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Foncier, main d'oeuvre, sur-administration...
Faciliter l'installation des jeunes

Ils ont été ingénieur en électronique, salariés en élevage ou ont juste eu le temps de finir leurs études avant de s'installer. Réunis quelques années plus tard à l'invitation de Morlaix communauté et du comité de développement, leur passion pour le métier qu'ils ont choisi est intacte. Mais ils ont profité de la présence de nombreux élus pour attirer l'attention sur ce qui les bride.

Tous deux salariés en élevage de porcs, Alain et Muriel Tourbot sont passionnés par leur métier et rêvent de s'installer à leur compte. Un rêve qui devient réalité quand ils reprennent après un tiers un élevage de 350 truies à Saint Thégonnec. "Mais l'engagement financier est très important, indique Alain. Et la conjoncture ne nous permet pas d'embaucher un second salarié alors que jusqu'à présent, ici, ils travaillaient à 4". Et, même si le couple a automatisé l'élevage, la charge de travail est lourde.

 

Payer le juste prix

 

A quelques kilomètres de là, Dominique Hélary connaît les mêmes soucis. Il a à peine terminé ses études d'ingénieur en agriculture qu'une opportunité de reprendre un élevage se présente. Il franchit donc plus tôt que prévu le pas de l'installation. Et, avec le départ en retraite de ses parents, il s'apprête à vivre une nouvelle étape. "Trouver un bon salarié qui reste sur l'exploitation est compliqué. Et comment le payer, alors que nos produits ne sont pas rémunérés à leur juste valeur ?"

 

Simplifier les règles

 

"J'ai un projet d'agrandissement". Producteur de tomates depuis 5 ans à Taulé, Guénolé Kerbrat dénonce la lourdeur administrative. "Mon épouse voudrait s'installer. Mais ça fait un an et demi qu'on y travaille, on a investi des milliers d'€ rien que pour faire des dossiers. Et l'administration a toujours à redire". Une réglementation qui étouffe aussi Alain Tourbot. "Depuis 5 ans, on n'a investi que dans la mise aux normes bien-être et l'environnement, des investissements qui ne sont pas rentables. Résultat : la production bretonne diminue, on a déjà perdu un abattoir et, dans 6 mois, un second va tomber".

 

Réorganiser le foncier

 

Ingénieur en électronique, Raphaël Cotty est venu par des chemins détourné à l'agriculture. Sur l'exploitation familiale, lait et camping à la ferme, ses parents s'apprêtent à partir en retraite et sa soeur cherche un associé pour les remplacer. "Moi, c'est l'accueil qui m'intéresse, relate la jeune femme, qui veut développer le camping mais ne trouve personne pour reprendre l'élevage... jusqu'à ce qu'elle en parle à son frère. L'idée fait peu à peu son chemin et, après avoir été salarié pendant 6 mois sur l'exploitation, il s'installe à son tour.

Mais, aujourd'hui, le foncier le bride. "Nous avons 55 ha, à moins de 2 km des bâtiments, mais très morcelés et enclavés". Et l'éleveur d'en énumérer les conséquences négatives, qu'il s'agisse d'agronomie, environnement, temps de travail, revenu... "Les animaux et les tracteurs passent leur temps à se croiser". Mais les échanges amiables ne sont pas toujours simples à mettre en oeuvre. "Je me heurte à l'opposition de propriétaires, y compris d'agriculteurs en retraite".

"94% des agriculteurs de l'Union européenne ont plus de 40 ans". A l'image d'Agnès Le Brun, maire de Morlaix et député européen, les élus de Morlaix communauté sont unanimes pour reconnaître que l'installation en agriculture est un vrai enjeu pour demain et qu'il faut tout faire pour soutenir les jeunes candidats. Mais faire bouger les lois, à Paris ou Bruxelles, s'avère bien compliqué...

 

10 ans d'aide aux JA en Pays de Morlaix

 

C'est à l'initiative de Jean-Pierre Cariou, président du Comité de développement des agriculteurs du Pays de Morlaix et Yvon Hervé, président de Morlaix Communauté, que l'aide aux jeunes agriculteurs a été mise sur les rails en 2004 sur la communauté d'agglomération. De Taulé à Plouégat Guerrand, de Carantec à Plougonven, 192 jeunes ont perçu cette aide en 10 ans, qu'ils aient ou non bénéficié du dispositif national des aides à l'installation. Actuellement d'un montant de 3050 € pour les installations en agriculture conventionnelle et 4 500 € pour le bio, elle va être portée à 3 500 € pour

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