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Gaevol, coup de chaud sur les aides

Depuis la reprise des outils bretons d’Avril par LDC, Gaevol est devenu le principal fournisseur du groupe en Bretagne. Pour répondre à la spécialisation des outils d’abattage, l’évolution de la production de poulets lourds se poursuit au détriment du tout venant. Contrepartie, des volailles plus fragiles, notamment à la chaleur.

Lors de l’assemblée générale du Gaévol à Josselin avec Stéphane Athimon, directeur,  Stéphane Dahirel, président du groupement, Jérôme Moy, vice-président, Véronique Thomas secrétaire et Jean-Philippe Grissault, trésorier.
Lors de l’assemblée générale du Gaévol à Josselin avec Stéphane Athimon, directeur, Stéphane Dahirel, président du groupement, Jérôme Moy, vice-président, Véronique Thomas secrétaire et Jean-Philippe Grissault, trésorier.
© Terra

Avec une progression de 4,5 % en 2017, le parc des éleveurs adhérents à Gaevol, sur les 18 départements de sa zone de production, est proche d’atteindre le million de mètres carrés. "La stratégie de développement est basée sur la construction de bâtiments en neuf et l’accompagnement de jeunes éleveurs répondant au cahier des charges", a rappelé Stéphane Dahirel, président du Gaevol, vendredi dernier à Josselin (56) à l’occasion de l’assemblée générale de l’organisation de producteurs. Elle est adossée au groupe Sanders-Avril et à LDC. 16  jeunes aviculteurs se sont ainsi installés l’an passé sur 39 300 m². Seuls huit ont construit leur bâtiment en neuf sur 20 180 m². En deçà de l’attente qui est forte, plus forte que les réalisations, pour répondre à l’enjeu démographique du renouvellement des éleveurs. "24,4 % de nos producteurs ont plus de 55 ans et 50 % ont aujourd’hui 50 ans dans le groupement en Bretagne", répètent depuis plusieurs années les administrateurs inquiets de l’accentuation de cette pyramide des âges.

 

La péréquation prend chaud

Reste la réorientation de la production pour faire face aux attentes des abatteurs, notamment du groupe LDC depuis la reprise des outils d’abattage d’Avril, en 2015. Une spécialisation qui se lit sur la progression de production de poulets lourds sexés, passée en deux ans de 44 à près de 62 millions, soit + 40 %. Cette évolution est faite au détriment du poulet tout-venant qui régresse passant de 22 à 13 millions sur cette même période. Une érosion est également constatée en dindes, canards et  pintades. Une spécialisation dont la médaille a son revers. "Nos poulets sont de plus en plus fragiles", ne cache pas le président du groupement à l’évocation d’épisodes sanitaires liés à l’histomonose et des coups de chaleurs de l’été 2017, entraînant "le dérapage de nos caisses sanitaires et coups de chaleur, déjà dégradées, et donc un moratoire des aides", regrettera le président de la section bretonne, aviculteur à Lanouée (56). "Une réflexion est en cours mais ce que nous pouvons maîtriser, c’est l’équipement, nous allons en tenir compte à l’avenir", n’a pas caché Stéphane Dahirel, invoquant la révision du calcul des cotisations à venir. "Il y a des choses à faire en amont, c’est de régler ses bâtiments en situation de coups de chaleur", enjoint-il pour éviter étouffements et mortalités qui pèsent sur la sinistralité, les caisses de péréquation et dégradent les résultats.

 

…laborés, le vent en poupe

Reste la nécessaire rénovation du parc. Et pour ce faire, Sanders a mis la main à la poche prenant le relais pour le versement de plus de 340 000 euros d’aides à la rénovation. Côté modernisation, 32 dossiers ont pu bénéficier des aides du PCAEA (plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles) pour un montant de près d’un million d’euros portant essentiellement sur des bâtiments neufs, des sols béton (gage de réduction des pododermites) ou l’éclairage naturel."Nous suivons de près ces enveloppes allouées", pointent les administrateurs qui se sont félicités que l’agriculture et l’élevage redeviennent une priorité. "La tenue des États généraux de l’alimentation en est la preuve", n’a pas manqué de souligner Stéphane Dahirel justifiant ainsi l’intervention de Vincent Chatellier, chercheur à l’Inra, sur "l’agriculture française et la filière volaille de chair à l’heure des EGA".

Une priorité à l’heure où la consommation globale de viande en France a poursuivi son repli en 2017, avec moins 3,2 % en bœuf, et moins 5,2 % en porc frais. Ainsi, le gain de 0,1 % de consommation en poulet (contre moins 4,5 % en dinde) peut apparaître comme un signal fort de l’intérêt pour cette viande. Reste un signal plus fort encore, celui de la progression globale des produits élaborés, de plus 0,7 % en boucherie et de plus 2,9 % en volailles qui signe une tendance de fond. Ces chiffres sont perçus comme autant de lueurs d’espoir si ce n’était en parallèle la baisse de 4,8 % des exportations en poulet en 2017et l’augmentation inquiétante des importations poulet, de plus 4,1 % l'an dernier.

 

Gaevol en chiffres

453 éleveurs adhérent à Gaevol pour 850 bâtiments et près d’un million de m² (955 484 m²) dont 308 producteurs pour la section Bretagne qui regroupe 763 076 m² sur 632 bâtiments soit 79, 9 % du parc (116 producteurs en Côtes d’Armor, 111 en Morbihan, 62 en Finistère et 38 en Ille-et-Vilaine). La surface a progressé de 4,5 % en 2017.

Sur l’ensemble des 18 départements, 61,6 millions de poulets lourds sexés ont été produits, 13,3 millions de poulets tout-venant, 3 millions de dindes, 1,3 de canards, 0,23 de pintades.

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