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La semaine des métiers de l’agriculture bousculée par le Covid

Prévue de longue date, la semaine des métiers de l’agriculture a dû s’adapter aux nouvelles contraintes dictées par le reconfinement. Qu’à cela ne tienne : si certaines réunions ont dû être annulées, tous les inscrits ont été contactés individuellement. Car ce rendez-vous est une occasion unique de séduire, qui sait, des gens qui n’avaient jusque-là jamais pensé aux métiers de l’agriculture.  

Lors de la semaine des métiers de l’agriculture, du 2 au 6 novembre derniers, les réunions en présentiel ont pu être maintenues à Brest, Quimper, Quimperlé et Pont l’Abbé (photo).
© Anefa 29

Des visites d’exploitations laitière ou porcine, d’une serre de tomates , la découverte des ateliers lait, porc, ovins et machinisme du lycée du Nivot, une visio-conférence et des informations collectives sur les métiers que propose l’agriculture, 10 employeurs mobilisés pour rencontrer des demandeurs d’emploi… Du 2 au 6 novembre dernier, en partenariat avec Pôle emploi, de Concarneau à Douarnenez et de Carhaix à Morlaix, l’Anefa du Finistère avait préparé un programme alléchant dans le cadre de la semaine de métiers de l’agriculture ! "Mais l’annonce du reconfinement l’a un peu bousculé", reconnaît Gilles Burel, l’animateur de l’association pour l’emploi et la formation en agriculture.

Un vivier de futurs salariés

Si certains rendez-vous ont pu être maintenus, à Quimper, Quimperlé, Brest et Pont l’Abbé, d’autres ont dû être annulés. "Mais tous les gens qui s’y étaient inscrits ont été contactés individuellement dans les jours qui ont suivi". Car cette semaine est, pour l’Anefa, un vivier de futurs salariés. Ainsi, sur un groupe de 7 personnes présentes à Brest Iroise, deux ont décidé de se diriger vers l’agriculture. "Une va intégrer une serre de tomates pour la mise en place des cultures, avec une formation en interne. Et l’autre va partir en immersion dans un élevage de porcs".

Des rencontres improbables

Cette année encore, cette semaine de l’emploi a réservé quelques "rencontres improbables", affirme Gilles Burel, en citant cette personne issue du monde du spectacle ou cette autre, du secteur de la restauration. L’une ne trouvait plus de boulot dans son secteur, l’autre aspirait à des horaires de travail qui lui permettent enfin une vie sociale. Et même si elles étaient, toutes deux, animalières, jamais elles n’auraient pensé aux métiers de l’agriculture. "Un ancien militaire va travailler dans une pisciculture. Et nous avons eu le témoignage d’une jeune fille qui, après un BTS hôtellerie restauration, bossait dans un hôtel à Saint Renan. Elle a postulé en agriculture lors du premier confinement. Et aujourd’hui, elle a un CDI en élevage laitier".

Parler d’agriculture

Ces nombreux exemples incitent l’Anefa à se battre pour que les acteurs de l’emploi parlent d’agriculture à toutes les personnes en recherche d’emploi, quel que soit leur niveau. "Dans leur grande majorité, les demandeurs d’emploi ne connaissent pas ce secteur d’activité et n’y pensent donc pas spontanément au moment de chercher du travail".

Pour les accompagner, l’Anefa dispose d’une "boîte à outils", stages de découverte, histoire de valider leur choix, formation en interne ou en centre… "Un groupe vient de démarrer une POEC, préparation opérationnelle à l’emploi collective en porc, indique Gilles Burel. C’est la première fois qu’il y avait plus de candidats que de nombre de places".

Oser

"Il faut oser", martèle l’Anefa. Un conseil qui vaut pour les salariés, nombreux à trouver leur bonheur en agriculture, à condition de bien vouloir essayer. Mais aussi pour les employeurs. "Ils doivent raisonner autrement le recrutement, en prenant le risque d’accepter des candidats en fonction de ce qu’ils ont déjà fait, de leur capacité à s’adapter". Un risque pas si élevé… "L’Anefa accompagne les salariés, avec un diagnostic, qui va servir à lever certains freins, puis en leur proposant une montée en compétence". Avec, à la clé, de belles réussites. "Ca fait plaisir de voir des jeunes qui en veulent, m’a affirmé un aviculteur qui cherchait quelqu’un depuis 6 mois et qui vient de trouver un salarié en ouvrant un peu le champ".

 

 

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