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Marcel Denieul (FNPL)
"Il faut arrêter la machine à perdre"

Depuis plusieurs mois, le secteur laitier fait le gros dos et se prépare activement aux échéances structurelles liées à l’arrêt des quotas laitiers et la mise en place de la contractualisation. Il pourrait toutefois être rattrapé par des questions de plus court terme dans la mesure où, au sud de la Loire, plusieurs entreprises sont en difficulté. Nous avons sollicité Marcel Denieul, secrétaire général adjoint de la FNPL sur ces questions.

© terra
Récemment l’Ouest s’est inquiété de la situation de l’entreprise Coralis (35). On parle aussi régulièrement d’arrêts de collecte. Quelle analyse faites-vous de la situation ?
Marcel Denieul. "Actuellement de nombreux producteurs, notamment en Massif Central, en Rhone Alpes et en Sud Loire se retrouvent sans solution de collecte. C’est absolument inadmissible ! Ces producteurs-là ne sont pour rien dans les décisions qu’ils subissent. Ils sont victimes d’une situation qui les dépasse totalement. Personne ne peut s’en satisfaire. Accessoirement, n’oublions pas que ces volumes pèsent sur le marché du lait "spot" et donc sur le prix du lait, à terme, de tous les producteurs.
Mais, dans le même temps, des entreprises "tirent la langue" parce qu’en France la restructuration se fait toujours de la même façon… par l’élimination des plus faibles.
Les autres acteurs attendent que les plus faibles partent, mettent la clef sous la porte.
Il faut arrêter ce "modèle français" qui coûte cher à toute la filière, et qui a pour seule constante la destruction de valeurs. Pendant qu’en France on mise sur l’arrêt des plus faibles pour avancer, les Allemands travaillent, misent sur les rapprochements, sur la recherche des synergies, pour aller de l’avant. C’est cette approche-là qui doit nous inspirer".

Que préconisez-vous ?
M.D. "En France, nous subissons les évolutions, les fermetures d’ateliers, la disparition des productions et des marques. Tout cela coûte, détruit des valeurs, économiques, industrielles, sociales et humaines.
Je souhaite que les responsables en prennent conscience et changent de registre. Le chacun pour soi, chacun de son côté, où chacun tente de trouver, seul, sa petite solution, dans son petit secteur, n’est pas viable. Il n’est plus possible de raisonner de cette façon.
Il n’est pas plus possible de rester sur de vieilles rancoeurs, de vieilles histoires, qui datent de 15 ou 20 ans, pour expliquer la situation ou l’immobilisme actuel.
Il ne m’appartient pas de faire des procès à tel ou tel, de porter des jugements de valeurs, de dire ce qu’il convient de faire dans chaque entreprise. Pour bâtir l’avenir, parce que c’est bien de cela dont il s’agit, je pense qu’il faut changer de modèle, prendre du recul et surtout élargir nos périmètres de réflexions et d’actions".
Propos recueillis par Jean Dubé
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