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"Il faut une politique nationale incitative"

près un périple de trois jours qui a emmené les agriculteurs du département sur les routes de la capitale, Loïc Guines revient sur cette mobilisation et les annonces gouvernementales

Loïc Guines , président de la FDSEA 35
Loïc Guines , président de la FDSEA 35
© AM

Au retour de Paris, certains agriculteurs semblaient mi figue mi raisin sur les avancées obtenues par la FNSEA. Partagez-vous ce sentiment ?

Loïc Guines. Certes, les mesures annoncées ne règlent pas le problème agricole sur le moyen et long terme, mais soyons réalistes Paris ne s’est pas fait en un jour et la semaine dernière la FNSEA, Xavier Beulin, et toute son équipe ont quand même arraché des mesures d’urgence complémentaires qui vont soulager momentanément des centaines d’exploitations. Cela personne ne peut le contester. Nous devons maintenant veiller à ce que les mesures annoncées comme la prise en charge des intérêts d’emprunts, de l’allègement des cotisations sociales, du report des annuités 2015, de la baisse de la cotisation minimum maladie ou de la possibilité de ne pas rembourser la DJA soient applicables dès aujourd’hui, accessibles facilement et simplement au plus grand nombre.

 

Aides à l'investissement, simplification des normes... Quel regard portez-vous sur les annonces du gouvernement ?

L.G. Je suis bien-sûr favorable aux aides à l’investissement et à  la modernisation. Mais à quelles conditions ? Destinées à qui en priorité ? Comment seront gérés ces fonds dans les Régions pour lesquelles l’agriculture n’est pas une cause prioritaire? De même sur l'annonce d'une fiscalité adaptée à la volatilité avec des accès simplifiés aux Dotations Pour Aléas ou Investissement : oui mais simplifiés comment et quand ? Tout cela reste bien vague ; et encore faudra-t-il avoir les moyens d’investir pour demander à en bénéficier ! Enfin, sur la simplification des normes, notre mobilisation a ouvert une nouvelle porte avec le moratoire sur les normes et l’arrêt de la sur-transposition des normes européennes. La FDSEA35 et JA35 se sont engagés depuis quelques mois dans un projet visant à expérimenter sur un territoire limité ce que serait l’agriculture dans un cadre purement européen, sans les surcouches administratives franco-françaises. C’est un projet ambitieux visant à démontrer l’absurdité et l’inutilité de certaines contraintes réglementaires. Nous verrons si le gouvernement, l’administration et les politiques sont en phase avec leurs promesses et répondent favorablement à notre projet.



 


A moyen terme, qu’attendez-vous des politiques et quel accueil allez-vous leur faire au Space ?

L.G. Il faut une politique nationale incitative qui installe des jeunes et permette aux installés de continuer à se développer et investir s’ils le souhaitent, une convergence sociale et fiscale au sein de l’Europe, plus de recherche et développement pour gagner en technicité dans nos exploitations, une meilleure structuration de nos filières et un engagement des citoyens à consommer prioritairement des produits français. C’est notre rôle syndical mais aussi de citoyens, d’expliquer cela à toutes les personnes que nous rencontrons. C’est notre devoir de faire bouger nos structures coopératives et de mettre la pression aux autres décideurs pour que cette situation continue à évoluer dans le bon sens. Mais c’est aussi le devoir du gouvernement, des politiques et de l’administration de nous aider, de nous soutenir et de défendre l’agriculture de leur pays.Quant au Space, nous y serons pour accueillir les agriculteurs, les aider à décrypter les mesures obtenues. Nous n’y allons surtout pas pour faire des courbettes aux politiques surtout après l’accueil lamentable qui nous a été fait à l’Assemblée Nationale. Les politiques ne seront pas les bienvenus au Space et nous préférons qu’ils retournent travailler à Paris et Bruxelles au lieu de profiter du Space pour se montrer.

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