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GMS, comment garnir les rayons de produits français ?

Dans le cadre de la démarche "Manger français", portée par la FNSEA, et alors que le décret obligeant les entreprises à indiquer, sur les emballages, l’origine des produits transformés contenant de la viande et du lait est entré en vigueur depuis le 1er avril, la FRSEA Ouest et JA Bretagne ont organisé des visites d’exploitations à destination de la restauration commerciale, des grossistes, GMS et commerçants.

"Notre action sur le "Manger français" a débuté il y a environ deux ans maintenant et on s'est très vite rendu compte lors des échanges avec les opérateurs, du fossé qu'il pouvait y avoir entre les discussions et les réalités", rappelle Thomas Vivien, membre des Jeunes agriculteurs. Après avoir été sensibiliser les écoles, les collectivités locales et la restauration collective, le syndicalisme a souhaité aller plus loin en invitant les responsables de la restauration commerciale, les grossistes et les GMS à venir échanger sur les problématiques agricoles, en découvrant, par la même occasion, les productions et les exploitations "en vrai". Porcs sur paille, viande bovine, lait, tomates sous serres, dinde... Au total huit fermes en Bretagne, soit deux par département, ont ainsi servi de support à ces rencontres organisées tout au long de la semaine dernière. A l'image de la visite organisée le jeudi 6 avril au Gaec Vionay, à Servon-sur-Vilaine (35). Une exploitation qui fait du lait, de l'engraissement de porcs. Visite à laquelle ont notamment participé
Jean-Marc Finot, directeur du Carrefour de Cesson Sévigné, et Sébastien Bessin, directeur de Cora à Pacé, deux hypermarchés de la métropole rennaise.

"Nous avons une production française, que l'on estime diverse et de qualité, alors nous avons souhaité comprendre pourquoi on ne retrouvait pas nos produits dans les rayons en recensant l'offre", ajoute Thomas Vivien. Avant de poursuivre : "Aujourd'hui, on voit bien que le "Manger français", ça marque les esprits et d'ailleurs, dans les GMS, vous affichez de plus en plus la tête du producteur. Alors ce que l'on voudrait, c'est avoir un retour pour la production, car nous ne récupérons pas la valeur ajoutée qui vous aide à vendre vos produits".

Des avancées

Pour Christian Mochet, membre de la FDSEA 35 et responsable du dossier "Manger français", "il y a des choses positives qui ont permis d'avancer mais il y a encore une importante marge de progrès. Notre préoccupation se porte sur la valeur ajoutée et sur une question : comment garnir davantage l'offre bleu-blanc-rouge dans les rayons ?".

Au chapître des avancées, les responsables syndicaux pointent l'entrée en vigueur du décret obligeant les entreprises à indiquer, sur les emballages, l’origine des produits transformés contenant de la viande et du lait. Une avancée toute en nuances car les premiers relevés effectués dans les GMS laissent pour l'instant un goût un peu amer (lire encadré). "C'est dommage que les transformateurs soient rarement présents lors des réunions de partage d'expérience", plaide Sébastien Bessin, directeur de Cora, qui apprécie par ailleurs la visite de l'exploitation, "qui permet d'être au plus près des acteurs, de comprendre les problématiques et les difficultés des agriculteurs". Cette bonne intention mérite d'être soulignée même si, il ne faut pas se leurrer, la marge de manœuvre des directeurs de magasins, selon les enseignes, est souvent menue... La responsabilité revenant avant tout aux acheteurs des centrales d'achat.

 

Krill distribue de la viande à la RHD

"Je viens comprendre le fonctionnement d’éleveurs, le sourcing, pour donner des arguments à mes commerciaux vers notre clientèle pour qu’elle achète la viande d’ici. La viande fraîche que nous commercialisons est déjà 100 % française, bretonne pour majorité", décrit, déjà convaincu, Alain Forest, directeur de Krill*. Ici, c’est l’élevage de dindes que mènent à Saint-Jean-Brévelay, Sylvaine et Christophe Dano sur trois sites de 2 500 m² pour LDC. En cet après-midi de découverte de leur nouvelle poussinière, à la pointe des normes bien-être et des dernières technologies, grandes enseignes et distributeurs seront également attendus, en vain. "La restauration collective est déjà très sensibilisée à l’approvisionnement français, la restauration commerciale, ça commence", relève le responsable des ventes, Erwan Le Vaillant, "je peux gagner des marchés parce qu’on est "local" mais il faut être avant tout au prix du marché". Et, au gré des explications des éleveurs, ces grossistes iront de découvertes en découvertes sur la conduite de l’élevage. Apporter plus d’informations sur les efforts réalisés en matières de respects des normes, d’équipements, de conditions d’élevage des animaux semble donc essentiel pour faire la différence avec une volaille européenne, surgelée, utilisée encore massivement en RHD. "Une collectivité peut vouloir avant tout un prix par rapport à sa population, son budget. Il y a encore du travail à faire, on doit convaincre nos clients".


Claire Le Clève



 

Consommateurs et agriculteurs s’impatientent !

Dans un communiqué, JA Bretagne a livré les premiers résultats des contrôles qu'ils ont effectué dans les grandes surfaces. "Notre démarche, qui se veut constructive, s’est heurtée à une réalité fort peu réjouissante dans les rayons. Nous appelons les distributeurs à se mettre en règle dans l’instant avec la législation en vigueur.

Nous sollicitons également un partenariat réel avec la DGCCRF et les services compétents de l’Etat pour démontrer la véracité de nos propos et l’importance de notre action sur le devenir de nos produits".


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