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Il faut réduire l'utilisation des antibiotiques vétérinaires

L'Ifip (Institut du porc) et l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) ont organisé le 2 juillet dernier à Rennes une journée d'information et de sensibilisation sur les antibiotiques et l'antibiorésistance dans la filière porcine. L'objectif de cette journée : communiquer sur leur engagement dans la démarche Ecoantibio.

Les antibios, pas plus qu'il n'en faut".  Cette phrase n'est pas sans rappeler le fameux slogan promu par la médecine humaine en 2002 : "Les antibiotiques, c'est pas automatique". A la suite de cette campagne, leur consommation avait chuté de 9% en France. C'est dans cette même optique que le ministère de l'agriculture a lancé le plan Ecoantibio 2012-2017. Il prévoit une utilisation prudente et raisonnée des antibiotiques vétérinaires, avec pour objectif de réduire leur usage de 25% en cinq ans, en particulier ceux d'importance critique. De nombreux acteurs de la filière porcine se sont ainsi réunis dans un groupe de travail afin de sensibiliser les éleveurs porcins et les vétérinaires à la démarche Ecoantibio.

Sensibiliser les éleveurs et promouvoir les bonnes pratiques

"La maitrise de la santé en élevage est un facteur clé dans les démarches de réduction des usages d'antibiotiques vétérinaires", nous indique Anne Hémonic, vétérinaire au pôle technique d'élevage  de l'Ifip - Institut du porc. Une étude pilotée et financée par Inaporc a montré que la connaissance générale des éleveurs sur les antibiotiques repose sur des bases plutôt correctes, mais que 39 % d'entre eux estiment manquer de conseils et d'informations, notamment concernant l'utilisation de produits alternatifs. "Le niveau d'exposition des porcs aux antibiotiques est en baisse de 26% ces cinq dernières années.",  précise Anne Hémonic. "Ce sont des résultats encourageants mais la vigilance doit être maintenue".

L'antibiorésistance, c'est quoi ?

L'antibiorésistance correspond à la capacité d'une bactérie à se multiplier ou à persister en présence d'un antibiotique qui est pourtant là pour la détruire ou arrêter sa multiplication. Certaines bactéries auparavant sensibles à un antibiotique ne le sont plus : elles lui sont devenus résistantes. La résistance peut être acquise de deux manières : par une mutation génétique (10% des cas) ou par un transfert plasmique (90% des cas, cf. schéma ci-contre). Attention à l'amalgame, ce n'est pas l'Homme ou l'animal qui deviennent résistants aux antibiotiques, mais bien les bactéries.

Les enjeux

Plus on utilise les antibiotiques, plus les bactéries s'y habituent, plus leur résistance augmente et moins les antibiotiques sont efficaces. Or ces derniers sont nécessaires pour traiter certaines maladies humaines graves telles que l'infection par le staphylocoque doré, la coqueluche, la pneumonie, la cystite, la maladie de Lyme. L'Homme est en danger par l'usage trop important des antibiotiques chez l'animal car ce dernier peut lui transmettre une bactérie pathogène résistante qui serait alors difficilement éradicable.

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