Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Et pourquoi ne pas déléguer aussi les tâches administratives ?

Si déléguer les travaux des champs ou l'enlèvement des volailles est désormais monnaie courante, embaucher pour réaliser les tâches administratives est moins courant, les agriculteurs étant nombreux à vouloir garder la main sur ce secteur jugé stratégique. Pourtant, bien réfléchie, cette délégation peut être synonyme de gain de temps et d'efficacité.

De gauche à droite : Hélène Donval et Marie-Françoise Goarnisson, productrices de porcs dans le Finistère.

"Saisie de la comptabilité, déclaration PAC, plan de fumure... je ne délègue rien", explique François Kerscaven, aviculteur à Taulé (29). Élu à la chambre d'agriculture depuis un an, je siège aussi au conseil d'administration de la FDSEA... "Et il devient urgent que j'apprenne à déléguer".

 

Déléguer par manque de temps

C'est ce manque de temps qui a poussé une poignée de légumiers de la région de Saint Pol de Léon (29) à réfléchir à une solution collective. "On s'est retrouvés à une dizaine de producteurs, relate Jean-Luc Autret, producteur de tomates à Plouénan. Tous, nous avions des permanents et des saisonniers. Et la gestion administrative nous prenait du temps".

"En pleine saison, j'avais 15 ou 20 bulletins de salaire à réaliser tous les mois, ce qui me demandait une bonne demi-journée, rajoute Aurélien Miossec, producteur de légumes de plein champ, lui aussi à Plouénan. Avec toujours l'inquiétude de savoir si j'avais bien fait",

 

déléguer les tâches administratives

Embaucher ensemble

Recruter pour quelques heures par semaine pour réaliser les déclarations d'embauche, bulletins de salaire, document unique et autre DSN ? "Impossible de trouver quelqu'un". Ils décident donc de créer un groupement d'employeurs et étoffent le groupe jusqu'à une vingtaine de légumiers, afin de pouvoir embaucher deux personnes. "Comme ça, même pendant les vacances, il y a toujours quelqu'un".

Si les deux secrétaires ont un bureau attitré, elles peuvent aussi se déplacer chez les adhérents et réaliser, à la demande, d'autres tâches administratives. "Chez moi, elles paient et classent les factures, détaille Aurélien Miossec. Jusqu'à présent, c'est ma mère qui le faisait. Il fallait trouver une autre solution". Ayant accès à sa boîte mail, elles peuvent aussi être amenées à échanger avec la MSA, par exemple. "Mais les choses sont claires ! Au moment de nous engager au sein du groupement, nous signons un engagement qui précise qu'au final, c'est nous qui sommes responsables".

 

Un bureau bien rangé

Si elle n'a pas souhaité déléguer les tâches administratives, Hélène Donval, productrice de porcs à Taulé, s'est posé la question de son remplacement au pied levé, en cas d'accident par exemple. "Il fallait que quelqu'un d'autre puisse immédiatement se retrouver dans mes dossiers". Elle suit donc une formation à la chambre d'agriculture, apprend à ranger ses papiers mais aussi ses dossiers sur son ordinateur. "Et aujourd'hui, en trois clics, je trouve sans difficulté le document dont j'ai besoin". Ce qui lui a permis d'aborder son dernier contrôle PAC, il y a 15 jours, avec sérénité. "Je savais que tout était classé".

 

Déléguer par manque d'envie

Elle aussi productrice de porcs dans le Finistère, Marie-Françoise Goarnisson a été plus radicale. "J'ai abandonné la G3T et la GTE, ça me demandait trop de temps". Mais pas question, pour autant, de délaisser les chiffres ! "Je travaille par objectifs. Et je sais toujours où j'en suis". Pour être plus efficace, elle a décidé de déléguer ce qu'elle n'aime pas faire. "Le dossier PAC à mon époux, la saisie de la comptabilité ou le plan de fumure à l'extérieur...". Et s'est arrangée pour gagner du temps sur tous les postes de l'élevage. "Pendant leurs congés, j'effectue le travail de mes salariés. En trois semaines, j'essaie de recenser les tâches impliquant de la pénibilité. Et d'y remédier". Après une quinzaine d'années, le résultat est à la hauteur des efforts. "On a réduit le temps de travail de 30 %, en gagnant 20 % de production".

Pour ses tâches administratives, l'éleveuse a suivi le même raisonnement, en commençant par simplifier, classer, ranger... "Aujourd'hui, je n'ai plus d'ordinateur, tout est sur mon téléphone portable". Scannées, les informations dont elle a besoin sont immédiatement rangées dans le bon dossier. "Un agenda me permet de ne rien oublier. Et des caméras, réparties dans l'élevage m'évitent bien des déplacements".

 

Déléguer, mode d'emploi

"Et si quelqu'un d'autre le faisait à votre place ?" Le 10 décembre dernier, à Morlaix, la chambre d'agriculture de Bretagne a organisé une journée sur la délégation. Après une présentation de ses nombreux avantages et des freins à lever, des témoignages d'agriculteurs ont permis aux uns et aux autres de trouver des pistes à creuser pour pouvoir, demain, diminuer sa surcharge de travail ou faire autre chose, sur son exploitation ou en-dehors.

 

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Le croisement pour un troupeau facile à vivre
À Trégarvan dans le Finistère, dans les parcelles qui bordent l’Aulne, 115 vaches croisées 3 voies pâturent presque toute l’année…
Le boom des plantes aromatiques et médicinales cueillies
La cueillette des plantes sauvages est en plein renouveau. Longtemps marginale, méconnue, elle est en plein essor, portée par le…
Décès de Claude Cochonneau, président des chambres d'agriculture
L'Assemblée permanente des chambres d'agriculture (APCA) fait part, dans un communiqué le 23 décembre, du décès de son président…
Le marché du porc breton : optimisme en 2020, mais pas d'euphorie
L'année 2019 s'achève sur un prix du porc inédit depuis 1992, avec un pic à 1,70 euros le 12 décembre dernier. Les vœux du marché…
Le texte du gouvernement sur les ZNT fait l'unanimité... contre lui
Le gouvernement a publié, le 29 décembre au Journal officiel (JO), l’arrêté et le décret instaurant les nouvelles zones de non-…
Les centres de formation des chambres d'agriculture repris par des organismes locaux
Les chambres d'agriculture recentrent leur activité et confirment leur désengagement de la formation qualifiante sur ses quatre…
Publicité