évolution BCEL Ouest et GDS Bretagne, Innoval mène des projets innovants au profit d’un meilleur service et d’un meilleur accompagnement des éleveurs dans les domaines du suivi du troupeau, de la reproduction et du sanitaire. Innoval commercialise l'application Icownect.

Icownect (3) est une application qui permet à tout éleveur abonné de disposer d’outils de gestion et d’aide à la décision pour gérer et piloter son exploitation en collaborant avec tous ses intervenants, partenaires et conseillers.

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