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La pintade, pensez-y !

Lorsque l’on parle de volaille, on pense tout d’abord au poulet, bien sûr, puis à la dinde. La pintade fait partie de ces volailles de l’ombre, auxquelles on ne pense pas forcément (sauf en périodes festives !). Pourtant, la pintade a beaucoup d’atouts qu’elle compte bien valoriser grâce à une importante campagne de communication européenne.

Une enquête menée par l’interprofession auprès d’un panel de consommateurs l’affirme : la pintade est la volaille dans laquelle les Français ont le plus confiance (à 77,7 %, contre 65,6 % pour le poulet et 52,5 % pour la dinde). Un produit haut de gamme, de qualité, issu d’un héritage gastronomique et préparé de manière traditionnelle : tous les ingrédients semblent réunis pour répondre aux attentes des consommateurs d’aujourd’hui. Ces atouts expliquent que le consentement à payer par le consommateur soit plus élevé que pour le poulet : entre 9 et 15 €/kg, toujours d’après l’enquête du CIP (Comité interprofessionnel de la pintade). 92 % des sondés affirment même être prêts à payer plus cher pour la garantie d’un lien au territoire alors que, selon le panel Kantar, le prix moyen d’achat de la pintade a été de 9,3 €/kg sur les 10 premiers mois de l’année 2019. Pourtant, en France, la garantie d’un lien au territoire est des plus évidents pour la pintade !

 

pintade

La pintade, origine France garantie

En effet, la France assure 80 à 85 % de la production de pintades en Europe, cette dernière étant la principale zone de production au monde. Les importations de pintades sont donc quasi-inexistantes, de l’ordre de 25 tec en 2018. Très peu comparé à l’abattage français de 33 449 tonnes cette même année ! L’origine France des pintades, dans les magasins ou en restauration, est donc quasiment garantie. 
La Bretagne produit 8 % de la production française de viandes de pintade, soit 2 910 tonnes en 2018. 
Mais la région participe activement à l’hégémonie française sur la production de pintades notamment grâce à l’entreprise Savel qui est le leader mondial de l’abattage de pintades. Cette entreprise familiale, dont le siège social est à Lannilis dans le Finistère, possède trois sites industriels : Lannilis, Carhaix et La Séguinière dans le Maine et Loire. Ce dernier site est entièrement dédié à la pintade.

La moitié des pintades destinées au marché intérieur français est valorisée dans la restauration hors domicile.

La restauration hors domicile, débouché privilégié de la pintade

D’après le CIP, 51 % des pintades destinées au marché intérieur français finissent dans la restauration hors domicile et cela amène deux perspectives encourageantes. Premièrement, la hausse de la consommation globale de volaille en France repose sur le dynamisme de la restauration hors domicile. Deuxièmement, les 18-24 ans sont les plus grands consommateurs de produits carnés, dont la volaille et le gibier représentent 39 g/jour en moyenne d’après une enquête CCAF de 2016. Les jeunes continuent bien à manger de la viande, mais davantage dans les sandwichs et les plats préparés, donc dans la restauration hors domicile.

Avec l’objectif de développer les ventes de 3,5 % en France, l’interprofession de la pintade a donc décider d’axer sa stratégie de communication sur les jeunes et les restaurateurs. Son site internet (lapintade.eu) a été entièrement rénové afin de mettre en avant les éleveurs et de permettre aux consommateurs et aux restaurateurs de les identifier près de chez eux. La communication sur les réseaux sociaux sera développée. Cette campagne de communication, mutualisée entre la France, la Belgique et l’Allemagne et financée à 70 % par l’Union européenne, repose aussi sur le jeu-concours "un jour une étoile" qui propose aux cuisiniers professionnels d’élaborer une recette innovante.

 

La pintade, une production technique, qui casse la routine

Installé depuis deux ans déjà à Plévin (22), David Quéméner, 24 ans, élève en alternance poulets, coquelets et pintades pour le compte de Savel. Loin de toute routine, cette façon de travailler convient à ce jeune éleveur dynamique, qui trouve dans la production technique qu’est la pintade de quoi satisfaire son sens animalier et son goût de l’observation.

