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Filière porcine  : chaque acteur doit prendre ses responsabilités

L’action pour remonter le prix cet été a redonné un peu de souffle aux éleveurs. Obtenue dans la douleur, cette augmentation a eu le mérite de mettre en évidence ce dont les producteurs ont besoin pour dégager un revenu et investir dans la modernisation de leur outil. Mais l’apport d’oxygène a été de courte durée. Pourquoi ?

les cinq présidents des chambres d'agriculture de Bretagne Marcel Denieul, Laurent Kerlir,Jacques Jaouen, Olivier Allain, André Sergent, ,
les cinq présidents des chambres d'agriculture de Bretagne Marcel Denieul, Laurent Kerlir,Jacques Jaouen, Olivier Allain, André Sergent, ,
© terra

Parce qu’au final, le prix définitif, c’est quand tout est vendu !
C’est là que le bât blesse et c’est au MPB que la crise profondément structurelle de la filière porcine s’est exprimée.
Trois faiblesses saillantes explosent au grand jour :
- Le manque de compétitivité de notre bassin de production régional face aux bassins en développement comme l’Allemagne et l’Espagne. Sur ce point, l’Etat doit prendre ses responsabilités dans ses choix de politique économique, sociale, fiscale, environnementale, sur l’étiquetage et la mise en valeur des produits français.
- La profonde transformation du positionnement des acteurs de la filière, avec une place croissante de la distribution dans l’abattage et la transformation. Dans ce paysage agro-alimentaire, les producteurs peuvent-ils rester indépendants ou sont-ils en train de devenir des sous-traitants, n’ayant plus prise sur la formation du prix de leur production ?
- La place du marché des pièces dans la formation du prix qui interroge le MPB dans son rôle et son fonctionnement.
L’heure n’est plus aux atermoiements, ni au renvoi de responsabilités .C’est maintenant que la filière joue, avec l’ensemble de ses acteurs, sa capacité de rebond, sa capacité à rester un bassin de production d’avenir.
Dans cette perspective, l’enjeu est de préserver l’essentiel de l’intérêt d’un mécanisme de fixation des prix, un MPB modernisé sur lequel il faut débattre sans tabou ni nostalgie, et une stratégie de filière. Il faut travailler d’urgence et simultanément sur les deux axes .L’objectif doit bien être d’aboutir à un prix "le plus juste possible", permettant à tous les maillons de la filière de percevoir une partie de la valorisation finale, issue de tous les segments de marchés.
Ces démarches collectives, et désormais incontournables, pour une organisation efficiente géographiquement, en terme de segmentation, de cahier des charges, relèvent de la responsabilité des acteurs, au premier rang desquels les groupements et les coopératives.
La chambre régionale d'agriculture de Bretagne réaffirme son attachement à une référence à un système de cotation reflétant les différentes valorisations et élaboré de façon transparente. Elle exhorte les représentants des groupements de producteurs à dépasser des clivages stériles, à se grouper dans l’intérêt des producteurs, pour peser face à un aval concentré et une distribution présente dans l’abattage et qui compte les points.
Dans l’urgence -et puisque le prix final n’est connu que quand tout est vendu et trouve une valorisation- une piste basée sur un système de péréquation doit être rapidement étudiée pour traiter le problème des porcs qui tardent à sortir des élevages et mettent certains éleveurs dans de grandes difficultés techniques et économiques.
L’organisation de notre filière doit évoluer en conservant ses fondamentaux. La transparence sur les modalités de fixation du prix pour une équité des éleveurs atomisés face à la concentration des clients finaux, la capacité à peser collectivement sur la mise en marché, pour trouver la juste voie entre l’indépendance à tout crin -au risque de l’affaiblissement définitif- et la sous-traitance -sans capacité de peser et de décider- dont ne veulent pas les éleveurs . C'est à nous, acteurs professionnels responsables, que revient de réfléchir à des démarches contractuelles, à des formes de régulation privée au sein de la filière. Lucidité et responsabilité, pour un sursaut collectif au service des actifs agricoles et agro-alimentaires de notre territoire.

les cinq présidents des chambres d'agriculture de Bretagne Olivier Allain, André Sergent, Marcel Denieul, Laurent Kerlir, Jacques Jaouen

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