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FDSEA-JA : "avancer les pieds sur terre"

D’ici le 31 janvier, les agriculteurs-trices voteront pour les élections aux chambres d’agriculture. Qu’avez-vous envie de leur dire ? Quels sont les éléments clés de ce vote ?

Ce vote est important. Il s’agit bien sûr d’élire des représentants, mais c’est aussi un test pour le poids de l’agriculture dans notre société. Plus le taux de participation sera élevé, plus la représentativité des élus sera importante. Ils auront plus de poids pour défendre l’agriculture et les agriculteurs-trices auprès des pouvoirs publics, des collectivités et des partenaires des agriculteurs. Pour être écouté demain, il faut être bien élu. En cette période de remise en cause des pratiques agricoles, cette élection doit envoyer un signal fort, montrant que les femmes et les hommes qui font ce métier en sont fiers et se soucient de leur avenir. Ne pas voter, c’est laisser la main à nos détracteurs et à nos opposants. Nous devons, au contraire, porter haut et fort nos revendications. C’est ce que nous faisons au quotidien, avec notre réseau, du local au national. Les femmes et les hommes engagés sur nos listes souhaitent poursuivre cette mission d’accompagnement de leurs collègues face aux nouveaux défis. Agricultrices et agriculteurs, votez pour être actrices et acteurs de votre futur ! Votez JA + FNSEA !

 

Depuis quelques mois, les débats sur la future PAC inquiètent les agriculteurs français et européens. Quelles priorités défendez-vous dans ce cadre ?

Conserver le budget de la PAC est le prérequis nécessaire à une réelle ambition agricole. Il ne faut jamais oublier que la CEE a été fondée sur l’autonomie alimentaire afin d’instaurer la paix à long terme. C’est un acquis à préserver. Nous ne devons pas renier l’importance de la seule politique réellement commune en Europe. Bien entendu, l’agriculture et ses besoins ont changé et l’UE doit faire évoluer sa politique agricole pour répondre aux nouveaux enjeux. Les aides restent nécessaires tant que les prix ne sont pas à la hauteur et doivent, selon nous, bénéficier aux seuls agriculteurs qui vivent majoritairement de l’activité agricole. La PAC doit aussi permettre de mettre en place des outils et des organisations de renforcement du pouvoir de négociation des agriculteurs, leur permettant de récupérer la valeur créée par les produits de qualité qui sortent de leurs fermes. C’est la voix que nous sommes parvenus à ouvrir par le règlement européen Omnibus. L’UE doit par ailleurs se doter d’outils de protection contre la volatilité et de promotion des missions alimentaires. Elle doit apporter plus de protection contre les importations de produits ne respectant pas les normes européennes, à l’image de la nouvelle disposition de la loi française, que nous avons obtenue, interdisant la commercialisation dans notre pays des produits ne respectant pas les normes européennes. L’UE doit aussi bien mieux harmoniser les normes environnementales, sanitaires et sociales des différents États membres. Concernant la gestion actuelle de la PAC en France, elle n’est clairement pas à la hauteur des enjeux. Il n’est pas normal que le paiement des aides ne se fasse jamais à temps, alors même que de très fortes contraintes administratives et des normes très élevées sont imposées aux agriculteurs et des contrôles diligentés !

 

La question du revenu était au cœur des États généraux de l’alimentation. Quels outils faudrait-il mettre en œuvre pour améliorer le revenu ? La loi sur l’alimentation est-elle l’outil pour y parvenir ?

La loi alimentation apporte de nouveaux outils structurants : construction du prix en marche avant, meilleure organisation des filières, prise en compte d’indicateurs de coût de production dans les contrats, relèvement du seuil de revente à perte, encadrement des promotions, sanction des prix abusivement bas. L’inscription de ces outils dans la loi était une première étape indispensable à un meilleur retour de valeur vers les agriculteurs. Il faut les utiliser : construire les indicateurs de coûts de production, s’organiser en OP et AOP, négocier les contrats et signaler les pratiques abusives. Mais, nous aurons besoin de l’État pour renforcer les moyens de contrôle sur les pratiques commerciales déloyales. De vraies sanctions doivent être appliquées. L’État a les moyens de contrôler régulièrement les agriculteurs. Pourquoi ne pas mettre la même pression - et même plus - aux GMS et aux regroupements de GMS ? Par ailleurs, tout le travail de notre réseau sur l’origine et la promotion du "manger français" a eu un effet bénéfique sur l’image des produits français et oriente les actes d’achats des consommateurs, des collectivités et des distributeurs. Pour améliorer le revenu, nous devons également continuer à travailler sur la baisse des charges, sur la diminution des normes et sur la simplification administrative.

 

Les agriculteurs-trices sont souvent montrés du doigt sur les questions environnementales notamment. L’agri-bashing est à la mode, viennent s’y ajouter les attaques des anti viandes. L’élevage est-il en danger ?

