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Des couverts végétaux pour améliorer la fertilité des sols

De nombreuse études d’Arvalis le prouvent : à condition d’être bien maîtrisés, les couverts végétaux, courts ou permanents, peuvent avoir un effet bénéfique sur la fertilité des sols.

En couvrant le sol, le couvert végétal préserve sa structure, en favorisant l’infiltration de l’eau et en limitant l’érosion.

Préserver la structure du sol
Plus ou moins développé à l’entrée de l’hiver, le couvert végétal semble offrir au sol une protection physique contre les intempéries. Une impression que confirment les différents essais menés par Arvalis. "Les sols à faible stabilité structurale sont préservés", indique Jérôme Labreuche, en citant la réduction de la battance et de la prise en masse des sols limoneux, et un effet marqué sur l’infiltration de l’eau et l’érosion, "y compris avec des couverts de durée moyenne".
Par contre, la restructuration de sols tassés nécessite des couverts développés, à cycle long, pour coloniser les zones en profondeur. "Les racines du couvert ont du mal à pénétrer dans une semelle de labours, prévient l’ingénieur d’Arvalis. Il peut être parfois nécessaire de prévoir un décompactage".
Les couverts vont aussi avoir des effets indirects sur les conditions de réalisation du travail du sol. En l’asséchant à l’automne, ils faciliteront les interventions et offriront la possibilité de semer en conditions "limites". Mais au printemps, ils auront tendance à conserver l’humidité dans les 5-10 premiers cm. "Et il faudra être plus patient pour intervenir en sortie d’hiver".

Stocker du carbone
Les couverts végétaux ont aussi un effet sur la matière organique du sol. "Mais pour voir augmenter le stock de carbone dans ses terres, il faut de la patience", explique Thibaud Deschamps. Ainsi, le spécialiste de l’agronomie à Arvalis a effectué une simulation sur un système betterave/blé/pomme de terre/blé dans le Nord de la France. "Avec un couvert court, implanté une année sur deux et produisant 2 t MS/ha, le stock de carbone passerait de 16 à 37 t/ha dans les 30 premiers cm du sol en une centaine d’années, quand la même rotation, sans couvert, passerait à 25 t".
Le même calcul a été réalisé dans une exploitation de l’Ouest de la France, alternant maïs grain et blé en agriculture de conservation et implantant un an sur deux un couvert plus long, produisant 5 t MS/ha. "L’évolution du stock de carbone est plus lente, passant de 15 à 22 t en 100 ans", affirme Thibaud Deschamps, en soulignant le rôle du climat et d’une minéralisation qui se poursuit durant une bonne partie de l’hiver.

Améliorer la vie du sol
Une soixantaine d’essais ont aussi permis d’étudier l’effet des couverts sur la vie du sol, en retenant 13 indicateurs. "Globalement, l’abondance microbienne augmente de 27 %, l’activité biologique de 22 % et la diversité de 2,5 %". Des chiffres à relativiser selon le mode de destruction du couvert. "Les herbicides ayant un impact sur l’équilibre de la vie microbienne du sol, la destruction mécanique permet d’améliorer l’effet des couverts". Mais selon les indicateurs retenus et la zone pédo-climatique, il est difficile de mettre en avant les effets des couverts.

Fertiliser la culture suivante
Les couverts végétaux peuvent aussi avoir un effet fertilisant sur la culture suivante. "Cet effet est variable et peu élevé quand ils ne sont pas composés de légumineuses", affirme Jérôme Labreuche, citant une étude d’Arvalis sur maïs. Par contre, pures ou en mélange, les légumineuses ont un effet fertilisant net, de 20 à 120 unités d’azote/ha. "Elles vont fixer l’azote de l’air et sont aussi efficaces qu’un engrais. Mais le challenge est de réussir l’implantation, la légumineuse étant plus délicate à faire lever".
Si les couverts renferment des éléments minéraux, de 19 à 38 kg d’azote par t MS, de 9 à 11 kg de phosphore, de 29 à 62 kg de potasse et de 4 à 13 kg de soufre, il n’y a cependant pas de garantie que ces éléments soient mobilisables pour la culture suivante. "La disponibilité est partielle et plus ou moins différée dans le temps". Et sur 5 essais de longue durée, Arvalis n’a trouvé aucune différence dans les teneurs du sol en phosphore et potasse, entre la conduite en sol nu et avec couverts. "Néanmoins, à court terme, il y a peut-être un effet bénéfique des couverts dans les sols peu pourvus".

Améliorer les rendements
Implanter des couverts végétaux n’a que peu d’effet sur les rendements. "Quelle que soit la culture suivante, tournesol, lin, orge, maïs ou betterave, la plupart de nos essais font état de rendements entre 95 et 105 % de ceux obtenus sans couvert", indique Jérôme Labreuche.
Arvalis a également étudié l’effet de couverts permanents. "Une légumineuse insuffisamment régulée peut entrer en compétition avec le blé pour l’azote et avoir un effet dépressif sur le rendement". À l’inverse, les effets sont positifs quand le couvert est bien régulé, à moins d’une tonne de matière sèche à l’hectare à la floraison du blé.

 

Une contribution avérée à la fertilité des sols

"Les couverts végétaux ont des effets immédiats sur la préservation de la structure des sols fragiles, résume Elodie Gagliardi, ingénieur Arvalis Hauts de France. À moyen et long terme, ils améliorent le stock de carbone et d’azote du sol et modifient la fourniture d’azote aux cultures. Néanmoins, ils n’améliorent pas systématiquement le rendement des culture suivantes. Et leur effet sur la vie du sol n’est pas facile à mettre en évidence".

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