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Femmes et hommes, agricultrices et agriculteurs, tous complémentaires

Marie-Françoise Le Bloas et Laurence Le Manac'h, groupe agriculture au féminin 29.

Après des études agricoles chacune de nous deux avons fait le choix d’aller travailler à l’extérieur. Moi, Marie-Françoise, j’ai été pendant dix ans caissière dans un supermarché tandis que moi, Laurence, j’ai été contrôleuse à BCEL (alors Contrôle Laitier) pendant douze ans. Malgré une vie professionnelle très satisfaisante, le retour à la ferme a sonné comme une évidence. Tout d’abord pour travailler avec nos conjoints, sur un projet commun, mais aussi pour disposer d’une vie de famille plus épanouissante et être au plus proche de nos enfants.

Pourtant ce retour n’a pas été si aisé que cela. En effet chacune d’entre nous avons regretté de ne plus avoir une vie sociale aussi enrichissante que lorsque nous étions salariées. La raison à cela est le fait que nous étions trop confinées dans nos exploitations respectives. Qu’à cela ne tienne, nous avons alors choisi de sortir de nos fermes, de nous former et de nous engager. Cela s’est fait sans difficulté car nous y avons été encouragées par nos maris. Par ailleurs nous avions aussi vu nos parents agir de même et progresser autant techniquement qu’humainement.

Cette ouverture vers l’extérieur nous a aussi permis de rencontrer d’autres personnes d’horizons divers et nous a aussi obligées à être au diapason des évolutions de toutes les productions et pas seulement de celles que nous pratiquions sur nos exploitations. Ça a été un "plus" pour nous et cela a eu un effet positif sur notre travail sur l’exploitation. En effet, passer du temps à l’extérieur n’est pas du temps perdu. Au contraire, c’est un investissement qui est rentabilisé et personnellement mis à profit et qui est bénéfique à notre travail sur l’exploitation et à nos vies de famille.

Pour cette raison, nous nous étonnons parfois d’entendre certaines femmes nous dire qu’elles ne peuvent sortir, pour différentes raisons, et comme elles le souhaitent, de leurs exploitations, pour se rendre en formation ou en réunion (agricole ou non). Cela peut être à la fois regrettable à leur développement personnel mais aussi à leur vie de couple et c’est contre-productif.

En effet hommes et femmes en général et, de surcroît agriculteurs et agricultrices, sont complémentaires. Travailler ensemble est une richesse et chacun apporte à l’autre et le fait évoluer dans ses pratiques et dans ses manières de penser.

Nous avons toutes les deux la chance d’avoir des filles et des garçons. Quand nous les voyons évoluer, nous sommes confiantes et heureuses de leurs investissements et intégration dans leur milieu professionnel et social. Nous nous disons que, comme nous, et peut-être même encore mieux, nos enfants seront attentifs aux autres et permettront, à leur tour à leurs propres enfants d’évoluer dans un monde plus juste où les différences homme/femme s’effaceront encore un peu plus.

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