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Export de JB en vif : une semonce aux abatteurs

Des JB bretons en vif exportés vers la Turquie. En optant pour ce débouché, Claude Henry, éleveur à Coatascorn et président de la section bovine FDSEA, veut placer les abatteurs bretons devant la réalité. Celle d'une production en panne de rentabilité.

Claude Henry, responsable de la section viande bovine de la FDSEA, dans la case des JB destinés à l'export en vif.
Claude Henry, responsable de la section viande bovine de la FDSEA, dans la case des JB destinés à l'export en vif.
© terra

C'est à la fois une action syndicale et politique qui est lancée par la FDSEA pour renverser une situation intenable. Claude Henry, éleveur de bovins en race charolaise et président de la section viande bovine de la FDSEA, a décidé de commercialiser ses JB en vif à l'export. Un acte qu'il revendique haut et fort afin d'interpeller moins son groupement de producteurs, que les abatteurs derrière (Bigard-Socopa). "45 JB sont partis la semaine dernière puis un camion cette semaine..., nous sommes en train d'organiser la filière", décrit-il. "La coopérative Agrial et une autre à ma connaissance s'y attèlent. Il y a aussi des négociants privés". Selon la FNB, le prix d'achat en ferme serait de 2,45 EUR/kg, soit 4,08 EUR/kg de carcasse (rendement de 60%) et de 2,75 - 2,80 EUR/kg (marge et perte de poids inclus), une fois les JB arrivés au port de Sète pour prendre le bateau à destination de la Turquie. "Ce sont des marchés solvables. Il y a au minimum 60 à 80 EUR par animal à gagner".

Restructurer l'aval

Au-delà du bénéfice potentiel, c'est bien un coup de semonce que le responsable professionnel veut adresser à l'aval de la filière. 3,70 EUR/kg, au mieux 3,80 EUR/kg, malgré les appels répétés et les demandes insistantes de l'éleveur auprès de son groupement, les propositions de prix plafonnent. "Les prix ne grimpent pas, alors que le coût de production d'un JB s'élève à 4 EUR/kg. Dans moins de six mois, avec l'augmentation des charges, nous serons autour de 4,30 EUR". Claude Henry veut qu'un dialogue s'instaure entre l'amont et l'aval sur le coût de revient des producteurs. "Il est hors de question que les producteurs endossent le rôle de variable d'ajustement des abatteurs. Il faut que les abattoirs se restructurent et se modernisent pour que la filière soit plus rentable et permette aux éleveurs d'y croire. Et stop au plan de relance de l'engraissement, faisons en sorte que les éleveurs en place ne se démotivent pas".

Alors que tous les indicateurs mondiaux de consommation sont au vert, les productions agricoles ne parviennent pas à faire passer la hausse des charges quand les ressources naturelles flambent (aliment, énergie...). Des céréales chères, un temps de travail important, un revenu faible (1 040 EUR/mois/UTA non salariée en moyenne)... Le syndicaliste redoute un recul de l'élevage de viande bovine en Bretagne, conséquence du manque de rentabilité et d'attrait pour les jeunes agriculteurs notamment. "Plusieurs centaines d'éleveurs partiront à la retraite dans les cinq ans. Quant aux engraisseurs, ils mettent des cultures", exprime Claude Henry. En 2011, il y a eu, en tout et pour tout, 65 installations en Bretagne. "Si les abatteurs continuent ainsi, il est évident que la raison l'emportera sur la passion".

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