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Filière Porcine : l'Etat des lieux

Des élevages plus petits, travaillant plus à façon avec moins de naisseurs engraisseurs. Ces spécificités de l'élevage porcin Morbihannais peuvent-elles à elles seules expliquer ses moindres résultats ? Quels seront ses producteurs demain ? Avec quels outils et quels leviers pour pérenniser leurs exploitations ? Tel était l'enjeu de la journée porcine organisée par la Chambre d'agriculture avec enquête et table ronde.

Pour la table ronde, de gauche à droite Frédéric Daniel, secrétaire général des JA, Michel Guernevé, président de la CecabThierry Coué, responsable Porc FDSEA du Morbihan,Christophe Chrétien, directeur de Sanders Bretagne, Fortuné le Calvé, président d'Aveltis
Pour la table ronde, de gauche à droite Frédéric Daniel, secrétaire général des JA, Michel Guernevé, président de la CecabThierry Coué, responsable Porc FDSEA du Morbihan,Christophe Chrétien, directeur de Sanders Bretagne, Fortuné le Calvé, président d'Aveltis
© claire leclève

 

Un revenu par uth inférieur de 12,5 % pointé en 2009 ."Il nous fallait regarder de plus près ces résultats morbihannais si l'on veut que la production reste sur le département" a pointé en préambule Yves Le Gourriérec, en accueillant à St Allouestre, mardi dernier, une des rares journées thématiques de la chambre consulaire dédiée à la production porcine. L'enquête menée (lire ci contre) a permis de souligner des enjeux fondamentaux. Parmi ceux ci, la transmission. Elle concerne près de 18 % du cheptel de truies d'ici à 5 ans. Mais c'est encore l'absence de successeur pour de petites unités auquel s'ajoute la mise au normes bien-être. Moins du quart des producteurs l'ont réalisée... Ce sont autant d'enseignements pour imaginer ce que devrait être le modèle d'élevage vers lequel Le Morbihan a intérêt à tendre. "Il sera écologiquement intensif", plaide Thierry Coué. "Il devra répondre au besoin de travailler à plusieurs également, pour relever le défi de l'investissement et du capital très lourds", enchaine Christophe Chrétien, directeur de Sanders Bretagne. Lié au sol ? "Le sol n'est pas extensible" estime fortuné Le Calvé qui refuse cependant une partition géographique de la localisation des élevages. Au vu des nouvelles normes en vigueur sur l'azote ou le phosphore, une concurrence sur les terres épandables pourrait de voir le jour. Le traitement collectif, dans cette perspective, est une solution. Si la voie naisseur-engraisseur séduit par sa capacité à solutionner le problème de l'approvisionnement en porcelets, encore faudra -t-il être en capacité de se regrouper autour de maternités collectives. Quant à la question de la volatilité des matières premières, indexation ou contractualisation pourraient être envisageables.

 

Augmenter la production ?

Mais voir la production baisser jusqu'à 20 % dans les prochaines années ? "Je ne m'y résouds pas", annonce clairement Thierry Coué, producteur de porc et responsable du dossier à la FDSEA du Morbihan, "on arrive à maintenir la production malgré toutes ces barrières, notamment environnementales", note-t-il regrettant une perte de compétitivité à l'aval de la filière dans les outils d'abattage. Gérer la récession avec des charges fixes qui augmentent quand parallèlement l'abattage s'effrite de 2 à 3 % , tous les ans ? Comment dans ce contexte espérer restaurer la compétitivité de la filière bretonne ? "C'est impossible", prévient d'emblée Michel Guernévé, président de la CECAB et producteur de porcs à Loqueltas. Fermer un abattoir ? "Un plan de restructuration de 700 personnes, c'est 40 millions d'euros. Je vais tout faire pour que cela ne soit pas chez nous", prévient-il invoquant les 60 millions de fonds en propre de la Cecab. Il n'est pas prêt à les mettre dans la balance. Sa solution ? "Augmenter la production", propose-t-il un brin provocateur, avec pour objectif de saturer les outils de la filière. "Le développement est un mot tabou, mais si on a réglé nos problèmes d'environnement, pourquoi ne pas développer la production " estime--t-il.

 

Claire Le Clève

 

 

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