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Un troupeau, une valeur
Faut-il les assurer ?

Est-il opportun d'assurer nos cheptels ? La question a été débattue lors de l'assemblée générale du Syndicat Prim'holstein, le 31 mars dernier à Arradon. Elle a été illustrée par l'expérience de René le Fur. L'été 2008, 27 de ses vaches laitières sont mortes de botulisme. Un préjudice de 60 000 euros.

 

 

"J'ai accepté de témoigner pour que vous preniez conscience que cela peut arriver à tout le monde. Un malheureux renard ! ça nous a fait perdre 60 000 euros. Nous aurions pu faire faillite". René Le Fur n'est pas un habitué des micros, encore moins du devant de la scène. Pourtant il va raconter à ses collègues, éleveurs tout comme lui de la race Prim'holstein, un coup si dur que son exploitation de Gourin, elle aussi, aurait pu, sans assurance, passer l'arme à gauche.

 

27 vaches sur le flanc

C'est un matin de fin juillet 2008. "Je vais chercher une vache au champ, je la fais lever. Elle se recouche. Je fais venir le vétérinaire qui constate comme moi qu'elle a du mal à respirer mais que les poumons vont bien. Le soir même, elle est morte", raconte, ému, l'éleveur. Le lendemain, même scénario sur une autre de ses laitières. "On a pris la décision d'arrêter l'ensilage d'herbe, j'avais trouvé dans la dessileuse un lambeau de peau de renard". En quelques jours, 27 vaches meurent. Verdict ? "La présence du botulisme a été avérée. C'est un vrai soulagement de connaître la cause". Autre soulagement, l'assurance "coup dur", souscrite par l'éleveur. Elle intègre la mortalité de son cheptel notamment pour cause de botulisme. "Elle venait en complément de l'indemnisation du GDS, les vaches ont été estimées à 1766 euros chacune par PH F (voir encadré). Nous avons touché 750 euros du GDS et 750 de Groupama, par vache". Soit 1500 euros. Et si le contrat ne prévoyait que l'indemnisation de la perte des vaches, une avance rapide a cependant été versée ainsi que les frais d'analyses, les frais vétérinaire, la perte d'un trimestre de lait. "Nous avons été bien indemnisés, heureusement, sinon, c'était la faillite", reconnaît volontiers l'éleveur pour qui l'assurance cheptel est loin d'être un luxe.

 

Coup dur, élite, haut potentiel, des assurances et garanties multiples

Ce préjudice est assuré par de nombreux cabinets d'assurance. Celui de "Cerise" propose 2 niveaux de couverture. La première, assurance dite "Coup dur" : "le contrat ne prévoit que la perte de la vache pour cause accidentelle, et en cas de botulisme ou de salmonellose. Toutes les autres maladies sont exclues", précise ses représentants qui évaluent son coût annuel à 150 euros pour 100 UGB. L'indemnisation intervient uniquement en complément de celle du GDS pour une valeur maximale d'indemnisation de 1500 euros par vache et c'est tout à priori (sauf négociation). Deuxième formule proposée par Groupama, l'assurance "Bovin Elite". Elle concerne les vaches à haute valeur génétique (> 2000 euros), incluant une perte pour cause accidentelle ou de maladie (à l'exception de fièvre aphteuse, ESB, Tuberculose, ou abattage d'urgence). "Le contrat définit la valeur marchande de l'animal, c'est à dire d'expert", note l'assureur. Pour un animal estimé à 6000 euros, il vous en coutera 190 par an pour l'assurer à ce titre. Enfin, à l'instar de celui des Côtes d'Armor, les GDS bretons ont mis sur pied dans leurs départements respectifs, une action "Vaches à haut Potentiel" (voir terra n° 262 du 4 mars 2011, pages 10 et 11). Une formule commune à toutes les races, laitières ou allaitantes. Adhérer à l'organisme de sélection est nécessaire, "car l'Isu moyen du troupeau sert à déterminer le montant des cotisations". Son champ d'action ? "Les maladies réglementées et les plans de lutte" précise Gilbert Louarn du GDS 56 qui souligne que l'indemnisation est forfaitaire et vient en déduction des sommes versées par ailleurs au titre de la lutte contre ces maladies et d'une éventuelle valorisation bouchère. Pour un troupeau de 50 VL avec un Isu moyen de 120, il vous en coutera 311 euros.

