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FDSEA/JA : "on décourage le monde paysan"

EGA, DN6, lait… sont autant de sujets de mécontentement sur lesquels la FDSEA et les JA du Morbihan se sont fait entendre lors de leur conférence de rentrée, lundi dernier à Vannes avant de se faire entendre mercredi à la DDTM.

"On décourage le monde paysan", estime Frank Guéhennec, avec ses collègues de la FDSEA et des JA du Morbihan
"On décourage le monde paysan", estime Frank Guéhennec, avec ses collègues de la FDSEA et des JA du Morbihan
© Claire Le Clève

 

"On continue à malmener le monde agricole", constatent les élus de la FDSEA du Morbihan qui n’ont pas attendu la tenue du Space pour en faire la caisse de résonance de leur mécontentement. Dès mercredi, c’est aux grilles de la DDTM, puis en préfecture, qu’ils sont allés faire part de leur désappointement (lire encadré). "On sent le ras le bol et la résignation dans les campagnes", continue d’alerter Frank Guéhennec. "Pour les EGA, quand on voit la mouture qui va sortir ! Et toujours pas de réponse sur le prix", déplore-t-il dénonçant l’augmentation des coûts de production, "le carburant flambe, idem pour les aliments du bétail avec l’envol du coût des matières premières".

"Toujours pas de prix"

"Et on n’a toujours pas de prix", se désolent-ils, listant "les moins 15 centimes d’euros d’écart avec l’Allemagne en porc ou les œufs plein air qui n’ont pas trouvé le marché des consommateurs cet été", enchaîne Franck Pellerin. Quant au lait, "tous les clignotants étaient au vert, les stocks de poudre de lait s’écoulaient, la production européenne diminuait, le beurre repartait mais rien sur le prix", s’indigne Marie-Andrée-Luherne. "On est traité comme des apporteurs de minerai", résume-t-elle dénonçant chez les trois opérateurs principaux une politique qui mène "au découragement des producteurs". Et de craindre de nouveaux arrêts. "Il nous faudrait 320 euros/1 000 l pour couvrir nos charges, on est entre 315 et 317", tempête-t-elle. C’est au Space, que le syndicat est bien décidé à aller chercher des réponses auprès de Sodiaal, Agrial et Lactalis. "Nous leur avons préparé une liste de questions, on ira chercher des réponses", prévient-elle avec fermeté rappelant la signature du plan filière, il y a un an. "Ils avaient 6 mois pour le mettre en œuvre. Rien n’a été fait, on nous balade ! "

Moral en berne

Un contexte qui pèse. "L’état de notre agriculture n’encourage pas, l’année ne sera pas bonne en matière d’installations", prévient d’emblée Kevin Thomazo président des JA. 55 ont été enregistrées depuis le début de l’année. "On aura moins de 80 installations cette année. Plus ça va, plus ça baisse", déplore-t-il au regard du nombre de départs en retraite à venir, en hausse. Là aussi, ce n’est guère mieux, "avec nos 75 % de Smic pour un chef d’exploitation en retraite, à peine 850 euros, et les femmes, c’est bien moins encore. C’est à la limite de la décence", répète Jean-Paul Perray, président des anciens exploitants. "On décourage le monde paysan", estime Frank Guéhennec, qui avec ses collègues, attend des réponses.

Claire le Clève

 

Contraintes en hausse

"Pour faire disparaître les paysans, l’Administration ne pourrait pas mieux s’y prendre", tempête Franck Pellerin vice président de la FSDSEA. En ligne de mire, entre autres, la 6 eme mouture de la Directive Nitrates ratifiée fin juillet par le préfet de région. "On nous a concertés, sans effet. Les vaches vont devoir passer à la pointeuse pour aller au champ. C’est une aberration, alors qu’on est formé, apte à choisir la conduite de nos exploitations. On nous prend pour des benêts" s’insurge-t-il. "On nous demande de monter en gamme mais faire pâturer nos bêtes reviendrait à une contrainte supplémentaire. C’est une incohérence perpétuelle", illustre l’éleveur en bovin viande. "On est obligé de trouver des solutions économiques pour diminuer nos charges face à ces contraintes. L’agrandissement en est une avec les surcharges de travail que cela entraîne sans les prix au bout…". Autant de constats que les éleveurs sont venus rappeler à la DDTM puis au préfet, mercredi dernier.

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