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La bio au fil des saisons
GAEC Cabri'Hyaule - Eleveurs de chèvres laitières : En bio, produire du lait avec des fourrages de qualité

Des bovins lait en conventionnel aux chèvres bio, la ferme a beaucoup changé depuis 2016. Aujourd’hui, nous sommes trois, le père (Hervé) et ses deux fils (Pierre et Baptiste) sur 112 ha avec 400 chèvres. Les choses se sont mises en place progressivement, nous avons pris le temps de démarrer la production caprine dans de bonnes conditions, humainement et techniquement.

Pierre, Baptiste et Hervé du Gaec Cabri'Hyaule.

Hervé est éleveur de vaches laitières depuis 1996 mais en 2016 il voulait arrêter. À ce moment-là, Pierre voulait s’installer mais les vaches ne l’intéressaient pas et Baptiste était déjà en formation caprine. L’idée de créer un élevage de chèvres a germé progressivement. Nous souhaitions vraiment travailler avec Triballat mais la collecte de lait de chèvre n’était possible qu’en bio donc nous avons étudié la question de la conversion. Notre principale appréhension concernait la gestion des cultures. Le Pass Bio et l’accompagnement des conseillers spécialisés en bio et en caprin de la chambre d’agriculture nous ont bien aidé à nous projeter et à lever les différents freins techniques. Pour autant, il s’agit d’un changement radical de l’exploitation et il y avait beaucoup de défis à relever. La conversion des terres a démarré en 2017 avec la construction de la chèvrerie alors que les vaches étaient encore là. Entre temps nous avions visité un élevage caprin bio qui nous a aidé à faire nos choix. Finalement nous avons vu beaucoup d’élevages caprins mais majoritairement en conventionnel. Chaque élevage est différent, il y a des bonnes idées à prendre partout mais rien n’est transposable à l’identique. Nous avons dû vraiment réfléchir au système qui conviendrait le mieux à notre exploitation. En 2018, nous avons élevé les chevrettes qui sont passées en bio 6 mois avant leur première mise-bas. Finalement, nous avons commencé à livrer du lait au printemps 2019, soit plus de trois ans après le début du projet !

En s’appuyant sur l’expérience d’Hervé, nous avons mis en place un système caprin bio basé sur l’affouragement en vert parce que c’est un gage de qualité de fourrage et de sécurité sanitaire. C’est assez facile de faire du lait avec du vert, surtout à la belle saison, mais le point négatif c’est le temps que cela prend, notamment le weekend ! Nos chèvres consomment assez peu de concentrés, principalement du maïs et du mélange céréalier produit sur place. Nous sommes en train de tester la culture de tournesol également, pour améliorer les taux. En plus, les chèvres sortent au pâturage en accès libre depuis le bâtiment, nous avons 33 ha accessibles, ce qui est une chance ! Pour le moment tout se passe bien même si nous sommes vigilants sur le parasitisme.

Quand l’herbe vient à manquer, nous passons sur une ration à base d’ensilage d’herbe mais nous sommes toujours inquiets avec les fourrages conservés à cause du risque de listeria. À l’avenir, nous aimerions supprimer l’ensilage d’herbe mais il faudra trouver un autre fourrage d’excellente qualité pour assurer le démarrage de lactation… Notre principal objectif est d’être autonome au maximum et donc d’adapter la taille de notre troupeau à ce que nous pouvons produire sur place.

Finalement, le plus compliqué à gérer pour nous n’est pas la technique d’élevage en bio mais plutôt le côté administratif de la labellisation et le manque de clarté dans l’application du cahier des charges en caprin. Nous avons l’impression que tout évolue très vite dans la réglementation et ça nous inquiète. Malgré tout, notre système est performant techniquement, nous travaillons dans de bonnes conditions et nous avons même du temps libre ! Bref, une transition du bovin vers le caprin réussie !

Trois conseils de Pierre, Baptiste et Hervé

- L’autonomie alimentaire du troupeau est fondamentale en bio.
- Etre réactif et organisé pour les mises-bas.
- Ne pas négliger le risque de listeria avec les fourrages conservés.

 

 

Jean-baptiste Jaouen et Quentin Auffret - Cléder (29) - Producteurs de légumes frais de plein champ

"Préparation des sols, plantations et récoltes"

Nous venons de réaliser un faux-semis avant le semis des carottes prévu début de semaine prochaine : après avoir charrué et passé le cultirateau début mai, un brûlage thermique a été fait le 1er juin (les adventices ont mis du temps à lever avec le sec, on a même envisagé d’arroser nos planches pour assurer la réussite du faux-semis). Un deuxième passage du brûleur est prévu juste avant le semis, puis un troisième environ quatre jours après le semis, juste avant la levée des carottes. Les plantations de potimarron sont aussi en cours. Nous avons opté pour une plantation plutôt qu’un semis direct pour faciliter le sarclage en ayant une reprise et un développement des plantes rapides. Nous démarrons également une nouvelle culture en bio : les plantations de fenouil vont commencer semaine prochaine (semaine 24) et vont s’échelonner en six fois jusqu’à la semaine 31, avec un objectif de production pendant deux mois environ de fin août à mi-octobre. Par ailleurs, les récoltes de la première série de brocoli ont démarré, plus tardivement que d’habitude avec les plantations retardées par la météo de fin février-début mars, puis les bâches qui se sont envolées avec la tempête du 10-11 mai.

