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"Il est urgent de redéfinir un modèle agricole"

L'assemblée générale de la FRSEA se déroulait vendredi à Rennes, soit le lendemain de la "nuit de la détresse", en présence de Xavier Beulin. Les responsables bretons avaient fait le choix de parler d'avenir, de réforme de la PAC et surtout des éléments qui permettront aux agriculteurs de se protéger de la volatilité des marchés. Un thème pas si éloigné que cela des questions brûlantes d'actualité !

Xavier Beulin et Jacques Carles étaient les invités de Thierry Coué lors de l'AG de la FRSEA Bretagne vendredi dernier.
Xavier Beulin et Jacques Carles étaient les invités de Thierry Coué lors de l'AG de la FRSEA Bretagne vendredi dernier.
© terra

I nvité de la FRSEA Bretagne, Jacques Carles, délégué général de Momagri, a présenté les propositions de son organisation pour réformer la gestion des aides PAC (voir l'interview dans Terra du 3 juillet). A ses côtés, Xavier Beulin, président de la FNSEA qui, la veille à Saint Brieuc, avait participé à la mobilisation de "la nuit de la détresse des éleveurs" est à son tour intervenu longuement sur les questions que pose la volatilité des marchés. Pour lui, "La PAC 2014 est la reproduction de la PAC précédente, sauf qu'on y a ajouté deux couches, une de complexification, une de verdissement. Ce n'est pas une orientation agricole pour l'Europe". Pour Xavier Beulin, "il est important d'entrevoir une autre manière de penser la PAC, d'essayer de décrire aujourd'hui ce qu'on en attend demain". Il résume : "si l'on n'anticipe pas, on aura demain une PAC dont le verdissement sera passé de 30 à 50 % et un budget qui sera passé de 100 à 70".

Pour autant, il ne s'agit surtout pas de conserver la PAC dans son état actuel, "elle n'est pas prévue pour répondre aux crises d'où qu'elles viennent, qu'elles soient politiques, climatiques, économiques". "Elle ne répond pas non plus aux enjeux actuels d'urbanisation, aux nouveaux modes de consommation et aux nouveaux comportements du consommateur", dit encore Xavier Beulin. De plus, elle a un fonctionnement totalement figé.

Quelles solutions
face à la volatilité ?

Le président de la FNSEA "ne croit pas au grand soir de la fiscalité, des aides, de la PAC...". C'est l'addition de plusieurs mécanismes qui permettra de trouver des solutions. Les pistes de travail sont au moins au nombre de 5 : la PAC, les systèmes assurantiels, la contractualisation, sans oublier la restauration de la compétitivité, la fiscalité, et … l'organisation des filières.

Xavier Beulin a d'ailleurs rappelé qu'il avait proposé de mettre en place un fonds stratégique alimenté par les productions végétales pour soutenir l'élevage. Il estime que le monde agricole devra aussi trouver en interne des mécanismes de transfert. Il se désole de constater qu'il n'existe pas de stratégie de filière. "La France est aujourd'hui incapable de prendre une filière dans sa globalité, d'analyser les sujets qu'il faut porter, soutenir. Il faudrait pourtant une lecture agrégée, consolidée des acteurs des filières, des leviers sur lesquels il faudrait agir".

Alors, pour le président de la FNSEA, il est urgent de redéfinir un modèle agricole pour demain. Il formulera donc, lors de cette assemblée générale, la proposition d'un débat d'orientation sur l'agriculture à l'Assemblée nationale et au Sénat (voir encadré) . Une proposition qui vendredi, à Rennes, a reçu un accueil favorable.

Jean Dubé

Travailler de nouvelles propositions
pour les productions animales

A l'issue de sa présentation, le délégué général de Momagri, Jacques Carles a proposé aux représentants bretons de retravailler des propositions spécifiques pour les productions de viande. Aujourd'hui déjà, des départements céréaliers du bassin parisien affinent et retravaillent les propositions de Momagri pour les productions végétales. La FRSEA Bretagne a retenu l'idée de réaliser un travail similaire pour l'ensemble des productions animales, ce qui permettra d'amender voire d'orienter le travail national et de lancer la réflexion à l'échelle de la région sur le devenir des productions animales et les conditions de leur pérennité.

"Besoin de perspectives"

"Je viens de demander à Manuel Valls, Premier ministre, et aux présidents de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, et du Sénat, Gérard Larcher, d'organiser un débat d'orientation sur l'agriculture avant la coupure d'été" a indiqué Xavier Beulin. "Nous ne sommes pas aujourd'hui dans une situation de crise, c'est autre chose. Il n'est pas possible de rester dans la situation actuelle , nous avons besoin d'être entendus, et que la représentation nationale s'exprime. Nous avons besoin de perspectives".

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