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FD tour en 10 stations

Échanger, débattre et informer, telle est l’ambition du FD tour. Pour la quatrième année consécutive, il a permis aux responsables de la FDSEA du Morbihan d’aller à la rencontre des adhérents et des non-adhérents, dans 10 exploitations. Agribashing, emploi, EGA : ces thématiques dominent comme le 2 juillet dernier à la Ruffiac, au Gaec Rio. Instantanés.

 

 

12 h 40, la Haittaie, Ruffiac, 24 ° C. Devant, une large prairie où les vaches paissent tranquillement. Derrière, la stabulation et les robots où viennent se faire traire tranquillement les laitières de la ferme. L’air frais circule abondamment sous le bâtiment du Gaec Rio à trois jeunes associés où une grande table accueille une quinzaine de convives. Martial et Sylvain viennent d’être rejoints, en décembre dernier, par Céline. Et c’est eux qui offrent une halte fraîche à la cinquième étape de ce FD tour institué depuis quatre ans autour d’un repas du midi fait de grillades et de produits locaux. Convivial est le moment même si les sujets abordés le sont moins dans le tour de table qui s’enclenche, ponctué des précisions de Frank Guéhennec, président de la FDSEA et Franck Pellerin, en charge du dossier environnement.

Ras le bol !

Yannick n’est pas adhérent de la FDSEA, pour autant, sympathisant. Il est venu, en voisin, pour dire ce qu’il ressent, "un ras le bol ! C’est comme au foot quand on a 60 millions de sélectionneurs. Là on a 60 millions de gens qui connaissent mieux l’agriculture que nous et qui nous expliquent, simplistes, ce qu’il faudrait faire ! ", s’agace l’éleveur. Sylvain de son côté s’inquiète de voir les surtranspositions réglementaires. "On nous avait promis de la simplification, mais où est-elle et ces EGA qui ne servent à rien du tout, aucun retour dans le porte-monnaie", déplore-t-il, tout à trac. Une inquiétude que partage Jean-Pierre, producteur porcin qui évoque l’accord avec le Mercosur ou du Ceta."On va accepter des quotas de bœufs qui vont arriver de pays où on autorise des produits qui sont interdits en Europe. Il faudrait qu’on lave plus blanc mais on ramène n’importe quoi ! ". Pour Pascal, c’est l’emploi. "Cette contrainte des 35 h et une fiscalité lourde sans compter la difficulté à recruter. Je prends des stagiaires et quand je leur propose du salariat, il n’y a plus personne. Il y a une déconnexion par rapport à l’entourage, les week-end, les astreintes etc. Les gars ne vont pas venir dans ce métier", pointe-t-il en terme d’attractivité. "Je n’ose même pas publier une annonce de recherche de salarié. J’ai la trouille de faire rentrer des gens malveillants ou de subir une intrusion", rapporte Emmanuel, depuis le bout de la table.

Plainte collective

Reste l’agribashing, minant : "Les gens ne connaissent rien et voudraient nous apprendre notre métier ; ça me reste en travers avec cette espèce de nostalgie pour le passé. Les tas de fumiers au milieu de la cour… Les gens sont-ils prêts à accepter ça quand le chant d’un coq dérange déjà !" s’exaspère Gilles. Comment inverser cette tendance lourde ? "Ramer dans l’autre sens va être difficile", estime un ancien exploitant. "L’agribashing, ce sujet revient partout. Les attaques sont incessantes. Nous avons eu dix cas en à peine un mois dont 5 à 6 intrusions quand ce n’est pas des panneaux mis dans nos champs "ici on cultive le cancer"", constate Frank Guéhennec, président de la FDSEA. "Si vous subissez une attaque, y compris verbale, prenez le nom et portez plainte, et signalez-le nous. Nous allons faire remonter l’information pour aller plus loin et faire une action collective de dépôt de plaintes", prévient-il. "Que cette attaque soit verbale ou morale. Les poursuites peuvent aller loin. Avec l’agribashing, on assiste à un agricide", renchérit Frank Pellerin qui constate déjà les conséquences de cette exaspération. "Sur le pays du Roi Morvan, des agriculteurs ont déjà refusé le passage de chemins de randonnées et de promeneurs sur leurs fermes, alors qu’ ils le faisaient auparavant".

Claire Le Clève

 

Frank Guéhennec :

Accroche : Avec l’agribashing, on assiste à un agricide !

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