 

 

Pascal Lamoureux / Rohan (56) - Éleveur de vaches laitières

"Récoltes d’herbe en qualité et quantité"

Début mai, j’ai pu réaliser l’ensilage de 14 ha d’ensilage d’herbe RGH-Trèfle-violet. Compte-tenu des bons rendements, les fauches suivantes je les prévois en foin. J’ai d’ailleurs fait plus de 70 rounds de foin de bonne qualité fin mai. Je ne fais pas d’enrubannage car je trouve le prix élevé. J’ai semé mes 5 ha de maïs (au lieu de 15 ha avant conversion bio) après un précédent RGA de 6 ans comme chaque année début juin. Je prévois un binage dans les prochaines semaines. Je suis dans la préparation de ma parcelle de 5 ha d’haricots prévue d’implanter début juillet après une prairie. Les 2,2 ha de betteraves plantés début mai (écartement rang 75 cm et pied 29 cm) après un couvert ont été binés. Les vaches sont nourries à l’herbe, foin et 1,5 kg d’aliment fermier. Elles produisent 18-19 kg de lait avec un TB de 44 et un TP de 34. / Christèle Burel

 

 

Nicolas Baudais / Noyal-chatillon (35) - éleveur de porc bio

"Le maïs... comme le lait sur le feu"

Les semis de maïs se sont terminés le 19/05, le maïs pointait 4 jours après. Ma terre était prête depuis le 25 avril. J’utilise la charrue déchaumeuse de la CUMA bio, j’ai ensuite passé le rouleau culti-packer et la herse rotative pour refermer le labour. Ma terre était quand même un peu soufflée, j’ai semé en solo en 6 rangs et j’ai regretté de ne pas avoir roulé le semis. A cette période, je surveille les maïs tous les jours. Le premier passage de désherbage mécanique est réalisé à la herse étrille de 12 mètres de large. Je l’ai en propre : ce premier passage nécessite de la réactivité. Il faut des mauvaises herbes au stade filament et un germe du maïs bien en dessous de la dent de la herse étrille. A 7 km/H, roue de jauge relevée et agressivité au minimum, l’outil gratte la terre sur 2 cm, c’est un chantier rapide mais essentiel pour la suite. J’ai ensuite passé la houe rotative à 3F du maïs. J’envisage un passage de herse étrille 8 jours après. Selon le salissement, sur certaines parcelles, je doublerai peut être ce passage avant un dernier binage.  / Soazig Perche

 

 

Gaec cabri’hyaule / Tremblay (35) - Éleveurs de chèvres laitières

"1ère coupe de foin après ensilage d’herbe réussie, en route pour la deuxième fin juin"

Le maïs a été semé vers le 20 mai, dans de bonnes conditions. Nous effectuons le travail du sol et le semis du maïs, il n’y a que le désherbage mécanique que nous déléguons. En parallèle nous avons fait du foin de prairie avec notre nouvelle faneuse qui nous permet de gagner beaucoup de temps. On l’appréciera encore plus cet été quand il faudra faner la luzerne la nuit pour préserver la qualité. Nos 15 ha de luzerne sont notre sécurité, si l’été est trop sec, pour assurer la continuité de l’affouragement en vert sur les prairies de ray-grass et trèfle. Si elle n’est pas fauchée en vert, la luzerne sera bottelée pour faire du bon foin pour le début de lactation. Dans tous les cas, les chèvres adorent ça ! / Leïla Le Caro

 

 

Jean-Marie Gouret / Plestan (22) - Cidrier

"Du cidre à l’eau de vie… "

Chez Kerloick, l’été est propice à la sélection des cidres destinés à la distillation. Pour cela, nous choisissons des cidres secs, riches en alcool et en arômes. Ce sont les lots aux densités basses, c’est-à-dire ceux dans lesquels les levures naturelles ont consommé tous les sucres de la pomme pour en faire de l’alcool. Un échantillon sera envoyé au laboratoire pour en vérifier la qualité, puis le bouilleur de cru viendra sur l’exploitation pour distiller. Lors de cette phase, on chauffe le cidre dans un alambic à colonne, qui permet d’entrainer les vapeurs d’alcool, de concentrer les arômes et de recueillir le distillat qui titre environ 72% Vol. Cet alcool est ensuite mis à vieillir, au moins 24 mois, en fût de chêne. L’alcool s’y bonifiera, années après années, puisant dans le bois les tannins qui lui confèreront de la couleur, mais aussi des arômes complexes mêlant cacao, vanille, cannelle et bien plus.

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