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Gaevol : "La compétitivité se gagne ensemble"

A plusieurs reprises, il a été question de compétitivité à l'assemblée générale du groupement des éleveurs de volailles Gaevol, vendredi dernier à Pontivy (56). D'une compétitivité à reconquérir, sur l'ensemble de la filière.

Stéphane Athimon, responsable volaille, et Stéphane Dahirel, président du Gaevol.
Stéphane Athimon, responsable volaille, et Stéphane Dahirel, président du Gaevol.
© Audrey Dibet

Avec maintenant près de la moitié du poulet frais consommé en France importée, il est temps de regagner de la compétitivité, notamment face à une volaille allemande qui ne cesse de gagner du terrain sur notre territoire. Cette compétitivité passe par une modernisation des élevages que le Gaevol encourage fortement : en 2011, 77 élevages ont bénéficié des aides à la rénovation, attribuées par le groupement sur la base de 15% des travaux réalisés, pour un montant d'aides total de 362 000 €, soit dix fois plus qu’en 2009. "C’est un très gros effort financier pour contribuer aux performances d’élevage", souligne Stéphane Athimon. Ces trois dernières années, 40% du parc du Gaevol ont travaillé sur les économies d’énergie, 20% sur l’isolation des bâtiments, et 20% en s’équipant d’échangeurs de chaleur.

Les performances ont continué leur progression en élevage en 2011 ainsi qu’en ce début d'année. Avec une amélioration des indices de consommation mais surtout une hausse des poids moyen à l’abattage en dindes et poulets, les marges PA affichent 9,01 €/m²/bande en poulet, 10,72 en Princior et 22,04 en dinde.

La compétitivité se gagne aussi à l’aval. Boscher dispose d'un outil récent où 30 millions avaient été investis en 2008, avec aujourd'hui des rendements matière intéressants sur le poulet Princior. La dinde est en train de suivre la même voie de l'alourdissement : "en cinq ans, on a gagné 3 kg de viande noble grâce à la génétique et à l'amélioration des performances d'élevage", se félicite Claude Guillesser, directeur de RVE.

 

Les pododermatites, critère d'avenir

Le Gaevol se situe dans une filière disposant d'un "leadership en France sur la viande de filet de poulet ", souligne Eric Philippe, directeur du groupe Glon Sanders. Un de ses prestigieux clients, Mac Donald's, inclut aujourd'hui le critère des pododermatites au cahier des charges. "Quoi qu'on en pense, c'est un moyen de mesurer le bien-être. Et notre client ne fait qu'anticiper la réglementation en train de se définir dans les instances européennes", justifie le président du groupement, Stéphane Dahirel. Il faut reconnaître que nous ne sommes pas bons sur ce critère. Pourquoi les allemands y arriveraient et pas nous ? La compétitivité se gagne ensemble", ajoute-t-il, persuadé que des changements doivent être réalisés en élevage. "Une qualité de litière fine, une ventilation approchant les 1m3/h/kg au démarrage, un sol bétonné sont un facteur d'amélioration des pododermatites", détaille ensuite Nicolas Quilleré. L'animateur technique évalue le retour sur investissement à 6,5 ans d'un sol bétonné à 20 €/m² qui offre en outre confort de travail et gain de temps.

 

Audrey Dibet

 

Repères

La section bretonne du Gaevol représente 286 éleveurs pour 565 000 m², soit 76% du parc bâtiment de l’ensemble du groupement. A 745 000 m², les surfaces ont progressé de +4% en 2011 par une hausse du nombre d’adhérents, actuellement de 426 sur le grand Ouest.

La production de poulets a sensiblement augmenté en 2011 : +10% pour les poulets Princior tout venant (18,4 millions) et +4% pour les sexés (37,9 millions), à destination des abattoirs Keranna et Boscher volailles. La dinde recule (3,1 millions, -9%) en raison de difficultés à répondre aux plannings de l’aval. La pintade reste une production mineure (810 000) mais en forte progression (+76%). Le canard de Barbarie (1,4 million) concerne très peu la Bretagne.

2012 a démarré sous des auspices moins favorables avec des vides plus longs ce premier trimestre, mais "les plannings repartent à la normale dès le 1er avril", assure Paul Lopez, directeur de Keranna et Boscher Volailles.

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