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AG de la FDSEA
"Exigeons des prix rémunérateurs

Défendre des prix rémunérateurs pour toutes les productions agricoles. Cette question d'actualité aura dominé le déroulement de l'assemblée générale de la FDSEA du Morbihan, mardi matin, à Muzillac. Un acte refondateur à l'heure où Laurent Kerlir, après 11 années à la tête du syndicat, passe le relais à Frank Guéhennec qui inscrit donc son entrée en mandat sous cette exigence.

Elle date d 'à peine deux mois. Mais
elle est déjà du passé cette toute récente et sans appel victoire
de la FDFSEA du Morbihan aux élections de la chambre d'agriculture
qui l'amène, en responsabilités, à en tenir les rênes. Même
constat pour l'imposant rapport d'activités. Car le présent s'est
imposé. "L'époque est troublée et l'élevage en danger.
Nous sommes en attente de solutions et structurelles et
conjoncturelles, urgentes, face à l'évolution du coûts des
matières premières que nous subissons dans nos exploitations
",
interpellera Frank Guéhennec en ouverture de la table ronde
réunissant à ses côtés, Christiane Lambert, 1ére vice président
de la FNSEA mais aussi Olivier Mével, enseignant chercheur,
spécialiste en communication et stratégie des filières
alimentaires et Jean Luc Lecher, du groupe Carrefour.















 








Faire appliquer les lois, se mobiliser


Pour reprendre un pouvoir économique
et de marché, Christiane Lambert insiste sur l'importance et
d'avoir des producteurs mieux organisés et de pouvoir observer coûts
et marges. Quant à l'accord du 3 mai 2011 et sa clause de rendez
vous prévue pour réenclencher les négociations tarifaires en cas
de variations excessives des prix de l'alimentation animale, s'ils
existent, "ils ne sont pas appliqués", dénonce
t-elle. Face à la dictature du pouvoir d'achat, "le
consommateur est capable de comprendre qu'en rajoutant 2 cts à la
brique de lait, on permet aux agriculteurs de vivre et aux
industriels de préserver l'emploi
". Et si pour les
participant la révision de la LME s'impose, la conjoncture, elle,
impose d'agir. Parmi les solutions envisagées, "il faut
massifier l'offre pour peser sur les prix
", répétera le
président de la FDSEA. Une forme de guichet unique que défend
également Olivier Mével, «pour renverser la structure des
marchés avec un seul vendeur et plusieurs acheteurs. C'est la
loyauté entre vous et la possibilité de voir le distributeur
ployer
». Pour Jean Michel Choquet, "on a besoin des GMS
dans les inter-professions pour définir des stratégies communes
".
Mais "pas question d'accepter l’aumône de la discorde",
distillera Frank Guéhennec à destination de l'enseigne Carrefour et
sa récente proposition sur le prix du lait. "Les réponses
doivent être apportées à toutes les productions, lait, porc,
volaille, viande bovine, lapin légumes
", prolongera-t-il,
taclant au passage les politiques. "Vous avez décidé le
démantèlement des outils de régulation. Aujourd'hui, gommez les
distorsions de concurrence, imposez la répercussion de la
volatilité, modifiez la LME
". Et d'en appeler à la
mobilisation de chacun ;



  • de l'industrie agroalimentaire,
    "nous avons un objectif commun, de rentabilité,
    d’approvisionnement du marché intérieur et de conquête de
    nouveaux marchés
    ",

  • -de l'Etat et de son
    administration sur la pression du dossier environnement, «et ces
    boulets qu'on nous accrochent au pied pour courir
    »,

  • et enfin des agriculteurs dans
    l'implication de leur réseau.





Claire Le Clève


 

Grande distribution : un nouvel ordre
mondial

Le règne mondial des distributeurs
débute grâce à un big bang, celui des accords de Marrakech en
1994. Il amorce le flux des échanges mondiaux depuis l'Asie. «Un
univers low cost qui norme les consommations», analyse, Olivier

Mevel. L'américain Walmart est le distributeur qui a inversé les
choses. "Là où les industriels choisissaient auparavant, il a
dit ça suffit, fixant la production, les quantités et les prix".
Dans ce panorama mondial, il y a un géant, walmart, et les autres,
"des nains, Carrefour à la 3 éme place, Auchan, 15 éme,
Casino, 23 éme, Leclerc 26 et système U 42 éme ». Mais ils
comptent, imposant «les prix les plus bas possible, coûte que
coûte, qui leur permettent de conserver les parts de marché. Un
processus mortifère pour l'ensemble des maillons et des
agriculteurs», décrit l'universitaire. Dans cet univers, les
consommateurs sont dépeints comme schizophrènes, balançant entre
attrait pour les prix les plus bas, « 70 % d'entre eux qui
n'ont plus le choix, 30 % l'ont encore », et les pleurs pour
les emplois perdus. Face à eux «6 supers enseignes concentrent 85 %
des achats face 3500 coopératives, 11 000 industries
agroalimentaires, 500 000 exploitations agricoles, 65 millions de
consommateurs.... ». Une situation que l'enseignant qualifie
« d'inique » dopée par « deux lois
catastrophiques, la loi Galland, scélérate avec ses marges arrières
et Raffarin, un autre scandale qui met les distributeurs en situation
protégée». Dans ce contexte de prix bas dont les «bouffées
promotionnelles ont eu la peau du hard discount, la guerre des marges
se fait sur 500 à 1000 produits de grandes marques (Coca, Nutella et
Milka). La marge elle se fait sur les produits frais et au détriment
des prix agricoles ». Ce que Serge Papin, patron de Super U
résume ainsi, rapportera Christiane Lambert : « je
rattrape la marge Coca sur la marge Coco (de Paimpol) ».

 

 

 

Encadré

 

Entendu

 

Jean Michel Choquet,
aviculteur : "En France on consomme 45 % de volaille qui
vient d'Allemagne, de Belgique et des Pays Bas importée à 4 euros
du kg quand, en parallèle, on vend à Arabie Saoudite du poulet à 2
euros.!"

 

Christophe Bobin : épicier
Mousquetaires à St Jean Brévelay "J'ai appris qu'un bon
fournisseur est un fournisseur vivant. A St Jean Brévelay, on a
intérêt à avoir une agriculture qui va bien. La LME nous empêche
de bien travailler ensemble"

 

Olivier Mevel, enseignant
chercheur
: "Je ne suis pas contre les distributeurs
mais pour une distribution loyale. Quand on voit qu'aux USA, le
premier réalise 6 000 euros au m2 de grande surface et qu'en France
cela varie de 10 000 à 15 000 euros du M2 avec des pointes à 28 000
euros pour des enseignes telles Système U, Leclerc, Auchant ou
Casino sur des zones de chalandises sans concurrence... Quand
certains distributeurs reprochent à l'agriculture d'être intensive,
leurs chiffres à eux le sont!"

 

 

 

 

 

 


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