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Franc dialogue entre riverains et agriculteurs sur l'usage des phytosanitaires

Suite à plusieurs plaintes d'habitants, la commune de Thorigné Fouillard (35) a organisé une réunion entre agriculteurs et riverains, en y associant la chambre d'agriculture de Bretagne, dans une volonté de dialogue et d'échanges constructifs autour de l'utilisation des produits phytosanitaires.

© Terra

La présence de pulvérisateurs dans les champs suscite de plus en plus d’inquiétudes chez des riverains vis-à-vis des produits phytosanitaires utilisés. La chambre d’agriculture reçoit des appels téléphoniques de plus en plus nombreux d’habitants inquiets pour leur santé et celle de leur entourage. Des collectifs de défense des victimes des produits phytosanitaires se créent. Les services techniques des municipalités sont également interrogés par des habitants sur les pratiques agricoles, notamment  sur les usages des produits phytosanitaires et leurs risques pour la santé. L’ensemble de ces interrogations participe à créer un climat de suspicion : les agriculteurs ont l’impression d’être montrés du doigt dès qu’ils sortent leur pulvérisateur, les riverains ont le sentiment d’être en danger.

Expliquer les pratiques agricoles

Les chambres d’agriculture de Bretagne interviennent souvent dans un rôle de médiation entre des riverains inquiets pour leur santé et des agriculteurs conscients de la dangerosité des produits et utilisateurs de produits phytosanitaires dans un cadre professionnel. Exemple le plus récent à Thorigné-Fouillard : suite à de nombreuses plaintes de riverains et des demandes d’habitants membres de l’association "Phyto victimes", la maire Pascale Jubault-Chausse a organisé une réunion de concertation le 26 avril, entre les agriculteurs habitants de la commune, les membres de l’association "Phyto victimes" et le comité consultatif de développement durable composé de citoyens et d’élus. Elle a demandé à la chambre d’agriculture une intervention sur la règlementation en vigueur et les pratiques agricoles. Avant cette réunion, les agriculteurs concernés ont exprimé le besoin de se fédérer pour partager leurs opinions et parler d’une seule voix dans un esprit collectif et pédagogique, aidés du réseau syndical FDSEA 35 et JA.

"Si on traite la nuit, ce n’est pas pour se cacher parce qu’on utilise des produits dangereux ou interdits comme je l’ai déjà entendu, explique un agriculteur. C’est pour favoriser l’efficacité du produit et profiter de l’humidité et de l’absence de vent".  Et à propos de la demande faite par l’association Phyto victimes sur l’envoi de SMS à une personne ressource par l’agriculteur dès qu’il envisage de traiter, la réponse a été : "On peut comprendre la demande qui semble facile mais dans la pratique, c’est ingérable. Parfois, nous pensons intervenir sur la culture et les conditions météorologiques (hygrométrie, vent) ou l’état sanitaire (pression maladie) ne justifient plus le traitement. Ce qui ferait des envois de SMS inutiles, nombreux et inadaptés", explique un agriculteur.

Des pratiques qui évoluent et vont au-delà de la réglementation

"Nous utilisons des produits phytosanitaires non pas pour le plaisir mais pour garantir une rentabilité technico-économique de nos cultures. Cette utilisation est réglementée et contrôlée", rappelle un agriculteur. "Nous allons même au-delà, je suis engagée en MAE (mesure agri environnementale) pour réduire leur utilisation, je réduis les doses, je me forme à des techniques alternatives (telles que le désherbage mécanique, la lutte biologique avec prise en compte des auxiliaires). Faites-nous confiance", insiste une agricultrice. "Nous utilisons plusieurs leviers agronomiques avant la chimie (le choix de la variété, les rotations). Préférez-vous qu’on passe une seule fois sur nos cultures avec une dose plus importante ou plusieurs fois à micro doses dans une logique de réduction ?", interroge un autre agriculteur. À la demande de création d’une bande de 50 mètres sans traitement entre un verger et les habitations par Phyto victimes, la municipalité s’est engagée à replanter une haie de séparation. "Nous étions là avant les lotissements, ce n’est pas à nous de reculer mais aux futurs projets d’intégrer cette bande tampon", ajoute une agricultrice. L’ensemble des échanges s’est fait dans un esprit constructif animé par la maire de Thorigné qui a rappelé : "Pour construire, il ne faut pas s’opposer. Il faut concilier la santé des habitants avec le maintien de l’économie agricole sur la commune et les emplois qui en découlent".

Avoir un esprit constructif et pédagogue

Il est difficile d'avancer dans l’opposition frontale, le déni des questions soulevées ou le discours culpabilisateur. À l’échelle d’un territoire, l’écoute mutuelle, la pédagogie, l’échange respectueux des personnes, sont plus efficients. Dans cet esprit, la chambre d’agriculture répond aux nombreuses questions de riverains inquiets désireux de mieux comprendre les pratiques agricoles liées à l’utilisation des produits phytosanitaires.

 

 

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