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Glanage ou paniers de la mer : quand récup' rime avec solidarité

Développement durable oblige, l'heure est à la lutte contre le gaspillage. Et quand elle peut aider les plus démunis, c'est encore mieux ! Chacun à leur manière, c'est ce que font le Glanage solidaire en Ille et Vilaine et les Paniers de la mer, au Guilvinec, en récupérant l'un des légumes l'autre des poissons et en les redistribuant aux associations d'aide alimentaire.  

En Ille et Vilaine, le glanage solidaire a démarré en 2015. "C'est une vieille pratique, explique Solenne Geffroy, présidente de l'association qui l'a mis en place. Elle consiste, après récolte, à ramasser à la main ce qui a été laissé sur le champ". En le remettant au goût du jour, le pôle ESS, économie sociale et solidaire du pays de Saint Malo, en partenariat avec les agriculteurs, via la chambre d'agriculture et le relais Solaal Bretagne, a fait d'une pierre deux coups.

"Les légumes récupérés sont ensuite distribués aux associations d'aide alimentaire". Et, parmi les bénévoles qui interviennent sur les chantiers de récolte, on trouve aussi des bénéficiaires de cette aide alimentaire. "En plus de créer du lien social, ces chantiers leur permettent d'être acteurs de l'aide".

L'idée a essaimé dans le pays de Rennes et des contacts ont été pris dans le Finistère, où pareille initiative devrait aussi voir le jour. "Il faut d'abord lever les réticences des producteurs, explique Solenne Geffroy. Ils ont peur qu'on abîme leur outil de travail". Une charte permet de cadrer l'intervention des bénévoles. "Et très vite, un lien de confiance se tisse".

Un chantier d'insertion

Créés en 1997 au Guilvinec, les Paniers de la mer comptent désormais cinq antennes, avec Boulogne sur Mer, Lorient, Saint Malo et Fécamp. Comme pour le glanage solidaire, les objectifs sont multiples. "Nous récupérons les invendus des criées, détaille Jean-Marie Le Buan, directeur de la fédération nationale. Les poissons sont travaillés par des salariés en insertion. Ils sont ensuite congelés pour être revendus à 2 €/kg, quelle que soit l'espèce, à des associations d'aide alimentaire".

Les contrats d'insertion, 6 mois renouvelables, permettent de remettre le pied à l'étrier à des gens parfois très éloignés du monde du travail. Et avec 63 postes conventionnés, ce sont 100 à 150 personnes qui, tous les ans, passent par les chantiers d'insertion.

"Leur contrat est de 26 heures par semaine, dont 3 heures d'accompagnement, durant lesquels nous leur proposons une aide à la rédaction de CV ou des simulations d'entretien d'embauche, indique Sébastien Pétillon, responsable du site de Penmarc'h. Nous voulons aussi leur donner une meilleure connaissance du territoire, en organisant des visites d'entreprises. Cela peut leur donner des pistes pour un futur emploi".

280 tonnes de poisson

Sur leurs cinq sites, les Paniers de la mer collectent tous les ans 280 tonnes de poisson. Une fois transformés et surgelés, 150 tonnes sont vendus auprès de 128 associations, dans une cinquantaine de départements. Une offre loin de satisfaire les besoins puisqu'on estime à 8 millions le nombre de Français souffrant de précarité alimentaire, dont 5,5 millions bénéficiant de l'aide alimentaire.

"On cherche maintenant à s'implanter à Rungis, rajoute Jean-Marie Le Buan. Là aussi, il y aurait beaucoup de poisson à récupérer". Pour augmenter ses tonnages, l'association voudrait également travailler le report, ce poisson congelé quand les apports sont trop importants, avant d'être revendu.

 

Le gaspillage alimentaire en quelques chiffres

En France, tous les ans, on estime le gaspillage alimentaire à 10 millions de tonnes :

- 32% au niveau de la production (aspect, calibre, conservation, stockage, surproduction, manque de circuits de valorisation...),

- 21% lors de la transformation (tri, stockage, process, recettes...),

- 14% lors de la distribution (prévision de ventes, gestion des rayons...),

- 19% pour la consommation domestique (conservation des produits, restes d'assiettes et de plats...)

- 14% lors de la consommation hors foyer (prévisions des ventes, portions non adaptées...)

 

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