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VIANDE BOVINE
Faut-il changer de stratégie ?

Si la conjoncture est morose en viande bovine, les professionnels envisagent des solutions pour sortir de la crise et explorent une stratégie tournée vers l'export.

Interbovi Bretagne : l'amont et l'aval de la filière bovine réunis en assemblée générale 
le 21 juin à Plérin.
Interbovi Bretagne : l'amont et l'aval de la filière bovine réunis en assemblée générale
le 21 juin à Plérin.
© TERRA

Alors que la demande des pays émergeants en viande et la concurrence des céréales en Argentine pèsent sur le prix mondial en hausse, les prix en France se retrouvent plombés par la sécheresse. Dans un contexte de matières premières chères et de trésoreries mises à mal par
4 années de crise, les professionnels d'Interbovi  Bretagne(1), réunis en  l'assemblée générale,  soulignent  "le vent de panique" qui a conduit des éleveurs à décapitaliser. Les prix qui s'étaient bien tenus au printemps 2011, 3,40 € kg pour une vache classée R, ont rechuté. "Pour les jeunes agriculteurs, c'est la crise de trop. Je suis très, très inquiet pour l'avenir de la production. Sans revenu, quel jeune essaiera de s'installer ? ", s'inquiète Jean-Louis Hervagault de la FDSEA 35, soulignant la moyenne d'âge élevée des éleveurs de bovins allaitants.



Un sentiment d'impasse


Quand le  consommateur français plébiscite le steak haché dont le volume progresse de 6%, laissant de côté les pièces nobles difficiles à écouler, quand est évoqué le scénario de découplage de la PMTVA, les professionnels sont désappointés. "Si la viande ne paie pas, les éleveurs feront du lait, du mouton ou des céréales", exprime Olivier Allain. "Si seulement on gardait des aides couplées et maintenait une politique d'aides publiques. Les solutions appartiennent à Bruxelles", partage le président de la chambre d'agriculture des Côtes d'Armor.



Valider une stratégie commune

 


Et si la filière bovine révisait sa politique à l'export. Bertrand Oudin de Blezat Consulting venu présenté une étude réalisée pour le compte de FranceAgrimer, estime que "le marché export est de plus en plus stratégique alors que le marché intérieur recherche de la vache de réforme", dit-il. "Aujourd'hui, il manque une stratégie commune à la filière". Cela impliquerait  un vrai travail de fond : augmenter la taille des ateliers d'engraissement, investir, maîtriser les coûts, concentrer une offre export... et enfin adapter l'offre à la demande. Et le chargé d'étude d'aborder avec prudence, la question de l'offre. "Le 100% race pure, est-ce la demande du consommateur ? Produire ce que le marché demande, signifie un changement des pratiques vers la production d'animaux croisés", avance ce dernier.



Animaux croisés et sexage

 

Concernant cette évolution, les avis divergent. Quand certains défendent le travail de sélection en race pure, d'autres estiment que l'on a été trop loin en matière de conformation et de poids des animaux. Faut-il faire machine arrière et revenir au croisement industriel ? Certains le pensent et estiment qu'il faut s'appuyer sur les progrès de la génomique et du sexage des semences pour coller à la demande des marchés et améliorer la rentabilité du troupeau.  Le débat est lancé.

(1) Association interprofessionnelle de la production et de l'industrie des viandes.

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