Dans tous les cas, éplucher les contrats et les remettre à jour sont impératifs pour éviter d'avoir à payer deux fois pour les mêmes garanties. Un choix peux être à faire.

Claire Le Clève

 

Printemps du Prim'holstein 56

 

Une conjoncture bien meilleure, des résultats à Paris et Quimper que certain, pourraient qualifier d'insolents, tant l'élevage Prim'holstein morbihannais a brillé dans les récents concours 2011... "La présence de 6 éleveurs à Paris nous a permis de revenir avec deux vaches primées, le prix de championnat jeune et réserve grande championne", a salué le président du Syndicat Prim'holstein 56, Jean François Guillaume, enchainant sur la moisson en Finistère en mars avec cinq premiers prix de section, dix prix spéciaux sur treize. "Les éleveurs du Morbihan présents ont survolé le Championnat de Bretagne Prim holstein, bravo". Tout était donc réuni pour que le temps soit au beau fixe sur l'assemblée générale du Syndicat, jeudi dernier à Arradon. Y compris l'après midi et sa visite d'élevage dans cette zone littorale où le Gaec de la Ferme du Golfe permettait d'aborder et l'impératif d'intégration paysagère en zone touristique, et la gestion des effluents en milieu sensible et la gestion de trois races différentes liées au regroupement de 5 exploitations.

Le tonnerre a pourtant grondé, le matin, depuis la salle. Une fronde ? "Pas pour couper des têtes", se sont défendus ses instigateurs, une dizaine d'éleveurs, "mais pour avancer et aller de l'avant", ont-ils précisé, listant leurs remarques et lançant le débat. Un message entendu avec l'extension à 4 nouveaux membres du conseil d'administration. "Ça va nous permettre de nous réveiller", analyse Eric Joannick, administrateur, souhaitant plus "d' investissement individuel au bénéfice du collectif". Car l' engagement est de plus en plus difficile à mobiliser, n'ont pas caché les élus lassés du manque de réactivité aux propositions faites, "Notamment pour le voyage avec visites d'élevages très intéressants, on peine à remplir un minibus" regrette Fred Le Garnec.

 

Encadré

Isu 2012, une nouvelle compil'

 

En février 2012, la nouvelle compilation de l'Isu (Index Synthétique Upra) en cours devrait voir le jour après les consultations auprès des éleveurs. Ses cartes avaient déjà été rebattues en 2001 ramenant la proportion de l'Inel à 50 % et celle respective de la morphologie, de la fertilité, des cellules et de la longévité fonctionnelle à 12,5 %. La volonté d'une sélection plus équilibrée des caractères semble une nouvelle fois s'affirmer. "Ce nouvel Isu plus précis, devrait faire la part belle à la synthèse ", note Céline Laurent de Prim'Holstein France. En baisse, la production devrait être réduite à une proportion de 40 %. "Vos vaches continueront toujours à faire du lait mais seront plus fonctionnelles", assure la jeune femme. Troisième critère à évoluer, celui de la variabilité génétique de manière à y introduire "la notion d'originalité génétique", pour réduire les conséquences de la consanguinité.

L'Isu, est un index calculé par l'Inra, qui correspond à des objectifs de rentabilité de manière à optimiser la recette laitière (paie, quantité, qualité, TP, TB, cellules), diminuer les charges de structure (frais véto, mammites, vêlages...) et maximiser la production grâce à des gains de fertilité et longévité....

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