 

pintade

Bac CGEA en poche, David Quéméner a profité d’une opportunité pour s’installer. Et à peine âgé de 22 ans, le voilà, fin 2017, à la tête de deux poulaillers de 1 000 m², repris après tiers. "J’ai commencé par les rénover, se souvient le jeune éleveur. Puis, comme le cédant, j’ai continué à travailler avec Savel".
Installé à Lannilis (29), Savel, le leader français de la pintade se distingue par sa façon de produire. "Nos 65 éleveurs alternent dans leurs bâtiments poulets, coquelets et pintades", explique Didier Le Souder, directeur amont de Savel. Les équipements ne sont pas si différents. "Il faut juste fournir des perchoirs à la pintade, pour satisfaire son instinct". Et le principal avantage est sanitaire. "Moins sensible, la pintade va casser le microbisme. Et globalement, on aura moins besoin de traiter, notamment contre les coccidioses".
Réputée assez nerveuse jusqu'à peu, la pintade a fait des progrès ces dix dernières années. "La sélection a permis d’avoir des animaux plus calmes. Les GMQ ont également progressé, avec une diminution de l’indice de consommation, qui se situe désormais en moyenne à 2,6".

Un animal qui n’aime pas le changement

"D’un lot à l’autre, ce n’est jamais la même chose". Si David Quéméner apprécie l’élevage de pintades, c’est aussi parce qu’il est loin d’être routinier et qu’il fait appel à son sens de l’observation. "Il faut être animalier", confirme Didier Le Souder.
Originaire d’Afrique, la pintade nécessite une température élevée, 34°C en début de lot, jusqu’à ce qu’elle soit capable de se réchauffer d’elle-même. "Et depuis quelques années, les méthodes d’élevage ont évolué : on conseille maintenant une hygrométrie contrôlée à partir de 25 jours, pour limiter les poussières".
Mais ces données sont générales et l’éleveur doit s’adapter à chaque lot. "C’est un animal qui n’aime pas le changement, constate David Quéméner. Même les réglages doivent être modifiés en douceur". La pintade étant gourmande, il doit aussi avoir l’œil pour limiter le gaspillage.
Petite particularité : l'éleveur démarre de temps à autres deux lots de pintades dans un seul bâtiment, pour optimiser la consommation de gaz. Dans le second poulailler, un lot de coquelets a été entré 8 jours plus tôt. Et une fois parti à l’abattoir, il sera remplacé par la moitié des pintades, alors âgées de 25-28 jours, pour obtenir une densité de 16 animaux au mètre carré.

Un parrainage pour bien démarrer

Contrairement au poulet, la pintade ne nécessite pas de re-paillage en cours de lot. "Il faut juste installer les abreuvoirs et les perchoirs aux alentours de 30 jours", indique le jeune éleveur. Un travail physique, quand il faut traverser tout le bâtiment, et qui lui demande une heure à deux. 
Comme tous les éleveurs Savel, David Quéméner a pu bénéficier, lors de son installation, du parrainage d’un voisin aguerri. Un appui précieux pour démarrer, avant qu’il ne fasse ses propres armes. "À chacun ses astuces", indique le jeune éleveur, qui reste aux aguets durant les 75 jours que dure en moyenne un lot de pintades. "Si on oublie le moindre détail, elles se chargent immédiatement de vous le rappeler ! Le travail n’est jamais fini. Et ce n’est que quand il est parti qu’on sait si ce sera un bon lot". Un challenge qu’il apprécie de relever régulièrement.
En aviculture comme dans les autres productions agricoles, la moyenne d’âge est élevée. "Et on va perdre 20 000 m² dans les trois ans à venir", indique Savel, qui est à la recherche de nouveaux producteurs. "Actuellement, on note un regain d’intérêt pour la production de volailles", constate Didier Le Souder, en évoquant les nouvelles technologies, qui facilitent le travail de surveillance des éleveurs. Avis aux amateurs...

Chantal Pape

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