L’agriculture est la profession la plus réglementée, encadrée et contrôlée. Cela va trop loin ! Nous, agriculteurs bretons, avons relevé le défi de l’environnement. Les résultats sont là. Que les pouvoirs publics le reconnaissent et nous fassent enfin confiance ! Ils refusent pourtant d’arrêter d’empiler les réglementations. C’est illisible et insupportable pour les agriculteurs, qui subissent des distorsions de concurrence. Nous plaidons pour un arrêt de cette surenchère et un passage à un système d’objectifs de résultats, permettant d’adapter les mesures aux territoires. Nous estimons qu’il faut privilégier les contrats aux contraintes, via notamment le contrat de prestation de service environnemental.

Ces derniers temps, l’anti-agriculture a pris un nouveau visage par des intrusions dans les élevages et même une incitation à la délation. Les personnes qui en sont à l’origine ne veulent pas une meilleure agriculture, mais cherchent à la détruire. C’est aussi pour cela qu’une représentation forte et efficace de notre métier est indispensable, afin de contrer ces attaques et de montrer l’importance nutritionnelle, environnementale, économique et stratégique de notre agriculture locale et française. La défense des agriculteurs-trices doit utiliser toutes les armes : scientifiques, politiques, économiques et juridiques. Il ne faut pas sous-estimer les conséquences psychologiques et techniques (normes) pour les éleveurs, qui sont les premiers touchés via la remise en cause de leur travail. Mais, il y a un danger plus global, celui de la diminution de la production française et locale et son remplacement par l’importation de produits ne respectant pas les normes que la France souhaite imposer.

 

Quelles actions clés mettrez-vous prioritairement en œuvre à l’échelle de votre chambre d’agriculture si vous êtes élus ?

Notre objectif global est d’œuvrer pour que l’agriculture retrouve la place qui doit être la sienne dans la société. En Bretagne, l’agriculture est le socle de l’économie et garantit l’équilibre territorial entre villes et espaces ruraux. C’est en maintenant des agricultrices et des agriculteurs nombreux, des filières diversifiées et dynamiques, répondant à tous les marchés, locaux, nationaux et internationaux, standards et labels, que nous conserverons cette cohésion régionale. Pour ce faire, notre priorité est de poursuivre notre travail en faveur d’un meilleur revenu pour les agriculteurs, par une réflexion sur les différents axes : volume, construction du prix, charges. Cela doit également se traduire par un renforcement de l’accompagnement des agriculteurs, technique et juridique, par le développement de la formation individuelle et collective, par l’accompagnement des jeunes de la phase de réflexion d’installation jusqu’au suivi post-installation. D’autres sujets méritent une attention particulière : l’aide à la transmission des exploitations, l’appui à la modernisation des outils de travail, l’adaptation de la fiscalité aux besoins des exploitations. Concernant l’appui au recrutement de salariés, en tant que seul syndicat représentant les employeurs agricoles, nous travaillons avec la chambre d’agriculture sur l’attractivité des métiers. Toutes ces actions méritent une présence territoriale accrue des chambres.

 

Selon vous quel doit être le rôle prioritaire des chambres d’agriculture de Bretagne, vis-à-vis des agriculteurs-trices ?

Le rôle prioritaire des chambres d’agriculture est d’assurer une présence quotidienne sur le territoire, pour défendre et dynamiser l’agriculture, être au plus proche de tous les agriculteurs-trices, répondre présent à leurs sollicitations , les aider à trouver des solutions adaptées pour pérenniser et faire évoluer leur activité. Le maillage important des chambres d’agriculture le leur permet. Elles doivent évoluer en fonction des besoins des agriculteurs, leur proposer des services adéquats au juste prix. Nous appelons d’ailleurs tous les organismes de services et de conseils à s’adapter, avec le même objectif : accompagner les agriculteurs pour les renforcer, sans faire peser sur eux des charges trop importantes.

 

Tout le monde parle du local. Comment mettre en œuvre dans une chambre d’agriculture la prise en compte des besoins et des actions locales ?

Notre projet s’appuie sur les groupes de développement qui accompagnent depuis de nombreuses années les évolutions de pratiques des agriculteur-trices. Ils sont ancrés dans les territoires et permettent l’épanouissement professionnel de nombreuses personnes. Nous continuerons à les accompagner et nous nourrir de leurs réflexions. Ces groupes sont les meilleurs outils pour répondre aux demandes locales. Avec cette organisation, nous saurons être réactifs. Dans un monde où tout va de plus en plus en vite, il faut faire preuve de flexibilité et de polyvalence. Nous sommes de plus en plus sollicités pour accompagner et conseiller les collectivités dans la mise en œuvre de projets alimentaires territoriaux (PAT) ou de plans locaux de l’agriculture.

Attention cependant à ne pas tout focaliser et tout miser sur le local. L’avenir de l’agriculture bretonne s’appuie aussi sur des filières plus longues, elles ont fait leur preuve et génèrent de l’emploi.

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