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Directive nitrates, écotaxe, dégâts de gibier...
FDSEA et JA interpellent le Préfet

Si le 16 janvier était journée d'action nationale de la FNSEA sur la Directive nitrates, le Finistère en a profité pour passer en revue plusieurs sujets d'inquiétude.

: A la sortie de la Préfecture, le 16 janvier dernier (de gauche à droite), Philippe Quillon, FDSEA, Jean-Claude Sparfel, président du syndicat forestier, Alain Le Pape, vice-président du syndicat de la propriété privée rurale, Jean Tromeur, président de la section des Anciens de la FDSEA, Olivier Billon, président de JA, et Thierry Merret, président de la FDSEA.
: A la sortie de la Préfecture, le 16 janvier dernier (de gauche à droite), Philippe Quillon, FDSEA, Jean-Claude Sparfel, président du syndicat forestier, Alain Le Pape, vice-président du syndicat de la propriété privée rurale, Jean Tromeur, président de la section des Anciens de la FDSEA, Olivier Billon, président de JA, et Thierry Merret, président de la FDSEA.
© Chantal Pape

 

"Je ne vois pas comment la Bretagne pourra s'en sortir". Le 16 janvier dernier, c'est ensemble que FDSEA, Jeunes agriculteurs, syndicat des forestiers et de la propriété privée rurale ont été reçus par le Préfet, Jean-Jacques Brot. Et, parmi les sujets évoqués, c'est l'écotaxe qui les inquiète le plus. "En février 2009, nous nous étions battus pour obtenir la prise en compte des spécificités de notre région", se souvient Thierry Merret, président de la FDSEA, en citant la périphéricité de la Bretagne , l'impossibilité de choisir un autre mode de transport que la route...

 

Une facture de 40 millions d'€

 

Mais les aménagements obtenus à l'époque sont aujourd'hui remis en question. "Le gouvernement vient d'opter pour une simplification du système, ce qui se traduira, en Bretagne, par une contribution de l'agriculture et l'agro-alimentaire de 40 millions d'€, autant que ce qui était initialement prévu pour tous les secteurs d'activité". Une somme que l'agriculture ne pourra pas répercuter, une distorsion de concurrence supplémentaire quand, déjà, la compétitivité n'est pas au rendez-vous. "Région d'expédition, la Bretagne est la plus impactée par cette taxe, constate Thierry Merret. Nous demandons donc une exonération pour l'agriculture et l'agro-alimentaire. Et nous sommes prêts à nous battre pour que le gouvernement retire cette bêtise".

 

Un peu de bon sens

 

"En 15 ans, la concentration moyenne en nitrates a chuté de 30% dans les rivières finistériennes : elle se situe désormais à 30 mg/l, quand le seul réglementaire est de 50 mg", rappelle Olivier Billon, qui demande à ce que les efforts engagés par les agriculteurs pour préserver l'environnement soient enfin reconnus. Dans la foulée, le président des JA dénonce le 5ième programme d'action de la Directive nitrates, en cours d'élaboration. "Il prévoit des mesures déconnectées des réalités agronomiques. Et la prise en compte d'un nouveau critère, lié à l'eutrophisation marine, écarte toute possibilité pour la Bretagne de sortir de ce dispositif".

Cinq ans après la mise en place des bassins versants contentieux, la FDSEA et JA demandent également à lever toutes les contraintes pesant sur les exploitations. "Sur l'Aber Wrach, on est repassé sous la barre des 50 mg/l, indique Philippe Quillon, trésorier de la FDSEA. Et l'eau de l'Horn n'est plus pompée".

 

Réguler les choucas des tours

 

Choucas, étourneaux, pigeons, lapins, chevreuils, sangliers... : qu'elles soient protégées, classées nuisibles ou non, ces espèces causent d'importants dégâts aux cultures. "Il faut que les agriculteurs déclarent ces dégâts auprès de la chambre d'agriculture, indique Philippe Quillon. Ce sont les seuls éléments qui nous permettront de faire évoluer la réglementation". C'est notamment le cas pour le choucas, une espèce protégée depuis 1989 et en constante augmentation dans le Finistère, et que la profession souhaiterait classer en nuisible. "En attendant, il faut trouver une solution pour les réguler efficacement".

 

Non à la sanctuarisation des campagnes

 

"La mise sous cloche n'est pas une solution". La délégation a aussi dénoncé "la sanctuarisation" des campagnes, engagée par les nouvelles réglementations (Scap, stratégie de création d'aires protégées, trame verte et bleue...). "Aujourd'hui, c'est l'économie qui est menacée". Et de citer l'arrêt des travaux de la Sill, de la plate-forme de la Sica, l'invalidation du permis de construire des éoliennes de Plouvien... "Il faut remettre l'économie de production, facteur de biodiversité, au cœur des décisions".

Enfin, Jean Tromeur, président de la section des Anciens de la FDSEA, a plaidé la cause des retraités agricoles qui perçoivent, en moyenne, 715 €/mois pour les chefs d'exploitation à carrière complète, 537 €/mois pour les conjoints. "Est-il normal que leurs pensions soient en-dessous du seuil de pauvreté, 964 €/mois ? Et, pire encore, en-dessous du minimum vieillesse, 777 €/mois ?"

 

 

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