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La SARL Morel Énergies injecte du biogaz dans le réseau

L'injection de gaz vert connaît un développement important dans l'Ouest. Mi octobre, la SARL Morel Energies, située à La Chapelle Janson (35), a inauguré officiellement son unité de méthanisation. En injectant sa production de gaz renouvelable sur le réseau de distribution, ce collectif de trois exploitations agricoles contribue à la transition énergétique du territoire et diversifie, par la même occasion, ses sources de revenus.

Le biogaz produit est épuré pour atteindre la qualité de gaz attendue par GRDF.

"Nous nous sommes lancés pour plusieurs raisons : valoriser les déchets de la ferme, innover, nous diversifier et ramener des revenus complémentaires", expliquent Nicolas et Florent Morel les dirigeants de la SARL Morel Énergies, adossée à trois exploitations agricoles, deux en production porcine (240 truies naisseur-engraisseur) et une en production laitière (100 vaches), soit au total quatre associés et trois salariés. Pour eux, avec la valorisation annuelle totale de 11 000 tonnes de fumiers, lisiers, et de résidus de cultures agricoles, la méthanisation est une véritable opportunité. À terme, l'objectif de l'unité de méthanisation est de produire chaque année quatre millions de kilowatts heure de biométhane, distribués par le réseau exploité par GRDF. Soit l'équivalent de la consommation annuelle en gaz de 350 foyers. En l’occurrence, le gaz vert produit ici va essentiellement servir à alimenter les usines de la zone de l’Aumaillerie à la Selle-en-Luitré. "Ce site présente des intérêts multiples, en permettant de contribuer au développement des énergies renouvelables sur le territoire. Ainsi, les effluents d'élevage et résidus de culture deviennent une ressource, alors que le digestat est utilisé comme engrais organique", s'est félicité Pascal Garçon, responsable développement du gaz vert pour la région Ouest chez GRDF, lors de l'inauguration officielle. Et d'ajouter : "Le recours aux engrais chimique est ainsi réduit et les odeurs liées à l'épandage diminuées de manière conséquente". La réflexion a débuté en 2015 avec un projet de valorisation du biogaz en cogénération à l'origine, mais a été suspendue à cause de l'absence de valorisation thermique. "On a relancé le projet en 2016, simultanément au projet de construction de bâtiment post-sevrage et finalement on a fait le choix de valoriser le biogaz en injection dans le réseau en 2017", expliquent Nicolas et Florent Morel.

Valoriser les déchets de la ferme, innover, nous diversifier et ramener des revenus complémentaires.

SARL Morel Énergies

Alimenté à 70 % par fumiers et lisiers

L'ensemble est alimenté à 70 % de fumiers et lisiers, le reste en Cive, cultures énergétiques dédiées et résidus agricoles. Les déchets organiques sont déversés dans un biomixeur de 30 m3 où ils sont broyés puis envoyés dans une fosse de brassage. Cette dernière, d'une capacité de 300 m3 permet de mélanger les parties solide et liquide, le mélange étant brassé quotidiennement pour dégrader la matière et baisser le pH. La matière poursuit son chemin dans les digesteurs. En se décomposant, elle libère le biogaz. Le surplus produit est brûlé à l’extérieur par une torchère. Le biogaz ainsi produit est ensuite épuré pour atteindre la qualité de gaz attendue par GRDF. Il faut pour cela enlever le C02. Avant d’être injecté dans le réseau, 3,2 km plus loin, près de l’usine Agrial à l’Aumaillerie, le gaz est odorisé dans un container. Le point innovant de cette installation réside dans le système hydrolyse développé par Evalor pour optimiser la dégradation des intrants et augmenter ainsi la production de biométhane pour un même gisement. "On a choisi l'hydrolyse pour la partie dégradation des matières mais aussi pour l'aspect piégeage des cailloux et le côté plus pratique pour le curage de la cuve". En revanche les exploitants n'ont pas fait le choix d'un séparateur de phase pour le digestat.

 

SARL Morel Énergies

Transition énergétique

Produit localement, le gaz vert contribue ainsi à la transition énergétique des territoires et permet de pérenniser l'agriculture locale. Réduction des gaz à effet de serre, amélioration de la gestion des déchets, de la qualité des sols, en passant par la création d'emplois non délocalisables... la méthanisation entend participer à l'émergence d'une économie circulaire. La mobilisation des chambres d'agriculture, de l'Ademe, de la Région Bretagne permet d'attiser la dynamique. À l'échelle de la Bretagne, plus de 150 projets d'injection sont en cours de réflexion, dont 90 % portés par le monde agricole. Pour mémoire, le pacte biogazier breton, signé en septembre 2019, entre l'État, la Région Bretagne, l'Ademe, et GRDF notamment, prévoit que l'objectif de 10 % de biogaz injecté dans les réseaux soit atteint dès 2025.

 

L'accompagnement de la chambre d'agriculture

Que ce soit en collectif, en synergie avec le territoire, à la ferme pour produire de l'électricité ou du biométhane et demain du GNV ou à plus petite échelle pour moderniser et adapter son élevage, le champ des possibles pour valoriser le biogaz agricole ne cesse de s'élargir. La chambre d'agriculture de Bretagne propose des accompagnements avec des formations (découverte, approfondissement, montage d'un projet collectif), des diagnostics de faisabilité et prestations adaptées (dimensionnement, analyse de business plan, choix de constructeur, démarches administratives et réglementaires) et le parcours de formation tutorée.

 

SARL Morel Énergies

Morel Énergies en bref

Les investissements : 2 468 000 € HT

- Aménagement du site : 177 000 €

- Réception et gestion des substrats : 181 000 €

- Digesteur et stockage disgestat : 823 000 €

- Valorisation du biogaz : 951 000 €

- Automatisation et équipements de mesures : 226 000 €

- Ingénierie : 38 000 €

Les subventions publiques : 470 000 €

- Ademe : 300 000 €

- Région Bretagne : 120 000 €

- Département d'Ille-et-vilaine : 50 000 €

Constructeur : Evalor

Technique mise en place : voie liquide infiniment mélangé

Volume du digesteur : 1 885 m³ (diamètre 20 m x hauteur 6 m)

Stockage du digestat : 1 fosse avec gazomètre 3 963 m³

 

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