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Accord UE-Mercosur : "une tromperie pour les consommateurs"

Les réactions se succèdent, de la surprise à l'indignation, depuis l'annonce de la signature d'un accord commercial Union européenne-Mercosur ouvrant la voie aux importations sans droits de douane de viande bovine et de volailles mais aussi de sucre et d'éthanol.

Christiane Lambert.
Christiane Lambert.
© Terra

Réunis mardi au ministère de l’Agriculture pour évoquer le sujet de l'asurance récolte, les professionnels agricoles FNSEA et JA n’ont pas manqué à cette occasion de rappeler au ministre leur inquiétude vis-à-vis de l’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, conclu le 28 juin. Un accord qui selon les deux syndicats agricoles met en danger l’agriculture française et européenne, avec des quotas importants de viande bovine, de sucre, d’éthanol et de volailles à taux réduits ou nul, alors que les conditions de production sont très différentes des deux côtés de l’Atlantique. "Bolsonaro a réautorisé 120 produits phytosanitaires : au Brésil, 80 % des produits phytosanitaires utilisés sont interdits dans l’UE !", a rappelé Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, fustigeant la "naïveté" des dirigeants européens quand ils parlent de garantie sanitaire. "Le bien-être animal, c’est un mot qu’ils ne connaissent pas dans ces pays-là", a souligné la présidente de la FNSEA. "Quand on voit les exigences des consommateurs en France, c’est vraiment se foutre de leur tête d’importer de la viande bovine issue d’animaux qui auront consommé des produits interdits chez nous", s’est-elle indignée, "ce n’est pas un hasard si les ONG qui sont toujours promptes à nous taper dessus sont aujourd’hui vent debout pour défendre l’agriculture française face aux productions agricole du Mercosur". Dans un courrier envoyé au président de la République le 1er juillet, la FNSEA et Jeunes agriculteurs ont également exprimé leur position, rappelant leur colère et leur incompréhension alors qu’Emmanuel Macron avait promis, lors de son discours le 25 janvier 2018 près de Clermont-Ferrand, des "accords commerciaux qui soient cohérents avec les engagements que nous prenons pour nous-mêmes sur le plan social, environnemental et productif". "Approuver cet accord, serait, pour la France, la négation de tous les efforts fournis par les agriculteurs français pour améliorer leurs modes de production, pour produire ce qu’attendent les consommateurs, pour répondre aux enjeux des États Généraux de l’Alimentation", soulignent les deux organisations signataires de ce courrier par lequel elles demandent à être reçues par le président de la République.

La filière volaille est inquiète

Par ailleurs, dans une lettre ouverte publiée le 1er juillet, l’interprofession de la volaille de chair (Anvol) a demandé au président de la République de "ne pas ratifier l’accord". "180 000 tonnes de volailles supplémentaires pourront progressivement être importées de ce continent vers l’Europe", s’inquiète Anvol. Un tonnage qui "représente l’équivalent de 4 500 emplois directs en France, dont 1 500 éleveurs". L’accord avec le Mercosur "annihile tous [les] efforts" déployés pour mettre en place le plan de filière, estime Anvol. En additionnant les contingents déjà accordés dans d’autres accords de libre-échange, "l’Europe va devoir absorber au total 1,2 Mt de volaille en provenance des pays tiers, soit plus que la production annuelle française de poulet". Facteur aggravant, selon l’interprofession : le Brexit, qui fait courir un "risque de rapatriement [sur l’UE à 27] de 650 000 t de volailles supplémentaires initialement destinées au Royaume-Uni".

La CR contre les accords Ceta et Mercosur

La Coordination rurale (CR) organisera quant à elle une manifestation devant l’Assemblée nationale le 17 juillet, jour où sera examiné le Ceta, un autre accord de libre échange avec le Canada. Concernant l'accord avec le Mercosur, la Coor-dination rurale demande dans son communiqué du 1er juillet : "Pourquoi les agriculteurs européens devraient-ils continuer de fournir des efforts imposés par l’UE alors qu’elle les sacrifie délibérément ?". "En acceptant l’entrée de 99 000 tonnes de viande bovine du Mercosur, 65 000 tonnes du Ceta, en plus des 45 000 tonnes du panel hormones (…) ou encore 40 000 tonnes de Nouvelle-Zélande, nos dirigeants renient les objectifs de transition écologique annoncés lors des EGA", ajoute-t-elle. La CR appelle les parlementaires européens à ne pas ratifier l’accord avec le Mercosur, estimant que "l’Europe perd sa souveraineté alimentaire et ses agriculteurs".

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