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Ils tapent du poing sur le pacte

Thierry Coué invite le gouvernement à prendre en compte les propositions formulées par le collectif breton.
Thierry Coué invite le gouvernement à prendre en compte les propositions formulées par le collectif breton.
© terra

Le Pacte d'avenir devait être présenté mercredi dernier en séance du Ceser Bretagne (Conseil économique social et environnemental régional) avant sa signature la semaine prochaine (le 13) au conseil régional de Bretagne par Jean-Marc Ayrault en personne. Mais alors que, à Carhaix le 30 novembre,  le "collectif des bonnets rouges" refusait "un patchwork de mesures et de fonds déjà existants", un autre collectif "agri-agro Bretagne" se voulant être le porte étendard des filières agroalimentaires en Bretagne s'est exprimé mardi pour dénoncer une "concertation-alibi" dans la construction du pacte d'avenir.

A quelques jours de rendre leur copie, les rédacteurs du pacte d'avenir pour la Bretagne voulu par Jean-Marc Ayrault doivent faire avec une nouvelle fronde, celle des représentants des filières agricoles et agroalimentaires bretonnes (FRSEA Bretagne, chambre régionale d'agriculture de Bretagne, Coop de France Ouest, Nutrinoë, Produit en Bretagne,
Association bretonne des entreprises agroalimentaires). Ensemble, ils ont constitué un nouveau collectif, différent de celui des "bonnets rouges" et répondant au nom de "Agri-agro Bretagne" pour porter la voix d'un secteur économique qui s'estime "non écouté". Ce collectif tenait une conférence de presse à Rennes, mardi, manière de taper du poing sur la table, tout d'abord sur la méthode.

Pour Thierry Coué, président de la FRSEA Bretagne, "la concertation" n'a été qu'un "alibi". Pour Hervé Vasseur, de Nutrinoë (fabricants d'aliment de Bretagne), "les entreprises n'ont tout simplement pas pu participer aux 30 réunions organisées en 15 jours". Au delà des considérations matérielles, ces responsables craignent que leur expression soit non prise en compte. Sur le fond, ils plaident pour une remise à plat du travail réalisé et des conditions de cet exercice.

Thierry Coué le martèle, "il faut changer de paradigme", c'est-à-dire renverser la table, ne pas rédiger un enième document en 15 jours . Selon eux, bâtir un projet d'avenir se construit dans la durée, cela prend du temps, et surtout les orientations prises s'imposent à tous. Or, aujourd'hui,  après les effets d'annonce, la réalité du terrain et l'application des textes par une administration surpuissante laisse souvent apparaître une application 100 fois plus complexe que ne le prévoyait le texte de départ, déplorent les représentants du collectif. Hervé Vasseur illustre ce point par l'écotaxe, qualifiée de "caricature des actes d'un Etat suradministré" .


12 propositions sur la table

Mais alors, quelle sera la position des responsables sur le pacte d'avenir que viendra signer Jean Marc Ayrault le 13 décembre ?  Les responsables professionnels présentent 12 propositions pour "libérer le potentiel productif de la Bretagne" sur les volets réglementaire , économique, social et  invitent fortement "le gouvernement à prendre acte de ces propositions avant la signature définitive du 13 décembre prochain". Le texte en cours d'élaboration n'a fait l'objet d'aucun échange réel estiment-ils, le pacte d'avenir n'a de plus mobilisé aucun moyen supplémentaire puisqu'il ne contiendra en réalité que des projets déjà en cours, des crédit européens  déjà annoncés. Ils s'interrogent à voix haute : "ne serait-il pas judicieux de repousser la signature ?"

Si l'expression des responsables ne prend pas la forme d'un ultimatum, la démarche y ressemble assez fortement. Après des semaines d'annonces, de visites ministérielles, de réunions, de conférences de presse, on assiste au retour de la réalité. Les acteurs de l'économie réelle reprennent la parole et la main, et adressent une mise en garde solennelle au gouvernement, "15 jours pour tout changer", qui peut croire à un tel discours ?

 


Jean Dubé

 

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